Christa Wolf | Un jour dans l’année pendant quarante ans (1960-2000)

« La "vérité" de cette époque et de notre vie, c’est à la littérature qu’il revient de la livrer. »

Christa Wolf.

  1. Tandis que le temps se déroulait jour après jour d’un mouvement uniforme, j’ai lu Un jour dans l’année de Christa Wolf.

  Dans un texte préliminaire, elle raconte l’histoire de ce livre. En 1935, Maxime Gorki avait lancé l’idée « Un jour dans le monde » à l’intention des écrivains. Elle est reprise en 1960 par le journal moscovite Isvestia qui propose aux écrivains du monde entier : Décrivez de façon aussi précise que possible votre journée du mardi 27 septembre. Christa Wolf répond à cet appel [1]. Encore mieux : elle le renouvelle chaque 27 septembre pendant quarante et un ans, de 1960 à 2000.
  Elle distingue ce projet de son journal intime écrit en continu et d’autres textes en prose qui ont pris origine dans le déroulement d’une journée comme, écrit-elle, « autant de témoignages de ma fascination pour le potentiel narratif contenu dans presque n’importe quelle journée prise au hasard » [2]. Ces quarante et un récits d’une journée présentent deux caractères communs : d’une part ils ne cherchent pas à « résumer » l’année écoulée, ils sont la prise de notes instantanée, sur le vif, d’un jour et d’un jour seulement ; d’autre part la répétition de la date du 27 septembre ôte l’idée de choix d’une journée qui serait plus « significative » qu’une autre. De fait, ce sont des 27 septembre ordinaires. En quarante et un ans, aucun événement n’aura été assez bouleversant (bonheur ou malheur) pour que la tâche de décrire la journée ne soit pas, ce jour-là, accomplie.

  Quel ressort a soutenu ce projet durant tant d’années ?
  « Voici mon expérience : à partir d’un certain moment [...] on commence à se voir historiquement, c’est-à-dire installé dans son époque, lié à elle [...]. On voit combien d’universel est contenu dans le particulier intime. »

[27 septembre 1970] Nous revenons à notre hôtel dans la nuit, et toujours sous la pluie, nous parlons de mes projets. Le prochain sera le livre sur l’enfance [3]. Pas à la première personne, ou bien avec une alternance du « je » et du « elle ». Pas chronologique. Peut-être ainsi : le convoi de l’exode de la première moitié de 1945, y insérer l’enfance, qui ne se dévoile que durant cet exode. Un problème technique qui ressurgit toujours dans l’écriture en prose : comment faire passer dans l’écriture linéaire les différentes couches superposées dont se compose la « réalité » ? (Bien sûr, ce n’est pas seulement un problème technique.)

  Dans ce journal tenu sur une durée qui recouvre presque plus de la moitié de la vie adulte de Christa Wolf, on distingue trois « couches superposées » de « réalité ».

  La vie personnelle : chaque fin de septembre, aux alentours du 27, c’est l’anniversaire de Tinka, la fille cadette. Comment organiser cet anniversaire. Quel jour. Qui inviter. Quel repas préparer. Quels cadeaux lui offrir. Au long de ces années, Tinka, quatre ans en 1960, devient une fillette, une adolescente, une jeune femme, qui à son tour devient mère d’un enfant, etc. Aménagements et déménagements, maladies, deuils, recettes de cuisine, échanges conjugaux, soirées amicales, vacances, voyages, bruits, odeurs, vieillissement, émotions -une vie de femme, épouse, mère de famille, amie, voisine.

  L’engagement politique : participation aux activités d’une « brigade » de travail dans une usine de fabrication de wagons, aux travaux de l’Union des écrivains, au comité central du SED (parti d’unité socialiste d’Allemagne), à la commission d’enquête indépendante sur les événements des 7 et 8 octobre 1989 à Berlin, à la rédaction du projet de Constitution pour la RDA (1990). Et aussi : surveillance, filatures policières, mise sur écoutes, courrier ouvert par la censure, accusations infondées de collaboration avec la Stasi - toute une vie d’intellectuelle vivant en RDA, de l’après-guerre à la réunification.

