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le livre de la semaine : Le
roman français aujourd'hui , 5 études chez prétexte
___
invitation : le 25 juin, rendez-vous avec
l'équipe du site ___ vie du livre : CRL
Languedoc-Roussillon appel
et contre-appel ___ Bloomsday : balade
rétrospective ___ à l'affiche dans les blocs
remue:
consultations toujours plus larges pour nos pages actu ___ et mention
spéciale:
mort au créole.
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note préalable : les virus du monde
PC se transmettent à l'ensemble des destinataires de l'ordinateur
infecté en prenant pour nom de l'expéditeur une adresse choisie
au hasard parmi ceux-ci - un de ces virus, heureusement bénin et
stoppé par Norton, a ainsi été retransmis à l'ensemble de nos abonnés
le jeudi 12 juin - travaillant sur Mac, nous n'en
sommes pas responsables - nous avons durci nos protections serveur
pour éviter que cela se reproduise – nous vous rappelons que nos
envois de comportent jamais de pièces jointes, et que les suffixes
.scr, .pif, .zip, .exe ou .com signent ces envois douteux, à ne
jamais ouvrir -
le livre
de la semaine: Le roman français aujourd'hui
Commençons par
une citation, ça pourrait être un jeu, ou une proposition pour
atelier d'écriture:
"La stylisation du paysage urbain, la défection des personnages,
l'épure de l'intrigue romanesque appartiennent certes au registre
du moindre,
de l'infime, mais sont constamment mis en déroute par un faisceau
de motifs qui contredisent l'allègement fictionnel. C'est la surligne
du commentaire incongru et plus inhabituels, le soulignement du corps
(la chair dans tous ses états) et de la voix (l'abstraction se fait
de plus en plus lyrique). La palette chromatique déjoue ici l'agencement
des lignes. Le roman baigne dans une ambiance de surexposition photographique:
chambre close, acide révélateur, effets de flou, bain d'exposition,
lumière rouge ou bleue, larmes en infra-rouge..."
A vous de trouver de quel auteur et quel livre
il s'agit*** , ou lire l'étude
de Christine Jérusalem dans Le roman français contemporain,
transformations, perceptions, mythologies, qui paraît
chez Prétexte éditeur,
à la suite des 2 recueils d'études sur la poésie.
Ce qui semble un pas important dans ce petit ouvrage (120 pages,
11 euros), c'est l'opposition en ouverture de 2 études sans quasiment
de point commun, Dominique Viart et Dominique Rabaté, qui partent
chacun du même constat, la dispersion des formes contemporaines autour
et à côté du "roman" pour en reconstruire une définition élargie,
mais recentrée sur l'écriture, et sa quête ou son affirmation formelle
ou esthétique. C'est enfin prendre acte côté universitaire d'un déplacement
de fond, et représente, dans la façon différente d'en produire l'énoncé,
une rupture dans l'approche de deux universitaires qui évidemment
n'en sont pas à leurs premiers travaux (paraissent en même temps,
de Dominique Viart, le Foliothèque commenté des Vies
Minuscules de
Michon,
de
Dominique
Rabaté, chez
Corti, une version reprise et révisée de Vers
une littérature de l'épuisement.
L'approche de Dominique Viart, extrait: "Parce que c'est une
littérature critique, elle a prise sur les objets
qu'elle rencontre, dont elle
traite, auxquels elle se confronte, et qui la sortent ipso facto de
tout solipsisme. Elle est une littérature transitive.
Parce qu'elle traite les objets non dans un pur travail de spéculations
imaginaires
ou abstraites mais en cherchant en elle et autour d'elle les éléments
concrets qui lui serviront de traces, de documents, de signes à interpréter,
elle est une littérature matérielle [...] Aussi les fictions ne
sont-elles plus de simples productions de l'imaginaire, mais bien
des élaborations
interrogeantes, et parfois élucidantes, aux confins de l'imagination
et de la réflexion."
L'approche de Dominique Rabaté, extrait: "On voit comment Nadja de
Breton peut se situer au carrefour exact de ces deux lignes, où se
rencontrent à la fois l'anathème jeté par le Manifeste contre
le roman descriptif et platement réaliste, l'exigence d'une écriture
qui soit mise en jeu totale de celui qui y risque son existence,
récit de ce qui a eu lieu et qui pourtant ne cesse d'ouvrir
le chemin
à l'aventure d'une rencontre future."
Le livre comporte aussi une introduction de Bruno Blanckeman
et des études
de Thiphaine
Samoyault
et Lionel
Ruffel.
On peut retrouver
sur remue.net Dominique
Viart (notion de sujet) ou Christine
Jérusalem (dossier Echenoz).
