Anne Brüschweiler / Voie F  

Anne Brüschweiler vit et travaille à Genève - journaliste , elle en a laissé le métier pour se consacrer depuis un an à une expérience d'ateliers d'écriture auprès de femmes en illettrisme

les quelques extraits ci-dessous renvoient parfois aux propositions de "Tous les mots sont adultes", d'une façon plutôt imprévue

courrier via remue.net

1 - autoportraits à distance

2 - chambres que je me rappelle

3 - Je me souviens, à cinq voix

4 - autobiographie, avec Saint-John Perse

5 - écrire, avec Charles Juliet

1 - AUTOPORTRAITS A DISTANCE

Lucilia
Elle est de nationalité portugaise, mère de deux enfants, une fille qui a six ans qui s’appelle Catia et un garçon de presque dix ans qui s’appelle Micael. (elle est mariée depuis douze ans). Elle travaille à Butini, une Fondation de personnes âgées, à 60% dans la cafétéria et salle-à-manger. Elle aime beaucoup sa famille et se promener avec elle, faire des voyages, etc. Depuis longtemps, elle cherche à apprendre l’informatique, mais pour diverses raisons l’occasion ne s’est jamais proposée. Elle espère avoir beaucoup de plaisir dans ce cours d’écriture et informatique qu’elle va suivre (à Voie F).

Martine
Elle est née au bord du lac Léman encadrée par un père fonctionnaire une mère s’occupant de la maison et de ses deux frères qui se tenaient la main et isolaient leur sœur, très vite sur la défensive de par cette situation elle devint volontaire à garder ses jardins secrets ; sans être le martyre de la maison, elle ne pouvait compter sur l’appui maternel, enthousiaste et curieuse de tout ce qui se passait à l’extérieur de la maison elle s’activait aux jeux des enfants de son âge, elle eut le désir de partir au loin vers l’inconnu.

Maryann
Elle s’appelle Maryann. Elle vient du Kenya. Maman de deux enfants et cela fait six ans qu’elle est en Suisse.
Elle a eu la poliomyélite à l’âge de cinq ans et depuis elle lutte avec la vie qui n’est pas toujours évidente, mais ne se décourage jamais.. Pendant trois ans et demi elle a travaillé pour la Fondation Internationale pour les personnes handicapées. Maintenant elle est femme au foyer et elle écrit (rêve d’écrire) un livre sur sa vie.
Comme loisir, elle aime rencontrer les gens et partager avec eux, tout ce qui concerne la vie spirituelle – église ou tout simplement parler de Dieu, faire de la natation, jouer avec son petit garçon.
Ici, à Voie F, elle aimerait apprendre l’écriture de plusieurs sujets en français et notamment la correspondance.
Transformation.

Marie-Sheba
Je me prénomme Marie-Sheba, 23 ans, 1 m. 60, 52 kg. Elle est de nationalité mauricienne, elle est en Suisse depuis 2 ans, elle a un bébé de 5 mois qui s’appelle Stéphane. Elle adore faire des blagues à ses amies et surtout à son beau-père.
C’est une femme qui est très active, qui adore découvrir les choses nouvelles. Elle essaye d’être perfectionniste, même si des fois c’est pas évident. C’est une personne joyeuse, rieuse. Je pense que sans ces deux mots elle est malheureuse.

Ruth
C'est une femme mi-quarantaine avec une apparence assez naturelle et gaie.
Elle est arrivée à un point de sa vie où elle était obligée de choisir
et de prendre d'autres directions.
Pour Ruth ça représente un grand apprentissage. Car choisir,
prendre des décisions ce n'est pas sa force.
Petit à petit elle a appris à vivre dans le maintenant. Elle a compris
qu'elle perdait trop d'énergie en restant dans le passé, qui de toute
façon est loin, et le futur qui n'est pas encore là.
La peinture, la musique, la philosophie et une certaine spiritualité
lui ont ouvert d'autres horizons. On peut dire qu'aujourd'hui après
plusieurs années de transformation elle apparaît comme une
nouvelle femme, prête à affronter une autre vie.

