Michaël Glück | L’Espèce, texte pour un théâtre de la parole fondatrice

Un chœur feuilletant des instants de l’Histoire à ces endroits cruels où elle rencontre le quotidien des êtres et fait naître de l’horreur l’espoir timide de la foi en l’espèce humaine. Comme un oratorio.
M.G.


La Compagnie du Théâtre du Jarnisy, fondée dans les années soixante-dix, développe une démarche singulière de création artistique qui s’inscrit dans le souci permanent de l’élargissement des publics.

Construite sur l’affirmation que le théâtre est l’un des rares lieux sociaux où la parole des dramaturges, des poètes, portée par les acteurs, rencontre la parole du monde, celle des spectateurs, elle s’appuie essentiellement sur des créations d’œuvres d’auteurs contemporains (souvent commandes d’écriture), destinées à tous les publics, ceux qui fréquentent les théâtres et les lieux institutionnels de la culture, mais aussi à ceux s’en sentent exclus.

Elle est également fondatrice et maître d’œuvre, depuis 1997, du Festival de Théâtre Intime, aventure artistique contemporaine à travers le territoire de l’ancien Bassin des Mines de Fer.

L’écriture de L’Espèce, une commande de Bernard Beuvelot, qui avait découvert certains de mes textes de théâtre et les avait travaillés avec des lycéens et des amateurs, a été terminée lors d’une résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon en avril 2005.

Mise en scène : Bernard Beuvelot.

Distribution : Laetitia Pitz, Hervé Lang, Valéry Plancke,

Création : Festival Théâtre de l’intime : 23 / 24 / 25 juin 2005

Lieu : Ferme de Neuvron. Même distribution mais cette fois dans une mise en scène d’Anne-Margrit Leclerc.


L’ESPÈCE

pour le théâtre du Jarnisy

1.

A

je peux // vous toucher / je peux / je peux vous toucher // la main l’épaule le visage / je peux // je n’ai pas dit le cul ni le sexe / non // la main l’épaule le visage / je peux /// ma demande est incongrue / insolite sans doute // ce ne sont pas des choses qui se demandent / je sais / au vu et au su de tous / je sais / une demande pareille // ordinairement on ne demande pas / on fait / on assume ce qu’on fait // ça dérange / un peu / pas du tout / et puis ça passe / on passe / à autre chose on passe / ou pas / moi / je demande // ça vous dérange que je demande / une chose pareille / en un lieu pareil / ça vous dérange /// vous avez vu mes mains / vous les avez bien regardées

B

s’il vous plaît je vous en prie s’il vous plaît /// ne me regardez pas comme si vous vouliez être à ma place /// vous ne la connaissez pas ma place // au milieu de vous // comme tout le monde // au milieu du monde / mais vous ne savez pas / vous ne savez pas encore / qui je suis // comme tout le monde / ni ce que j’ai fait / ni ce que je suis capable de faire / ne me regardez pas comme si j’étais là pour vous représenter // vous ne m’avez pas élu / ne me regardez pas comme si le pire dont je suis capable vous n’étiez pas vous aussi capable / de le faire / de le commettre / vous et moi / nous avons le même sang dans les yeux /

C

incroyable non toujours pareil j’ai beau souvent la plupart du temps m’y prendre autrement rien à faire c’est toujours la même chose à croire que ça n’arrive qu’à moi ce type de situations enfin plutôt la répétition de ce type de situations parce que voyez-vous non vous ne voyez rien c’est une image une façon de parler je sais ça aide seulement à prendre contact avec vous mais je sais très bien que vous ne voyez rien je disais donc que incroyable c’est vraiment incroyable j’ai beau appeler plein de gens leur demander de me réveiller à je ne sais pas à disons oui disons 06h 17 mettre le réveil à 06h 18 le téléphone à 06h 20 enfin bref j’ai beau prendre toutes les dispositions et bien tout foire j’arrive systématiquement mais vraiment systématiquement après ou bien systématiquement mais vraiment systématiquement avant mais quand c’est dans ce sens je m’impatiente alors bien sûr très vite je repars puisque rien ne se passe je repars bien sûr et le résultat est le même que quand j’arrive systématiquement mais vraiment systématiquement après enfin en clair parce que je sais bien que vous ne voyez rien en clair moi je ne vois jamais rien de ce qui se passe puisque toujours j’arrive quand ce qui doit se passer ou bien ne l’est pas encore ou bien l’est déjà passé en clair quand j’arrive c’est toujours après ou avant la bataille mais jamais pendant

2.