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le 25
juin, rendez-vous avec l'équipe du site
Pour la troisième année,
nous tiendrons au moment du Marché de la poésie l'assemblée
générale de remue.net
association. Elle aura lieu à 17h30, salle Ferdinand
de Lesseps,
à l'Alliance Française, 101 boulevard Raspail (mtro
St-Placide ou Rennes). Les 212 adhérents de remue.net association
y sont bien sûr conviés, nous parlerons des orientations
du site, de son fonctionnement, des contenus à venir. Mais
nous convions plus largement les amis du site à nous rejoindre
de 19h à 20h pour un
pot informel. Nous rappelons que remue.net est une structure associative
loi 1901, entièrement bénévole, et que seules
ces adhésions de soutien
permettent l'activité du collectif et son équipement
matériel.
D'autre part, nous sommes évidemment en attente de toute
réflexion
sur ces contenus et leur évolution...
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CRL Languedoc-Roussillon
: appels et contre-appels
Nous avions relayé les premiers,
sans état d'âme, la pétition
Verdier/Climats contre l'arbitraire personnel du président
de région PS du Languedoc Roussillon supprimant sans consultation
ni appel les aides aux éditeurs (catalogue, prêts à taux zéro,
stands aux salons du livre, qui donnent à l'activité des éditeurs
en région son assise), pétition
signée
par à ce jour par plus de 1000 écrivains et intellectuels
: le débat s'approfondit, lire article
Libération mais aussi communiqué de Benoît
Lecocq, président de la C2LR (téléchargement PDF), exprimant
les réserves
symétriques d'une large part du monde local du livre. D'autres textes
circulent (Serge Velay, René Escudié), mais il n'est pas de notre
rôle de
les héberger ou d'en tenir forum. En l'absence de cahier des charges
national pour ces structures qui tiennent désormais une place majeure
dans la vie du livre, il serait bien temps d'une confrontation
ou d'une réflexion à plus large échelle, voir notre sélection
de liens .
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Bloomsday: retour
sur événement
Le 16 juin 1904, Leopold Bloom se faisait
frire des rognons de porc au petit-déjeuner, achetait un savon
et assistait à un enterrement, et le récit qui en était fait, 24
heures de la vie de Leopold Bloom faites pour être lues en 24h,
temps pour temps, faisait basculer la littérature sur son axe.
On s'était promis un large atelier virtuel, en même temps que 50
écrivains liraient, l'invitation de l'IMEC et Beaubourg, en respectant
le temps réel, l'intégralité de la nouvelle traduction d'Ulysse.
Le propre petit-fils de Joyce a fait capoter le rêve, il doit y
avoir un concours entre héritiers d'écrivains, côté Artaud, Joyce
ou d'autres, pour empoisonner le monde, comme si on avait trop
de littérature, et eux pas assez de reconnaissance transposée,
moyennant subsides lourds. Mais cette semaine, l'équipe de remue.net
a mobilisé tous les blocs d'actu pour suivre le Bloomsday, en textes,
liens et photos: ainsi Miguel
Aubouy, Ronald
Klapka, Dominique
Dussidour et Dominique
Hasselmann (et blocs photo précédent
et suivant).
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dans les blocs
remue
Appelons les "blocs" plutôt
que "blogs",
mais le résultat est le même: nos 4 pages d'actu bénéficient
d'une mise en page toute neuve (due à Philippe De Jonckheere),
et d'une intégration dans le site via page d'accueil et
navigation révisées.
Ces pages sont actualisées en toute indépendance
par l'ensemble de la rédaction du site, et les consultations
ne cessent d'augmenter, tant mieux. A noter: Gherasim
Luca, Flaubert savait-il
écrire?, Olivier Cadiot et d'autres
à Montevideo,
le prochain Marché
de la poésie, malgré les menaces qui
pèsent sur sa reconduction, Edward
Bond à la Colline, Maurice
Blanchot, mais aussi découvrir et lire Raphaële
George, Le Livre des Retours d'Al
Berto, la revue Europe sur Pétrarque, Marcel
Béalu... Enfin, nous prenons la phrase
du jour (actualisée
chaque dimanche depuis 1997, c'est une des pages les plus consultées
du site!) à Pascal Quignard, pour son Traité
sur Esprit : Jacques Esprit étant l'auteur en 1678 de
la Fausseté
des vertus humaines...
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mention spéciale:
mort au créole
Dans la masse des coups politiques portés
tous azimuts au nom de l'économie libérale dominante,
certaines font un peu plus mal,
parce
qu'elles nous déshonorent dans une
dette collective. Ainsi l'annulation programmée du Capes
de créole.
Ci-dessous un très beau texte du linguiste Jean
Bernabé, et la
colère de l'écrivain Raphaël Confiant.
Nous leur transmettrons directement vos réflexions et réactions.
Jean Bernabé:
une manifestation rampante de négationnisme
Je suis Jean Bernabé,
professeur des Universités, spécialiste de créole,
fondateur et responsable du GEREC-F (Groupe
d'Etudes et de Recherches en
Espace Creolophone et Francophone), chargé,
en 2001, par le ministère (aux destinées duquel vous
présidez
aujourd'hui) de la coordination des programmes de langues et cultures
régionale
au Collège et au Lycée. C'est au motif de ces fonctions
et qualités
que je m'autorise à vous faire part de la stupéfaction
qui m'a saisi à l'annonce,
encore officieuse, relative à une éventuelle périodicité du
CAPES de créole non annuelle et soumise à des contingences
par définition
non programmables.