Liste de chambres que je me rappelle (d'après Perec et François Bon)
Chez ma grande mère
Chez nous (mes parents)
A l'hôtel Nairobi
A l'internat
Chez Karanja près de l'école secondaire
Chez Wanene (chez ses parents)
Chez wanene ( après son mariage)
Majei première maison étant mariée
Uthiru -Premère maison (seule)
Kawangware deuxième maison
Dandora troisième maison
Kikuyu (Nderi - copain de Wanene)
Nyina wa Mbethi
Thika
Chez Wambui
Shehe-
Muranga (Monika)
Ma belle-mère
Mama Ciru
High rise - deuxième maison étant mariée
Hôtel intercontinental - première fois qu'on était arrivé en Suisse
Pasteur à Sion en allant à Bâle
A Bâle pendant les vacances
Au Tessin pour les vacances
A Frauenfeld (chez les parents de Simone)
Grand-Lancy -- Evelyne
Meyrin - chez Evelyne
La Rochette - première maison à Genève
Malagnou
Chez Simonet (Maryann)


La plus vieille chambre que je me rappelle
C'était une des quatre chambres de la maison de ma grand-mère. La maison était construite avec de la terre et des cendres mélangées avec du sable, qui lui donnait une belle couleur blanche.
Le toit était en tôle. Il y avait un lit dans cette chambre, et un immense banc plein de livres, de valises et toutes sortes de choses. Il n'y avait pas d'armoire et on accrochait les habits contre le mur.
La petite fenêtre, qui n'avait pas de rideau, donnait sur la plantation de café. Normalement les plants de café sont toujours agréables à regarder pendant tout les saisons mais beaucoup plus au printemps quand ils sont fleuris.
J'aimais bien quand la pluie tombait parce qu'avec le bruit sur le toit on dort profondément. (Maryann)

Souvenir d'une chambre
L'escalier en bois, bien ciré qui monte vers ma chambre ne laisse pas un pas inaperçu. Pas de possibilité d'entrer ou de sortir sans faire du bruit. De même dans ma chambre.
C'est une chambre entièrement en bois, petite et pas très lumineuse. Malgré le bois la chambre dégage une certaine froideur. Il y a juste le nécessaire: donc un lit, une table de nuit, une armoire et une chaise. C'est une chambre uniquement pour dormir. Pas question d'y rester pour jouer. Deux ou trois images au mur, choisies par ma mère, sont la seule décoration.
La lampe, le tapis et les rideaux d'une fadeur effrayante . En quatorze ans la chambre n'a guère changé. L'impression d'un lieu sans vie me reste en mémoire.
Un peu comme le tableau de Van Gogh où il représente son lit. (Ruth)


Chambre chez mes parents
Elle était petite, de couleur verte, il y avait un lit de couple, une armoire, une commode, deux tables de chevet, un lustre avec un abat-jour orange.
Dans cette chambre, j'ai dormi de larges années avec ma sœur. Après son mariage, j'ai dormi toute seule quelques années. Je suis parti en Suisse et ma chambre est restée toujours ma chambre, donc je passais toujours les vacances Je me suis mariée et je continuais à venir dormir dans ma chambre avec mon mari et plus tard avec mon enfant.
Dans la fenêtre de ma chambre, je voyais que des arbres tous différents comme des eucalyptus , des lauriers des chênes des haies etc., parce que la maison est situé dans une jolie ferme. (Lucilia)


Une chambre d'orphelinat
La première fois que j'ai dormi dans un orphelinat j'avais la sensation que j'étais moi aussi abandonnée
Rentrant dans cette chambre peinte en blanc, avec les murs fissurés, on voyait une dizaine de lits accompagnés d'une commode noire . Le sol étant en béton ,on pouvait sentir le froid comme si on était pieds nus.
Derrière ces grands rideaux noirs, on apercevait les enfants qui jouaient dans ce grand et beau jardin .Le lit était tellement petit qu'on ne pouvait pas dormir à deux.
J'avais passé une journée formidable en compagnie de ces enfants, j'aurais jamais cru qu'en me mettant dans la peau de ces enfants c'était aussi difficile que ça.
J'étais contente d'avoir apporté du réconfort et de l'amour même si c'est juste un jour.
Marie-Sheba