  Le travail d’écrivain : choix, définition, découverte des potentialités et des prolongements d’un thème ; questions du narrateur (interrogations récurrentes sur les trois personnes du singulier), de la narration, des temps ; difficultés, hésitations, découragement, impasses. Lectures, documentation, recherches en bibliothèque. Publication de romans, récits, essais, articles dans la presse. Accueil par la critique, les amis, le Parti, les cercles de discussion, le public. Traductions, prix, discours, invitations dans des pays étrangers. Réflexion sur les responsabilités sociales et politiques de l’écrivain. Échanges avec les lecteurs. Rencontres, amitiés, correspondance avec des écrivains, avec Max Frisch, Günter Grass.

  Ces strates s’entremêlent, agissent les unes sur les autres, parfois se confondent. L’exclusion par le Parti de son mari Gerhard Wolf participe des trois : vie privée, engagement politique, travail d’écrivain (Gerhard Wolf est lui aussi écrivain). La lecture des journaux chaque matin, dans la cuisine, durant le petit-déjeuner partagé avec les enfants, est suivie des commentaires échangés avec son mari. Les quelques heures d’écriture quotidienne sont interrompues par l’arrivée d’amis, il faut accueillir ou se barricader.

  D’un 27 septembre à l’autre, des événements se sont produits pendant l’année. On en devine certains au détour d’une phrase. Une maison brûle. Une mère meurt. Un père vieillit. Une fille se marie, divorce. Des amis quittent la RDA et passent à l’Ouest. On restera ignorant de beaucoup. Des lieux défilent : Berlin, Cologne, Dresde, Zurich, Santa Monica. Le 27 septembre tombe successivement chaque jour de la semaine. Ce journal d’un jour devient l’objet d’une réflexion sur le temps et la narration dans leurs saisies réciproques.

Jeudi 27 septembre 1979 (Meteln) :
Je pense que toute cette journée observée tombe sous la loi de la relation d’indétermination de Heisenberg : elle est déformée par le regard constant que je jette sur elle. Elle ne s’écoule pas comme elle le ferait d’ordinaire. Elle gagne et perd à être vécue consciemment.

Lundi 27 septembre 1993 (Berlin Pankow) :
Il est onze heures, je m’installe devant ma petite machine pour commencer à taper ces notes auxquelles cette journée est exclusivement dédiée. Et je sais déjà - depuis le temps que je pratique cet exercice - qu’au moment précis, à onze heures du matin, où je commence à décrire cette journée, va surgir cette question : ce texte dévorera-t-il la journée, déterminera-t-il son déroulement ? Qu’est-ce qui l’emporte, le texte ou la journée ? Bref, en s’observant, n’est-on pas conduit à falsifier ? Mais qu’est-ce qui n’aboutit pas à la falsification ? Je m’interdis de tomber dans ce piège toujours près de me happer au fond de mon inconscient, je veux m’en tenir à des choses réelles.

Mercredi 27 septembre 1995 (Berlin Pankow) :
J’écris à présent non plus de façon chronologique mais sur des choses passées. Il est déjà minuit quarante-cinq du lendemain, par exemple, et je m’interroge sur la différence entre écrire une histoire (voire une journée) une fois celle-ci achevée et prendre des notes sténographiques, lorsqu’on ne sait pas ce qui adviendra - on ne peut alors ni créer aucun centre ni poser des points forts, et même les réflexions se font plus minces.