Je sais que divers concours font déjà l'objet de
telles mesures, dites d'ajustement à la demande, une demande
fluctuante parce que n'ayant pas fait l'objet de prévisions
adéquates. J'admets
volontiers que les données démographiques, notamment
en contexte de stagnation économique, ne peuvent pas être
ignorées par les gouvernants, lesquels
ne sont pas des thaumaturges. Ce qui, en revanche, me semble incompréhensible,
voire inadmissible, c'est que votre ministère, auquel la
morale républicaine fait obligation, indépendamment
des options partisanes, de protéger,
voire de promouvoir le patrimoine moral et spirituel accumulé par
les gouvernants précédents, n'ait pas pris la véritable
mesure de ce que représente pour nos pays créoles,
parties prenantes, que je sache, de la République
Française, un concours comme le CAPES de Créole.
Ce concours, obtenu de haute lutte, a pour vocation d'être
non seulement le vecteur d'un meilleur développement linguistique
et culturel mais encore source d'une plus grande harmonie et d'une
efficacité scolaire accrue. Qui plus est, il revêt
une valeur emblématique de réparation des sévices
et humilations causées par l'entreprise criminelle qui non
seulemnt a perpétré l'esclavage
mais encore l'a spécialisé dans la traite négrière.
Aucun descendant d'esclaves n'a obtenu de réparations matérielles
des dommages subis, sauf à assigner cette fonction aux transferts
financiers issus de la Métropole, organisant depuis trop
longtemps une mentalité d'assistés et qui, pour d'évidentes
raisons éthiques,
ne peuvent ni ne doivent, quels qu'en soit le montant, constituer
un argument de réparation.
Contrairement au CAPES dont l'exiguIté du coût financier
est sans commune mesure avec la capacité symbolique qui
s'en trouve développée. La remise en cause du CAPES
de créole, fût-ce dans
sa périodicité, ne peut être vécue que
comme une manifestation rampante de négationnisme et l'expression
d'un mépris dont la République ne peut
se prévaloir à l'endroit de citoyens à part
entière dont une vision réconciliatrice
conforte la pertinence d'un tel CAPES dans sa tenue annuelle. Je
me permets de vous informer que la demande aux les Antilles et
en Guyane est importante et que pour la seule académie de
la Guadeloupe, il y a eu, cette année, 132 candidats au
baccalauréat
ayant choisi l'épeuuve
de créole à l'oral.
" Réonciliatrice", ai-jedit et non point "conciliatrice".
Car pour toutes les femmes et les hommes responsables de nos pays,
le maintien du CAPES de créole dans sa régularité ne
saurait être
de l'ordre du négociable.
Ausi, sachant que le texte définitif n'est pas encore paru,
osé-je espérer que, mieux informé des enjeux
d'une telle décision,
vous aurez à coeur de revoir votre position.
Dans cette attente, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre
l'expression de mon respect républicain.
Jean Bernabé
Raphaël Confiant : 14 enseignants pour
2 millions de locuteurs
Monsieur le Ministre,
Je viens d'apprendre avec stupéfaction que votre ministère envisage
la suspension du CAPES de créole à compter de la session 2004-2005.
Je tiens à rappeler que ce CAPES n'existe que depuis 3 ans, contrairement
aux autres CAPES de langues régionales qui, eux, datent de plus d'une
quinzaine d'années. Je rappelle aussi qu'avec près de 2 millions
de locuteurs
actifs (Martinique-Guadeloupe-Guyane-Réunion), le créole est la
langue
régionale la plus parlée sur le territoire français. La
création
d'un
CAPES de créole, quoique tardive, n'était que justice, d'autant
qu'on doit l'inclure dans
le cadre des réparations de ce crime contre l'humanité que fut
l'esclavage
des Noirs. L'Assemblée Nationale a, en effet, voté en 1998, une
loi reconnaissant l'esclavage comme étant un crime contre l'humanité.
A ce jour, seuls 5 Capésiens de créole ont été recrutés
pour la Martinique, 1 pour la Guadeloupe et 8 pour la Réunion. Soit 14
(quatorze) enseignants pour...2 millions d'habitants. A qui fera-t-on croire
que continuer à en recruter, à doses homéopathiques en plus
(il n'y a que 4 postes ouverts au CAPES de créole), grèvera le
budget
de votre
Ministère et celui de l'Etat ?
Je considère donc cette éventuelle suppression comme une violation
grave de nos droits de citoyens français d'Outre-Mer lesquels citoyens
ont donné leur sang pour la France en 1863 (guerre du Mexique menée
par Napoléon III), en 1870, en 14-18, en 39-45, en Indochine, en Algérie
et j'en passe.
Recevez, monsieur le Ministre, mes salutations indignées.
Raphaël Confiant
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