Femme :

là, du miel, bon n’est-ce pas, le miel, bon... n’est-ce pas... pour la voix... vous... plus de voix... le froid... le froid... la neige, plus de voix... je vis seule... la voix... les voix c’est dans la tête, mais tout de même je me dis, la voix d’un ange, tout de même... un ange vient là et dit : tout de même je vous aime, mais là mon ange, il ne dit rien... fait chaud... pas trop chaud l’ange... là... le châle... trop chaud l’ange, trop chaud un châle... rouge et moite...rouge et moite le châle de l’ange... sang... oui c’est ça... du sang... la rouille des mots dans la gorge... c’est ça... l’ange a vu la mort... c’est ça... rouge et noir... la gorge... à vif... là là...tout doux... vers le lit... là là... mirédo dodo l’ange... je berce un ange... je berce un ange... tout doux... un pas puis un pas vers le lit... tout doux... bien... très bien... tes beaux yeux... bleu du ciel dans les yeux... tout beau l’ange... je rêve tu dors je rêve tu dors tu dis... pas tu ne dis rien... tu dors... je rêve je veille je dors... et les mains... si belles mains de l’ange... tes ailes sont tes mains, l’ange... dors... ne peut rien dire l’ange... dors... ne saigne plus... là... le cou... sang séché sang noir... dors... le cœur bat...

3.

Homme :

j’ai couru - longtemps - beaucoup - vers vous - je viens vers vous - pour me blottir contre vous - pour ajouter ma chaleur et ma peur aux vôtres - je suis là - sans armes - j’ai fui ceux d’en face - sans armes - croyez-moi - sans armes - je suis déserteur - je refuse le travail de la mort - je ne boirai pas le sang - comme ceux d’en face - qui sont les miens - je suis déserteur - pour eux un traître - certains ici parmi vous pensent que je suis un traître - que la désertion - je ne suis pas né pour écrire les pages meurtrières de l’histoire, non - je ne suis pas né pour jouer avec vos cadavres, pour rire et pisser sur vos ruines - je suis là - pour partager votre nuit - celle-ci au moins - quand le jour viendra tuez-moi si vous avez peur - ne me chassez pas - je suis fatigué - exténué - j’ai tué moi aussi - j’ai les yeux déchirés par les cris - je suis venu dormir - et parler - contre la terreur - parler

4.

à chaque vers, changement de locuteur

au plus bas / bas / bas / au plus bas balbutier / au plus bas
pas / pas / pas parler / au plus bas pas / non pas / même bègue chier les mots

pas dire / déféquer / lâcher les mots / au plus bas

pour vivre

pour survivre non / pour continuer / au plus bas / même au plus bas / à tenir

debout / même au plus bas / debout

parler oui / au plus bas / dans le sommeil / pourquoi pas
dans la nuit / dans la nuit

dormir souffrir / au plus bas

dans le lit de la nuit / dans les bras de la nuit / donner la voix contre

contre le pire et le pire

contre tout malgré tout

vociférer hurler

pour être et ne pas être

pour ne pas manger la merde du monde

pour en terminer avec la lente agonie des jours

des nuits

des nuits

voir dans le noir des nuits nocives

ton visage grandir

et dans le tremblement tenir / tenir

pour toi tenir

debout

debout

5.