Lundi 27 septembre 1999 (Dresde-Berlin Pankow) :
J’éteins la radio, nous roulons sans mot dire, quand c’est possible Gerd roule vite, on dirait qu’il veut battre un record. Je commence à réfléchir au sujet que je pourrais aborder en février, lors de mes conférences de poétique à l’université de Göttingen. Je devrais peut-être parler du journal intime comme genre et matière première pour la littérature, m’interroger sur la manière dont un quotidien vécu en tranches successives se transforme en « destin », en une « vie », à quel moment et par quoi la banalité du quotidien se transforme en un témoignage profond sur le contemporain. [...] Qu’un journal de voyage ait servi de base à Trame d’enfance n’est pas fortuit, et que d’un journal intime soit née la structure de La Ville des anges n’est pas non plus un pur hasard. Ce qui reste est la description d’une journée, de même qu’Incident. Visiblement, c’est de cette seule façon que je crois pouvoir être « authentique » et échapper aux falsifications qu’implique également la littérature... Devrais-je donc parler à Göttingen de l’ « authenticité » ?

  La tension, la gravité, souvent le désenchantement qui parcourent ces pages expriment l’honnêteté de Christa Wolf, traduisent ses inquiétudes : comment concilier au jour le jour la nécessité d’être présente à la fois dans sa vie personnelle, sa vie d’intellectuelle engagée, sa vie d’écrivain - dont aucune ne peut se vivre autrement qu’en totalité à chaque instant - de façon qu’elles s’épaulent, s’appuient. Comment rassembler, faire tenir ensemble les éclats de l’identité dispersée et du récit : quelle place occupe une vie de mère de famille quand on raconte l’histoire de Médée, l’engagement politique fait-il sentir une résistance quand on écrit les malédictions de Cassandre envers tout pouvoir, est-ce en écrivain ou en intellectuelle engagée que se poursuit cette discussion avec des écrivains ouest-allemands au sujet de la littérature en Allemagne fédérale. Existe-t-il des limites de bienséance morale ou politique à une œuvre littéraire. Quels ajustements et mises au point accepter sans remettre certains choix en question, les mettre en danger. Comment écrire de sorte que la littérature demeure l’horizon de ces contradictions, de ces perspectives parfois labyrinthiques, doit-il toujours en être ainsi, à tout prix, dans n’importe quelle situation.

  2. Tandis qu’en proie à l’ivresse de lire les dix pages consacrées à un jour dans l’année et à la onzième page me trouver déjà l’année suivante je lisais ainsi dans l’écoulement uniforme du temps, ma bibliothèque m’emportait, dans un tourbillon perpendiculaire, vers un texte ayant, comme celui de Christa Wolf, le temps choisi pour principe d’écriture : celui de François Bon écrivant « dedans l’œil » durant les dix-sept minutes et vingt-huit secondes qu’il visionnait Film de Samuel Beckett avec Buster Keaton (temps de lecture à voix haute : sept minutes) - ou comment écrire non pas seulement dans le temps mais face à lui -, puis vers d’autres textes ayant, eux, de façon plus traditionnelle, le temps et ses variations comme cadres narratifs. En voici quelques-uns (sans souci de science).

  Mon siècle de Günter Grass [4] est composé de cent chapitres, un par année de 1900 à 1999. Dans chacun un narrateur différent, dont à l’occasion un certain Günter Grass, évoque rétrospectivement un événement important ou minime, personnel ou historique, toujours daté, du XXe siècle.

1938. Les ennuis ont commencé, avec notre prof d’histoire, quand tout le monde a regardé à la télévision le Mur de Berlin brusquement grand ouvert, et tous les gens - même ma Mamie, qui habite Pankow - qui pouvaient venir à l’Ouest. Pourtant, il a sûrement cru bien faire, M. Hösle, en ne parlant pas seulement de la chute du Mur et en nous demandant à tous : Savez-vous tout ce qui s’est encore passé un 9 novembre, en Allemagne ? Par exemple il y a cinquante et un ans exactement ?
Comme on savait tous vaguement quelque chose, mais que personne ne savait rien de précis, il nous a alors expliqué la Nuit de cristal.

