Autre chose


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L’été (mais pas que), on a furieusement besoin d’autre chose. Et la littérature est aussi le séjour de cette autre chose.
La césure estivale est l’occasion de changer ses habitudes, d’aller voir ailleurs. C’est aussi l’occasion d’exercer sa sensibilité et son intelligence.

Dans cet esprit, Giussepe Conte, poète et romancier, revient sur l’œuvre d’illustrateur de Mimmo Paladino. II revisite, plus de dix ans après son écriture, un poème où il questionnait les relations entre langage, mathématique et corps. Il interroge notamment la représentation du corps et du « chaos dont procède, c’est vrai, toute symétrie ».

L’été est aussi l’occasion de lire et de relire :

Jacques Josse nous parle d’Icare au labyrinthe, un roman de Lionel-Édouard Martin, road-movie où deux personnages sillonnent l’Auvergne, une jeune femme et un écrivain plus âgé. L’occasion pour celui-ci de saisir « quelques clés pour entrer dans ce monde actuel qu’il semble avoir un peu délaissé en s’arc-boutant sur un passé chargé de nostalgies ».

Mais aussi de La pluie à la fenêtre du musée, de Jean-Paul Bota, un ouvrage singulier où l’auteur « circule à travers les siècles en changeant aisément de lieux et de saisons, et ce grâce aux artistes qu’il visite, à l’atelier ou au musée. » Le musée imaginaire d’un flâneur.

Et encore d’Inévitables bifurcations, de Lambert Schlechter, quatrième carnets de route et travaux d’inventaire où se mêlent « voyages, désirs, volupté, érudition, lectures en cours, bribes de mémoire, actualité » sous la forme de fragments ou de bref paragraphes. Le portrait d’un homme libre.

Et enfin de Que n’ai-je de Jean-Claude Martin. Là aussi l’écriture se met au service de ce que la simplicité recèle de beauté et d’étonnement. L’auteur « ouvre en permanence des brèches dans ce qui paraît simple et évident. Et du coup, ça l’est beaucoup moins. »

Bruno Fern a lu Tardigrade de Pierre Barrault, un livre étrange, original et subversif. « Dans ce premier livre, Pierre Barrault, croisant les attributs scientifiques du dénommé "ourson d’eau" avec des éléments en partie autobiographiques, recourt fréquemment à un humour qui lui permet de porter un regard critique sur certaines conventions de la vie en société. »

Mais également Rendez-vous à Biarritz, de Mary-Heuze Bern, un roman policier atypique aux grandes qualités d’écriture et où l’humour et le détournement des codes du genre font mouche.

Quant à Guénaël Boutouillet, il évoque Le compagnon des chacals d’Emmanuel Moses, cinq fictions pour voir le monde autrement. « Quand le monde, en son désordre, mis en récit, se fait poème, tableau, suspension sensorielle. »

Durant cet été on déplore trois grandes disparitions :

Celle de Pierre Pachet, à qui Frédéric Lefebvre rend hommage dans un texte sensible. L’occasion de revenir sur la figure d’un penseur et d’un amoureux de la littérature qui compte.

Celle de Michel Butor, dont on retrouvera quelques lignes de La Famille Grabouillage.

On lira aussi avec plaisir un entretien d’Emmanuel Ruben avec Yves Bonnefoy, un jour de 2003.

Un nouveau dossier est consacré à Ryoko Sekiguchi présenté par Guénaël Boutouillet, avec des extraits de livres et des textes inédits : Comment nommer une catastrophe et Elles :
« Elles sont tantôt comme l’écorce d’un arbre, tantôt comme le cuir, parfois comme de la cire. Certaines ressemblent même à du vieux chocolat, mat ou luisant. »

A découvrir aussi, une lecture par Thomas Giraud du livre de Ryoko Sekiguchi et Felipe Ribon, Dîner Fantasma.

Le dossier Traduire met la poésie scandinave à l’honneur, à l’initiative de Marie de Quatrebarbes, avec deux textes de Sigbjørn Skåden, Le chant des travailleurs précaires et Le Roi des Cordonniers :
« je suis pêcheur et garçon de ferme, / et mes tout premiers pas / sur le bateau du Nord / m’ont fait / fugitif / et enfant prodigue / sous la même peau. »

Ainsi que plante de Lina Ekdahl : la plus grande plante du monde vous barre le chemin dans la forêt.

Lire aussi cet entretien avec les éditions suédoises Chateaux.

Cécile Wajsbrot nous propose son cours donné à la Freie Universität de Berlin autour de la façon dont la littérature aborde les questions climatiques : ça s’appelle Incidences climatiques en littérature et on retrouve cette fois :

la chaleur dans les romans de Marguerite Duras avec Les Petits Chevaux de Tarquinia ;

Palais de glace, un roman de Tarjei Vesaas.

« Le silence n’est pas seulement le lieu d’évanouissement du langage, il est le secret de sa manifestation : son actualité. »
Ce sont les mots de Pascal Gibourg dans Actualité du silence, sa dernière chronique.

Frédérique Cosnier propose avec Écrire avec un journal en résonance et en poésie. Dans Naphtaline, elle rencontre l’œuvre d’Aiko Miyanaga.

Remue.net continue d’accueillir certaines contributions des résidences d’écriture en région Île-de-France, dont voici des extraits remarquables :

les Portraits au travail d’Anne Mulpas, avec J.M.F - Responsable communication MACIF,

l’Atelier du Roman d’Isabelle Jarry, perturbé par la crue de juin 2016,

une conférence Vinciane Despret & Alice Rivières à Khiasma : « Et les animaux se mirent à raconter le monde… »,

le journal d’Anne Serre dans une école maternelle,

le projet de Pauline Sauveur sur le changement de genre,

et enfin, Marianne Rubinstein a invité des lycéens à écrire sur Detroit.



Autre chose nous tend les bras.

4 septembre 2016
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