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revoir la Suisse puis bonjour... Prenez le supplément littéraire du Temps, numéro de ce dernier samedi : Une page entière sur Robert Walser, à la suite de la publication de "Le territoire du crayon, micorgramme", traduction Marion Graf : "Entre 1918 et 1933, Robert Walser surmonte une crise personnelle en écrivant en caractères microscopiques sur les supports les plus variés et les plus modestes. Ces "microgrammes" ont été déchiffrés et publiés en allemand en 2000..." Un compte rendu par Isabelle Rüf de "La conversion d'Hermann le juif", de Jean-Claude Schmitt (Le Seuil), la page II. Un article d'André Clavel sur l'auteur grec Georges Vizynos à propos de "Sortilèges et maléfices", La Différence, la page III, avec en drapeau une colonnes "revues"où sont présentés les derniers sommaires d'Europe, L'Infini, Revue des Belles lettres, Pouvoirs et la germanophone Tsantsa. Page IV une sélection de poche, avec un quart de page par Isabelle martin à propos de "Le parcours de Bonnefoy", (Seghers, poètes d'aujourd'hui"). Page V une demi page d'Isabelle Rüf sur le dernier livre de Fleischer ("les ambitions désavouées", au Seuil). Depuis deux ans, le supplément littéraire était mis en ligne chaque samedi matin sur le site du journal genevois. Les livres chroniqués, les entretiens rassemblés par Isabelle martin et Isabelle Rüf étaient assez excitants d'une part par leur liberté de ton : elles ont la frontière pour voir avec un peu de distance, une personnalité disons... assez tranchée, et des choix en littérature qui faisaient bien souvent que les livres ici à l'honneur n'étaient présentés dans le Monde ou Libé livres que 2 à 3 semaines plus tard. C'était un ton, un regard, et de la place faite au meilleur. Du coup, nous, ici en France, chaque semaine on s'habituait à lire ce qui concernait les voisins, publications des éditeurs de Suisse romande, chemins et interventions de ces auteurs dont il est de bon ton, jusque dans le même journal, de dire qu'il vaut mieux, pour un Suisse, vivre à Paris pour se faire reconnaître... Combien était-on, assidus du Net littéraire, à venir y butiner le samedi ? Plus d'une fois, sur remue.net, on a attiré l'attention sur tel ou tel article: le beau texte du dernier livre de Pierre Michon, "A quoi servent les poèmes", avait été publié en mai dernier par Le Temps. Le Temps a décidé de rendre son site payant, et réservé à leurs abonnés. Ce faisant, ce n'est pas tant d'entendre parler d'Alain Fleischer ou d'Yves Bonnefoy que nous regretterons, mais ce qui se faisait entendre depuis chez eux sur ce qui les concernait : tenez, la récente découverte des papiers de Saussure, la constante revisite de Ramuz, ou ce samedi l'approche de Robert Walser... La Suisse à nouveau se clôt sur elle-même, au revoir les deux Isabelle... Mais c'est les amis écrivains romands qui risquaient d'en payer la rançon. Il nous
restait quand même culturactif - cette semaine : Anne Cuneo,
Alice Rivaz, mais sur leur liste alphabétique, 7 auteurs pour aller
de Charles Cingria à Bernard Comment... Ou dans les M : Maggetti,
Meizoz avant Muschg et Mützenberg... Pas toujours facile de s'y repérer, quand on connaît Maggetti et Meizoz, mais pas Muschg ni Mützenberg. Alors on
constate avec plaisir que Le Temps a trouvé un moyen terme, en
installant les articles en ligne à une semaine d'écart.
Ainsi, à lire aujourd'hui, entretien avec Annie Ernaux, par Isabelle
Martin: "écrire avec un couteau" "Au
Piano" d'Echenoz encore par Isabelle Martin Tandis qu'Isabelle
Ruf chronique "Marcos le maître des miroirs" de Montalban Pour découvrir
la littérature suisse, "Banhofsprosa" de Peter Weber Et à
nouveau accès aux archives, critiques de dictionnaires, par exemple
sur "Le Dictionnaire du littéraire" aux PUF en avril: Ou pourquoi
pas les "oeuvres complètes", Michaux, Flaubert, Cendrars Peu importe la semaine de délai, pour pas mal de livres il leur en restera encore au moins deux sur nos suppléments nationaux! F Bon |