  Dans L’Invention du monde [5], Olivier Rolin a choisi une date : le 20 mars 1989, jour de l’équinoxe de printemps. « Je vais écrire sur le monde, déclare-t-il dans le texte. Faire un portrait du monde, plus exactement. Le tour du monde en un jour. »
  Sachant « qu’il se passe non pas vingt-quatre, mais quarante-huit heures entre le moment où le vingt et un mars, mettons, surgit, de l’écume du Pacifique le long de la ligne du méridien cent quatre-vingt [...] et celui où il s’engloutit définitivement sur cette même ligne après avoir fait le tour de la terre d’est en ouest... », le roman se compose de quarante-huit chapitres, autant que de méridiens. Chacune des histoires racontées est réellement advenue. Olivier Rolin les a lues (traduites, pour la plupart) dans 491 quotidiens, écrits en 31 langues. Des centaines de personnes vivent, meurent, aiment, tuent, prennent le train, voyagent, se haïssent, se perdent, ont des enfants, écrivent, travaillent, leur seul point commun est de s’être tenu, le même jour, en un point quelconque du globe terrestre.

  Que le choix soit celui d’une date ou d’une durée, Christa Wolf, François Bon, Günter Grass, Olivier Rolin se réfèrent à un calendrier ou à une horloge admis comme communs, partagés aussi bien avec les lecteurs.
  Le temps de la narration peut cependant opérer un découpage dans ce temps commun et le poser comme cadre à des récits singuliers. L’Oculiste noyé [6] de Patrick Roegiers se déroule en une heure, Sous les bombes [7] de Gert Ledig en une heure et neuf minutes.
  L’Oculiste noyé est composé de quinze courts récits qui se succèdent toutes les quatre minutes. Chacun est un hommage érudit, géographique et littéraire, rendu avec ironie à quinze écrivains du XXe siècle : Perec, Michaux, Cioran, Pessoa, Bernhard, Calvino, Beckett, Kafka, Joyce, Zorn, Pavese, Gombrowicz, Karinthy, Achternbusch, Hamsun.

Né un 2 février, comme Joyce, à deux pas de sa maison natale, 41 Brighton Square, Rathgar, Dublin 6, James Eleaded mesure 1,76 m et pèse 76,6 kg comme Léopold Bloom et pérégrine dans Dublin le 16 juin (Bloomsday), jour du déroulement d’Ulysse dont il refait le trajet avec la carte spéciale Ulysses Map of Dublin. [...] En bon joycien, il a décidé de fermer son pébroc la nuit du 13 janvier, à 2 heures et quart du matin, à 58 ans et 340 jours. Et il a épousé sa moitié, Molly, fille d’un fabricant de mollé ou bien de molleton, qui lui mitonne dès potron-minet ses œufs mollets, le 17 mars, date de la fête nationale et jour de la Saint-Patrick.

  Sous les bombes se déroule en juillet 1944, de 13h01 à 14h10, le temps d’une attaque aérienne américaine sur une grande ville allemande. Treize narrateurs se succèdent, allemands, américains, russes, hommes ou femmes, de tous âges. Ils sont à bord de l’avion qui bombarde ou consignés à la défense antiaérienne de la ville, réfugiés dans des caves, surpris dans l’allée d’un cimetière, à leur domicile.

Dehors, les bombes sifflaient.
— Je peux refuser d’obéir à un ordre et me faire coller le dos au mur. Mais je ne peux pas ordonner quelque chose que je n’ai pas le courage d’accomplir moi-même, assura le lieutenant.
— Vous n’avez pas besoin de m’expliquer, dit le radio.
— Les généraux, répliqua le lieutenant, distrait. Les généraux...
— Je ne suis pas général !
— Avant, quand les généraux perdaient une bataille, ils se tuaient.
— Aujourd’hui, ils écrivent des livres !