ne plus chercher à comprendre / ne rien prendre / plus rien / savoir derrière chaque fenêtre la violence et le crime / ne pas faire comme si voir // et dire / voir le sang rougir les fenêtres / et dire / souiller les rideaux et les draps / et dire / arrêter de flâner dans les rues en ignorant les cadavres sous le bitume / arrêter de courir dans les yeux des affamés / chanter contre / voler les mots confisqués / arrêter d’agir, action / arrêter d’amuser les agonisants, action / arrêter d’accroître la misère du monde avec des promesses, action / chanter contre, action / ne plus agir / actions cotées en bourse / plus 6% / en finir / avec les massacres / avec nos humeurs complices / en finir

et rester / oui / rester / ne pas partir / ne pas fuir / même l’horreur ne pas la fuir / être de ce lieu, pourtant / dans les déchirures, pourtant / flammes du poème contre / souffle du chant contre / rugir dans les décombres / maudire les meurtriers qui se sont tapis en nous-mêmes

et rester / oui / rester / debout / somnambules / pour rêver / debout / somniloques / jusqu’à notre folie

6.

à chaque vers, changement de locuteur

parle

dis-nous

parle pour nous

dis-nous les mots

et la naissance du monde

la violence le chaos la guerre

dis la guerre intérieure ton corps blessé

dis les frontières qui te traversent territoires meurtris

dis-nous le cancer du monde qui te ronge

chacun de nous est territoire occupé chacun de nous terreur

dis dis-nous l’histoire qui nous insulte qui nous tue

raconte les morts ceux d’ici ceux d’en face les morts

chacun de nous est assiégé chacun de nous le lieu de la cruauté

combien de morts aujourd’hui combien demain la haine nourrit germes de haine

dis-nous tout ce que nous savons chacun de nous terreur

quelles bombes amorcées en chacun de nous combien de morts

parle avant les combats avant les mots de boucherie

dis-nous la peur qui viendra la peur

et dis-nous la fin du monde

la fin sans fin du monde

dis l’espèce humaine avilie

dis-nous les mots

parle contre nous

insulte crie

vis

7.

Femme :

vous faites l’Histoire, sans nous, contre nous. Nos garçons grandissent et vous les refaites à votre image et ils viennent nos fils, ils viennent, ils nous arrachent nos papiers ou vitriolent leurs sœurs. Mais c’est quoi donc une femme pour toi, et pour toi ? et pour toi là-bas ? un tapis qu’on bat avant la prière, une boîte de conserve sur laquelle tu jettes ta pierre et ta haine ? Toutes des putes sauf ta mère ? toutes des salopes ? et la mère de ton voisin, sa mère, une pute aussi. Si, si tu l’as dit et après : la guerre, toujours la guerre. La haine des femmes, la guerre. Vous voulez faire mon procès, faites.

Vous avez assassiné l’homme que j’aimais et vous m’accusez de ne pas respecter les lois... Parce que vous avez peur. Vous tuez par peur. Vous égorgez, vous éventrez par peur et l’un de vous viendra m’arracher l’enfant pensé et conçu avec un homme que j’aimais. Vous voulez savoir, alors écoutez si vous le pouvez, écoutez. J’ai posé nue pour l’homme que j’aimais, oui, j’ai fait cela et quand il dessinait mon sexe, c’est mon âme qu’il dessinait, quand il dessinait mes seins c’est la nuit de Dieu qu’il dessinait, quand il peignait mon visage... blasphème, vous murmurez blasphème, oui, je suis celle-là, oui, je suis celle qui blasphème... je ne me tairai pas, jamais, jamais... je ne me défends pas, j’attaque, je n’ai pas à me défendre. L’homme que vous avez tué m’aimait comme je l’aimais, je ne me tairai pas. Je n’ai pas de haine des hommes à opposer à votre haine des femmes, non je n’ai pas. Certains d’entre vous, je le sais, je le vois, ont été, comme mes sœurs, humiliés. Je parle pour mes sœurs et mes frères humiliés. Les mots contre la haine, car vous ne connaissez que la haine, ces mots-là, un jour peut-être enfanteront des roses... Non, rien n’est grand devant l’amie l’amante ou l’amant, rien n’est grand, rien et je parle sans haine... je suis en colère, seulement en colère.