Autour de mon lit
Depuis que j'ai pris mon indépendance, il y a trente ans, mon lit et tout autour
est devenu très important. Ma chambre n'a rien d'une chambre à coucher
traditionnelle.
Le plupart du temps le grand lit est couvert de livres divers ouverts,
d'articles, de journaux. Entre les bouteilles d'eau, la tisane, les mouchoirs
la crème pour les mains, les pantoufles, les bougies, les photos etc. c'est souvent
difficile de s'allonger. Dans ces moments-là je commence à réfléchir sur
l'ordre. Dans ma tête, c'est très clair. Comme avec une baguette magique,
les livres retournent dans l'étagère, classés par sujet. La table de nuit se
remplit avec les petites choses. Le thé, le verre d'eau et les truffes restent bien
sur le plateau. Je peux allumer les bougies sans crainte que tout s'enflamme autour.
Les photos prennent une place qui me permet de voir ces êtres chers. Devant mes yeux,
c'est magnifique, c'est si beau que je commence à ranger.
Chaque chose à sa place. Contente de mon travail l'accès à mon lit est de nouveau facile.
A peine allongée, une idée me traverse l'esprit et j'ai de nouveau besoin d'un
livre qui me rappelle un autre passage quelque part ailleurs.
Et ça recommence.
Le pire: je ne peux trop insister sur l'ordre des chambres chez les enfants.
Je les comprends si bien. (Ruth)

Ma Chambre à coucher
Dans ma chambre à coucher, il y a un lit de couple, deux tables de chevet, une commode, une chaise, une grande armoire et un lustre. A côté, j’ai placé les deux tables de chevets, en bas du lit, contre le mur, est situé la commode et en face de la fenêtre il y a l’armoire.
L’armoire est composée de quatre portes et six tiroirs, deux portes il y a six placards où je range des serviettes, des linges de bains, des pulls, des trainings et mes sacs. Dans les autres deux portes je range mes habits et ceux de mon mari (jupes pantalons, manteaux, chemises, blouses, etc). Dans la commode, je range les draps et les taies d’oreiller. Sur les tables de chevets: sur celle qui est du côté de mon mari est posée un radio-réveil et une petite lampe; celle qui est de mon côté contient des petites affaires personnelles et un livre que des fois je lis avant de m’endormir (Lucilia)Mon bureau
Mon bureau fait un angle, avec trois tiroirs accessibles que j'utilise plus fréquemment pour comparer les travaux précédents. Sur le bureau en lui-même, deux fois une boîte noire en plastic: une boîte ronde où je mets stylos, règles, crayons. Le bois de mon bureau est en sapin foncé et demande beaucoup de soin. La plupart du temps. Mon agenda reste posé à côté pour que je puisse prendre des notes. Sur l'autre aungle du bureau, des papiers dont je n'ai pas besoin sur le moment et laissés en attendant que je m'en serve. J'utilise mon bureau en moyenne trente ou quarante minutes par jour, ainsi je suis à jour avec mes papiers, courriers et écritures; se greffe aussi la comptabilité qui m'est fort utile. Derrière mon dos, des dossiers à profusion, bien rangés, que j'utilise selon les circonstances.
Au fond de mon bureau, contre le mur, des photos: mon chat décédé l'année dernière, tout plein de lui-même et vivant dans mon cœur. Des cartes postales de tous pays, d'amis et amoureux. Cela donne beaucoup de couleur et de chaleur humaine. (Martine)

Je me souviens, à cinq voix (d'après Perec)

