Olivier sur balcon en ville

« Chaque olive, du vert au noir passe-t-elle par l’olivâtre ? »
Francis Ponge, Le Grand Recueil, Pièces, 1961.

Le clic-clac du sécateur signifie l’attaque de quelques feuilles jaunies. Elle tomberaient bien toutes seules mais le ciseau des lames permet la chirurgie horticole adéquate. Et la repousse des drageons en sera nettement déterminée. La taille de cet arbre est recommandée entre mi-février et mi-mai.

Les soins apportés à un olivier sur un balcon en ville peuvent être espacés, une fois l’hiver enfui et les couvertures de tissu blanc ôtées après quelques nuits de gel. On se souvient du film Padre Padrone des frères Taviani et de l’oliveraie en Sardaigne. Mais comme des raisins verts, les minuscules olives, ces drupes tenaces, apparaissent de nouveau. Une poignée de grains méditerranéens à Paris...

Stéphane Moreaux, dans son précieux livre L’Olivier (Actes Sud, 1997), embrasse tout à la fois la mythologie, l’histoire, la culture, les fruits et leur huile parfumée, les ennemis, la passion, les arts qui sont liés à cet « arbre que l’on peut même rencontrer jusque sur les premiers contreforts de l’Himalaya ».

L’auteur cite cette phrase de Van Gogh (Lettre à Théo, fin septembre 1889) :
«  Les oliviers sont caractéristiques et je lutte pour attraper cela. C’est de l’argent, tantôt plus bleu, tantôt verdi, bronzé, blanchissant sur terrain rose, violacé, orangeâtre jusqu’à l’ocre rouge. Mais fort difficile, fort difficile. Mais cela me va et m’attire de travailler en plein dans l’or et l’argent. Et peut-être, un jour, en ferai-je une impression personnelle comme le sont les tournesols pour les jaunes. »

Le rameau d’olivier, symbole de paix (ou de son espoir), comme celui que tient la statue de la place de la République dans sa main, suffit à démontrer le caractère sacré de cet arbre qui demeure toujours aussi farouchement résistant.

30 mai 2005
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