On s’est connus, on s’est reconnus...

Comme frère et sœur

Un matin chaud d’été, assis sur mon sac à dos. Devant moi, la boulangerie attend la clientèle, moi, quelques pièces pour vivre. J’ai la quarantaine, plusieurs livres sont à mes pieds, offerts par les habitués qui me savent passionné de littérature.
Entre mes mains, un roman de Claude Michelet dont j’ai oublié le titre. Levant rarement la tête à part pour remercier de la générosité d’une personne qui, si elle m’est familière, engendrera une conversation courte sur sa santé et le temps qu’il fait.
Ce jour-là, une jeune dame s’arrêta près de moi et me dit tout à trac :
– Bonjour, je viens d’emménager dans le quartier, et la semaine dernière, je vous ai vu lire. En passant près de vous, vous ne m’avez pas renvoyé mon bonjour.
– Bonjour, je suis désolé, madame, mais lorsque je lis, j’ai toujours un casque sur les oreilles pour écouter les infos à la radio.
Depuis ce matin-là, nous sommes devenus amis, comme frère et sœur, plus solidaires même que mes proches parents.
Je ne la décrirai pas. Peut-on décrire le soleil étincelant sur un millier de rubis ?

Joël



En l’an 1962

En l’an 1962, j’ai rencontré un monsieur qui voulait me proposer pour le mariage.
Mais son apparence n’était pas bonne.
Et voilà.
À l’époque, j’étais encore sur le banc de l’école.
Puis ses yeux fixés sur moi jusqu’à la fin du mariage.

Sidonie


Je regarde toujours son visage

Un mois de juillet (mes vacances), je partais sur Paris, et sur le quai de la gare RER B, alors que j’étais perdu dans mes pensées, une fille chargée de valises s’approcha de moi et me demanda :
– Est-ce bien le train pour Paris ?
Nous avons alors pris ce train jusqu’à la gare du Nord, pris un verre, puis un autre. On a fait connaissance. Ce qui m’a impressionné, c’était sa disponibilité à toutes les questions que je lui posais. À force d’échanges d’idées et d’autres choses, je l’ai accompagnée, et dans tout cela, j’ai fini par rater mon voyage, celui que j’avais prévu auparavant !
Je suis rentré chez moi tout en pensant à elle, avec, dans ma poche, un faux numéro de téléphone et d’adresse. Mes pensées se sont envolées.
Je me suis senti honteux, confus d’avoir été à ce point si naïf.
D’ailleurs, malgré toutes ces années passées, je regarde toujours son visage.
Et mes illusions perdues.

Paul



Au Caire

Ces dames et moi, nous arrivons au Caire pour prendre un café
et faire une promenade à pied, dans la mosquée et aux pyramides.
Il fait très chaud, le soleil est rouge.
Nous découvrons alors le pharaon Georges Labouteille !

E. Tofane


Extraits de l’atelier du 26 septembre 2011.
© Tous droits réservés pour les textes.

5 octobre 2011
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