Je me souviens de ma première poupée.
Je me souviens d'un déménagement, perchée sur un petit chariot, ressentant le mal de mer.
Je me souviens de mon premier jour d'école. J'avais une heure de retard.
Je me souviens de ma première bêtise.
Je me souviens du jour où je suis tombée malade.
Je me souviens quand j'allais à l'école primaire avec ma sœur, elle pleurait tous les jours.
Je me souviens avoir attrapé des petits poissons à la main et relâchés dans le lac Léman.
Je me souviens des promenades le dimanche après-midi au bois avec mon père.
Je me souviens des enfants et des adultes handicapés qui ont été jetés dans le Lac Victoria par le dictateur Idi Amin, président de l'Ouganda.
Je me souviens que ma mère préparait la tarte aux pommes à chaque fois que je rentrais de l’école .
Je me souviens des jeux qu'on faisait le dimanche avec mes cousines, quand j'étais petite.
Je me rappelle que nous n'étions pas une véritable famille.
Je me souviens d'avoir eu des œuf durs pour toutes les sorties de l'école. Comme je les détestais.
Je me souviens de mon premier rendez-vous chez le dentiste.
Je me souviens du jour où j’ai amené mon fils à l’internat, c'était très dur pour moi de le laisser là-bas, le pire, c'est qu'il ne me l'a jamais pardonné.
Je me souviens que ma mère a travaillé à la vigne pour nous offrir un piano.
Je me souviens que mon frère jouait plus intellectuellement du piano et que je jouais plus avec mes émotions.
Je me souviens de mon passage de trois mois au sanatorium dans les montagnes
Je me souviens du jour où je me suis réveillée dans la salle de soins intensifs à l’hôpital.
Je me souviens mon grave accident de moto.
Je me souviens de l'inondation dans mon village.
Je me souviens de la première fois que suis allée a la montagne avec Alexandre, Mélanie et Laurent.
Je me souviens du jour où j’ai commencé à apprendre le français.
Je me souviens que je nageais très très bien et que j’ai sauvé une copine de la noyade.

Je me souviens du premier jour que je suis allée chez Carole.
Je me souviens que j’étais plus souvent chez les autres que chez moi
Je me souviens de la mort de ma grand-mère
Je me souviens la première fois que je suis partie en discothèque sans rien dire à mes parents
Je me souviens du jour où j’ai perdu ma virginité, c’était affreux
Je me souviens avoir préféré les jeans de mes frères, plutôt que les pantalons auxquels je n'avais pas droit
Je me souviens le cadeau que mon père m’a offert pour mes dix-sept ans
Je me souviens de la fête de diplôme en l971.
Je me souviens en apprenant que ma mère avait un cancer du sein avoir dédaigné ma soupe aux petits pois et couru dans ma chambre, les nerfs ont craqué (quinze ans).
Je me souviens du premier voyage que j'ai fait pour venir en Suisse.
Je me souviens de la première fois où je suis allée à l'opéra. Je me trouvais debout au dernier rang.
Je me souviens du jour où je suis allée en Europe pour la première fois en hiver, j’ai cru avoir perdu mes oreilles en sortant de l'avion.
Je me souviens la première fois que je suis partie en voyages avec mes parents.
Je me souviens du 1er janvier l978 à Montmartre.
Je me souviens que les gens se parlent.
Je me souviens de ma première rencontre avec mon mari.
Je me souviens combien j’ai pleuré chaque fois que j’ai regardé le film Titanic – je ne le regarde plus.
Je me souviens avoir ri, ou pleuré, a contre-sens; les nerfs à fleur de peau.
Je me souviens de la rencontre d'un amour fou au jardin du Luxembourg.