  3. Et parfois les durées se croisent.

  Biographie [8], roman d’Yves Navarre, et Le Livre d’un homme seul [9], roman de Gao Xingjian, partagent le même dessein : faire coïncider leur vie passée avec le présent de leur existence.
  Yves Navarre tient son journal au présent, à la première personne, à partir du 15 mars 1980. Parallèlement, un chapitre sur deux et à la troisième personne, il raconte sa vie en choisissant celle de ses grands-parents comme point de départ. Il l’annonce dès le début : il mettra un terme à son journal quand il sera arrivé, au fil de son récit au passé, au jour présent. Ce sera, sept cents pages plus loin, le 24 septembre de la même année. Ce jour-là il a quarante ans. Ce jour-là sa mère meurt.
  Le projet de Gao Xingjian est identique : raconter sa vie passée jusqu’au jour du récit présent. Seules les personnes diffèrent : tu raconte le présent dans les chapitres pairs, le il des chapitres impairs désigne celui qu’il a été.

Un vers m’a traversé l’esprit : Dans la rigidité je ne cherche point le salut./Le frisson est la meilleure partie de l’être. Le frisson, voilà le mot. Je frissonne. Pendant la nuit, je me suis réveillée plusieurs fois, frissonnante. Parce que nous devons tous mourir ? Pas seulement, je crois. Parce que nous n’avons pas vécu comme il eût fallu et que nous continuons de le faire ? Oui. Sans doute plutôt cela. [C.W. Dimanche 27 septembre 1987, Woserin.]


Aux éditions des Femmes, correspondance traduite de l’allemand par Nicole Casanova, Oui, nos cercles se touchent entre Christa Wolf et Charlotte Wolff dont il est question dans Incident. Nouvelles d’un jour, traduit de l’allemand par Ghislain Riccardi, éditions Alinéa, 1989 (toujours disponible).

Sur Alain Lance, traducteur de nombreux livres de Christa Wolf et en particulier de Un jour dans l’année avec Renate Lance-Oberstein, voir le site Poezibao de Florence Trocmé.

Sur Arte, à propos d’un documentaire réalisé en Allemagne par Gabriele Denecke et Gabriele Conrad en 2004.

Dominique Dussidour - 2 mai 2006

[1Ce texte a paru en français en 1986 sous le titre « Mardi 27 septembre », dans Changement d’optique, traduit de l’allemand par Yasmin Hoffmann, Maryvonne Litaize, Marie-Ange Roy, chez Alinéa, dans la collection Domaine allemand dirigée par Alain Lance, qui a traduit avec Renate Lance-Oberstein Un jour dans l’année dont nous parlons présentement.

[2À titre de comparaison, on lira Incident. Nouvelles d’un jour (traduit de l’allemand par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1989) qui raconte un jour de l’année 1986, mais pas n’importe lequel : ce jour-là arrivent les premières informations concernant l’ « incident » qui vient d’avoir lieu dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, ce jour-là le frère de la narratrice est opéré d’une tumeur au cerveau. Où l’on voit comment le choix de deux éléments opéré par le récit dans la réalité permet d’en développer le « potentiel narratif ».

[3Trame d’enfance, traduit de l’allemand par Ghislain Riccardi, Alinéa, 1987.

[4Traduit de l’allemand par Claude Porcell et Bernard Lortholary, Le Seuil, 1999.
« Mon siècle », ce sont les premiers mots du poème « Le siècle » écrit par Ossip Mandelstam en 1923 : Mon siècle, mon fauve, qui pourra/Te regarder droit dans les yeux/Et souder de ton sang/Les vertèbres de deux siècles ?

[5Le Seuil, 1993.

[6Le Seuil, collection Fiction & Cie, 2001.

[7Roman écrit en 1956, réédité en 1999, traduit de l’allemand par Cécile Wajsbrot, Zulma, 2003.

[8Flammarion, 1981.

[9Traduit du chinois par Noël et Liliane Dutrait, éditions de l’aube, 2000.