Aimé Césaire : « Nègre je suis, nègre je resterai. »

Hommage à Aimé Césaire

Le mardi 29 avril 2008 à 20 heures

à l’Odéon-Théâtre de l’Europe
(Grande salle - Paris 6e)

Jacques Martial dira
Cahier d’un retour au pays natal

Un hommage sera rendu au poète et homme politique Aimé Césaire. Par sa puissance incantatoire et sa révolte lucide, le Cahier d’un retour au pays natal s’est imposé comme une œuvre majeure de la poésie francophone du XXe siècle.
Avec la voix d’Aimé Césaire.

Entrée libre. Réservation indispensable :

01 44 85 40 44 ou present.compose@theatre-odeon.fr


Nous réinscrivons aujourd’hui l’article qui suit au sommaire de la première page du site notamment parce que la citation ci-dessous de « Calendrier laminaire » extraite de Moi, laminaire sera dimanche 20 avril 2008 gravée sur la tombe d’Aimé Césaire.

Il s’agit de savoir si nous croyons à l’homme et si nous croyons à ce qu’on appelle les droits de l’homme. À liberté, égalité, fraternité, j’ajoute toujours identité. (Aimé Césaire.)

  Nègre je suis, nègre je resterai [1] sont des entretiens que le poète Aimé Césaire a accordés à Françoise Vergès en juillet 2004, à Fort-de-France, Martinique.
  Il raconte son parcours de poète et d’homme politique, sa rencontre avec Léopold Sedar Senghor et Michel Leiris, sa prise de conscience de l’absence du « Nègre fondamental » durant ses études à l’École normale supérieure, la révélation de son identité noire. Ce parcours d’une prise de parole constitue l’étape décisive entre le silence et la génération des écrivains Raphaël Confiant et Patrick Chamoiseau.
  Ce qu’il dit résonne singulièrement fort dans l’atmosphère de plus en plus raréfiée en générosité et en partage qu’on tente actuellement de nous faire considérer comme la seule respirable [2].
  Lisez plutôt :

j’habite une blessure sacrée
j’habite des ancêtres imaginaires
j’habite un vouloir obscur
j’habite un long silence
j’habite une soif irrémédiable
j’habite un voyage de mille ans
j’habite une guerre de trois cents ans
j’habite un culte désaffecté
entre bulbe et caïeu j’habite l’espace inexploité[...]
la pression atmosphérique ou plutôt l’historique
agrandit démesurément mes maux
même si elle rend somptueux certains de mes mots [3]

  Dans sa postface « Pour une lecture post-coloniale de Césaire », Françoise Vergès, professeur de sciences politiques à l’université de Londres et vice-présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage, retrace l’histoire des approches post-coloniales, de la pensée de la traite, de l’esclavage et de son abolition en France (« L’abolition devient dans le mythe national ce que la France aurait donné au monde des esclaves »), la généalogie des textes de Césaire sur le colonialisme.
  Nègre je suis, nègre je resterai a paru aux éditions Albin Michel dans la collection « Itinéraires du savoir ».

  Aimé Césaire est mort le 17 avril 2008.


Lire également : Compliments Aimé Césaire, et avec vous sur le site de François Bon qui reprend la dépêche AFP par laquelle Aimé Césaire annonce son refus de recevoir le ministre de l’Intérieur.

Sur Aimé Césaire :
exposition
liens
bibliographie

On peut entendre sa voix ici

Extrait du Discours sur le colonialisme de 1955.

Entretien sur le site des éditions Gallimard à l’occasion de la parution de Léopold Sedar Senghor de J.M. Djian (2005).

Dossiers des librairies Compagnies L’étranger et les sociétés hospitalières et Ombres blanches Des colonisations, décolonisations.

Dominique Dussidour - 18 avril 2008

[1Albin Michel, 2005.

[2Cette remarque, qui date de la première mise en ligne de cet article, en décembre 2005, n’a hélas rien perdu de son actualité trois ans plus tard.

[3« Calendrier laminaire », in Moi, Laminaire, 1996