Je me souviens le jour de mon mariage et la naissance de mon fils.
Je me souviens du jour où mon fils aîné nous a rejoints ici en Suisse, après deux ans de séparation.
Je me souviens de mes départs du Portugal, toujours la tristesse de laisser mes Parents
J e me souviens du jour ou Mr. Mitterrand est devenu président. C'était la folie sur la place de la république. Je me souviens de l'élection de Mme Kopp.
Je me souviens du voyage que j'ai fait avec mes enfants et mon mari à Monaco. La mer était calme et belle , il y avait des beaux cactus, des jolies aquariums, vraiment un très , très beau paysage.
Je me souviens que j'ai ressenti le présent comme un présent.
Monica

Autobiographie (d'après Saint-John Perse et François Bon)


Celle qui reste de longs moments en haut de la colline en regardant la plaine et le fleuve
Celle qui adore depuis toute petite la forêt
Celle qui passe des heures en suivant les lisières des rivières
Celle qui se sent légère et sans souci en regardant les goélands planer sur le lac
Celle qui oublie le temps passer dans la haute montagne
Celle qui fait souvent des choses seule
Celle qui avance dans la vie en rêvant
Celle qui est continuellement amoureuse de quelque chose
Celle qui essaye d’éviter toute confrontation et disharmonie
Celle qui est sans cesse en recherche
Celle qui peut partir pour quelques jours avec un petit sac à dos
Celle qui sort sans sac à main
Celle qui ne dépend pas du mauvais temps
Celle qui essaye de vivre l’instant(Ruth)


Celle qui quand elle était petite allait à l'école avec ses cousins et sa sœur
Celle qui avait les cheveux longs, une jaquette blanche et une jupe noire
Celle qui jouait devant le préau de l'église
Celle qui allait au lycée à pied pour ne pas payer le billet de bus et marchait pendant une heure.
Celle qui aimait beaucoup la gym.
Celle qui est venue en Suisse le 22 mars 1985.
Celle qui a eu un accident en France avec son fiancé et un copain pendant la nuit du 20 août 1988.
Celle qui est restée une semaine à l'hôpital de Dax.
Celle qui a retardé la date du mariage d'une année à cause d'un accident de voiture.
Celle qui a été opérée à la cervical et a pleuré trois jours et trois nuits à cause des douleurs à l'hôpital de Coimbra.
Celle qui a passé Noël dans son lit d'hôpital.
Celle qui a porté une minerve pendant neuf mois (août 88 à avril 89).
Celle qui attendait son fiancé le premier janvier 1989 (retour de Suisse).
Celle qui a une date fausse dans son alliance.
Celle qui a survécu à une année très difficile.
Celle qui enfin a pu se marier le 6 août 1989.
Celle qui est revenue en Suisse avec son mari,
Celle qui a eu son premier enfant le 24 avril 1991.
Celle qui a eu son deuxième enfant le 4 mars 1995.
Celle qui a travaillé à la Résidence la Vendée pendant neuf ans.
Celle qui a pleuré toute une soirée-surprise que ses voisins lui avaient préparé.
Celle qui a quitté la Suisse le 14 septembre 1999.
Celle qui a habité sa maison la première fois le 14 décembre 1999.
Celle qui est revenue en Suisse le premier juillet 2000.
(Lucilia)

Celle qui courait très vite
Celle qui a eu la polio à l’âge de cinq ans
Celle qui n'avait pas de rêve d'enfant
Celle qui croyait avoir tout perdu avec sa paralysie
Celle qui n’avait pas de vie d’adolescente
Celle qui voulait devenir secrétaire à l’âge de dix-neuf ans
Celle qui est devenue employée de bureau
Celle qui ne rêvait pas d'être mariée
Celle qui est devenue épouse et mère
Celle qui est devenue courageuse, battante
Celle qui est devenue une grande femme d’affaires
Celle qui est prête à tout pour s'en sortir
Celle qui prend de grands risques
Celle qui vit au jour le jour.
Celle qui aime aider les gens
Celle qui n’arrive plus à rire ni à être détendue
Celle à qui la douleur a presque tout pris
Celle qui se bat avec la vie douloureuse à vivre
Celle qui a toujours été grosse
Celle qui apprendra toujours
Celle qui jusqu’à aujourd’hui n’a jamais été gâtée par la santé
Celle qui accepte finalement (moins de révolte) ses malheurs de vie
Celle qui ferait tout pour aider ses enfants à vivre
Celle qui a toujours confiance en Dieu
(Maryann)

