Au mois de mars, mon œil bleu te regarde

Au mois de mars, mon œil bleu te regarde
comme un torero sa proie.
Avec le rouge aux joues comme promesse.

Une salade de chou, un morceau de brie,
et un verre d’eau finissent ma soirée,
accompagnant un thé mélancolique.

Un lit défait, les ailes du plaisir se sont enfuies.
Ta beauté me reviendra bientôt,
peut-être !

S’évaporer dans un mouvement sans bruit.
Ne garder de cette rencontre qu’une photo jaunie,
sans après.

Le meuh ! de cette vache lointaine réveille la basse-cour.
La chèvre répond alors par un brai d’honneur
et la roue du paon finit le tableau animalier.

Sous les néons éclairés,
un étranger au chapeau feutre joue les moustiquaires
à cette ombre lumineuse.

Une dernière chance de danser
avant de rentrer et le tricotement de mes guiboles
s’éteindra, fatigué.

Dans le métro, un monsieur
à l’élastique des chaussettes fatigué
perle une goutte d’eau sur un visage boucané.

Derrière les paupières, ton œil se dilate
et me distingue, ainsi que ma nuque chevelue,
quand un coup de klaxon te distraie de cette relation translucide.

Les flashs crépitent, l’autoroute a semé la mort.
L’illusion n’est plus de mise.
Et quand le matin ouvre la télévision,
le sens interdit se pare de rouge.

Une glace et une orange se disputent
le zinc d’une consommation de bar.
Le cocktail du bar du coin trône
parmi les solitudes arrosées.

Si d’aventure la vie me permet de ne plus
tirer le pissenlit par la racine,
un parfait serait le bienvenu
pour fêter ma résurrection.

Dominique.



Les collections du Printemps

Can’t think, brain numb
Inspiration won’t come
Can’t write, had pen
Good luck,
Amen.


Sur le trottoir, on est content
Quand le printemps arrive.
On n’y voit pas les perce-neige, mais on est mieux.
Ne plus avoir froid, c’est radical.

Les collections du Printemps
Pas pour moi.
Continue, tu verras. Pas cette année en tout cas.
Just keep going.


Barbara.




Petite bille


Pareil à une petite bille,
un chou commence à se former
dans la haie, comme une feuille.
Ainsi les petits bourgeons naissent-ils
sur les branches dénudées des arbres.

Le vent souffle
et c’est la fin de l’hiver.
Prêt à se lever, voici le printemps
et avec tes deux yeux tu vois
la beauté de la nature.

Comme du lait est le reflet
d’un nuage blanc dans les eaux de la baie.
Les oiseaux volent dans le ciel.
Grandes ouvertes sont leurs ailes
et la foule crie.

La fin du froid est ainsi arrivée
et comme un mouton sûr de la chaleur de sa laine,
toi aussi tu sais
que le printemps sera bientôt là.

Fred.



L’espace sur un pied

Combien nous faut-il de lait
pour faire un brie de 500 grammes ?

Combien de billes nous faut-il
pour remplir un seau ?

Est-ce que vous êtes sûrs qu’on a assez d’eau chaude pour le thé ?
On aime le boire léger.

Les gars m’ont dit qu’ils avaient vu un lézard.
De voir le lézard courir vite comme ça,
quelle beauté !
Un régal pour ceux qui ont bien ouvert les yeux.

Ceux qui veulent du thé se lamentent.
Il y en a encore, je ne mens pas.

Une brise légère d’ail, c’est sûr que ça donne bon goût.

Chou, quelle beauté vous êtes !

En jouant aux dominos, on a mangé une orange dans le jardin.
Bientôt, on a va essayé de traverser l’espace sur un pied.

Harry.


Extrait de l’atelier du 12 mars 2012.
© Tous droits réservés pour les textes.

1er avril 2012
T T+