Celle qui, après avoir bien travaillé le piano, rêvait de devenir pianiste.
Celle qui avait les cheveux raides comme la Justice de Berne.
Celle qui préférait les bonbons aux billets de train.
Celle qui adore ses enfants.
Celle que l'on a étiquetée. Qu'importe!
Celle qui changea souvent d'endroits pour acquérir de l'expérience.
Celle qui préféra le camping à l'appartement.
Celle qui dans ses périodes creuses est méconnaissable.
Celle que l'on sait une grande amoureuse.
Celle que l'on essaye de chasser et qui tient bon.
Celle qui parfois se transforme en rat de bibliothèque
Celle qui a appris l'amour infini.
(Martine)
Celles qui
Celle qui jouait à la grande dame, et aujourd'hui sur la paille pour faute d'adultère.
Celle qui travaillait comme hôtesse et cheffe d'escale chez Air-France depuis trois ans.
Celle qui travaille pour subvenir aux besoins de sa famille, et maltraitée par ses propres enfants.
Celle qui à dix-sept ans avait déjà deux enfants.
Celle qui est née le 29 juillet 1965, et morte suite à un accident de voiture.
Celle qui était une grand-mère formidable, et sans nouvelle de ses petits-enfants.
Celle qui était mannequin, et laisse tomber sa carrière pour devenir stripteaseuse.
Celle qui a essayé de se suicider trois fois de 1999 à 2000.
(Marie-Sheba)

Ecrire pour (d'après Charles Juliet et François Bon)


Martine
écrire pour me remémorer
écrire pour donner un sens à ma vie
écrire pour communiquer
écrire pour élucider le mystère, si mystère il y a
écrire pour être plus près des autres
écrire pour mieux unir les épisodes de vie
écrire pour mieux exprimer ce que la parole ne saurait si bien dire
écrire pour ne pas être interrompue dans une activité
écrire pour que celui que j'écoute prenne le temps de me lire
écrire pour me relire
écrire pour le plaisir d'écrire
écrire pour continuer de vivre


Marie-Sheba
Ecrire pour se défouler
Ecrire pour mieux se comprendre soi-même
Ecrire pour raconter les petits secrets les plus intimes
Ecrire lorsqu'on se sent seule
Ecrire parce qu'on n'a pas envie de raconter ses problèmes aux autres
Ecrire quand on a peur


Lucilia
Ecrire pour dire aux gens qu'on les aime
Ecrire pour penser aux autres
Ecrire pour se souvenir du passé
Ecrire pour faire revivre notre mémoire
Ecrire pour garder mes petits secrets
Ecrire pour ne pas oublierRuth
Ecrire pour…
transmettre
informer
ne pas oublierme libérer
éviter les tensions et un blocage intérieur
mieux me connaître
m'évader
mettre en place mes idées et ensées
garder des instants précieuxgarder des amitiés
faire plaisir
s'amuser et le plaisirlaisser des traces

Maryann
Ecrire pour partager
Ecrire pour encourager les autres
Ecrire pour s'exprimer
Ecrire pour continuer à vivre et à laisser tomber
Ecrire pour me convaincre
Ecrire pour laisser un exemplaire
Ecrire pour me rappeler les étapes de ma vie, me découvrir.
Me révéler à moi-même.
Ecrire pour communiquer
Ecrire pour ne pas rester prisonnière de mes secrets
Ecrire pour me libérer
Ecrire pour laisser une trace
Ecrire pour donner une sens à ma vie
Ecrire pour affirmer certaines valeurs de la vie
Ecrire pour me satisfaire
Ecrire pour produire la lumière dont j'ai besoin
Ecrire pour mieux vivre, mieux participer à la vie. Apprendre à aimer
Ecrire pour agrandir mon espace intérieur. M'y mouvoir avec toujours plus de liberté
Ecrire pour panser mes blessures