.

8.

A : vélos rouillés contre mur

B : voitures compressées contre un mur

A : brouette à moitié calcinée contre mur

et hommes, moutons apeurés, yeux bandés

B : j’ai vu moi aussi, cela aussi je l’ai vu

et les visages des femmes

A : mouchoirs qu’elles enfonçaient

dans bouche d’enfants

B : et moi j’ai vu les soldats

A : et j’ai dans les yeux colonel

qui riait en pissant sur corps de femme

B : nous roulons à travers un paysage de flammes

sous le soleil soleil

je vois entre les pans de la bâche qu’ils ont nouée sur nous

A : je vois deux chiens

B : et moi aussi j’ai vu, vu de mes yeux vu

A : chiens se disputant main d’humain

tête de poupée-chiffon

dans poussière

B : nous étions dans la caravane des camions

les camions se sont arrêtés le colonel a dit

ci-gît le point au bout de vos récits

A : je me souviens il a dit je m’appelle Colonel

colonel Colonel c’est drôle hein a dit

B : premier qui se marre qui se fout ma fiole

je l’empale c’est drôle hein

C : quelqu’un aurait quelque chose à boire

9.

ici chacun s’arrête

ici chacun est arrêté

dans le temps

ici hommes et femmes

et enfants

oui hommes et femmes et enfants

ici rassemblés

dans un théâtre

dans un théâtre ou dans la guerre

dans un théâtre toujours en guerre

entre un dedans et un dehors

chacune chacun ici venant

abandonne quelque chose

vous donc

oui vous et nous ici venant

dans ce lieu dans ce temps

dont nous sommes victimes

dont nous sommes bourreaux

vous donc et

moi

moi

ou moi ou toi

vous nous donc

entre vie et mort

dans le jeu de vivre

entre vie et mort

nous voici

piétinant

depuis des siècles piétinant

nous voici

et nous piétinerons encore

nous voici vous voici

ruines d’humanité

ou germes

oui germes d’humanité

dans les ruines d’humanité

chacune chacun au bord des lèvres des morts

à l’écoute pourtant à l’écoute oui

d’un chant d’amour

mais vous retournerez à la nuit

pour l’éventrer encore

10.

commencée oui toujours déjà commencée division toujours déjà commencée scissiparité toujours déjà commencée depuis chaos du premier jour toujours déjà commencé et frappe et tape et déchire et pire commencé le pire et le mal murmurés des départs toujours déjà commencés comme toujours une nuit éventrée d’où sortent monde et immonde et crépitement d’étoiles toujours déjà commencé avant premiers mots sur nos lèvres avant premiers mots qui font mal et pire dans le ventre et le plein dans les trous de la tête le plein le plein gémissements et toujours déjà commencés dans nuit du ventre et lèvres et bouche sont nées de déchirure dans la tête à peine et pourtant toujours déjà commencé là dans les narines dans les oreilles dans les yeux dans la bouche oui toujours déjà commencé chaosmos cosmos chaosmose et toujours déjà commencée la fresque du monde toujours déjà là avant le corps qui titube là entre toujours déjà commencé et toujours déjà commencé et s’éloigne ou revient et repart ou s’éteint et tombe là tombe dans toujours déjà commencé car depuis commencement toujours déjà là l’absences des lèvres et toujours déjà là présence des lèvres et oui quoi non et oui et non car déchirure et de cela naissent l’entre oui et non naissent corps os et muscles chair viande de nous qui tremblons dans toujours déjà commencé où là où le ventre contient les cris qui là depuis générations et générations de cris toujours déjà là avant avant que même avant que nos lèvres s’ouvrent se ferment se déchirent insultent profèrent avant que mots dilacèrent l’étoffe des mots l’étoffe des jours et toujours déjà commencée la fin oui la fin oui quoi non même la fin toujours déjà commencée dans première tête d’épingle condensant la pensée viande de tête et viande de ventre où vers nous rongent et poussent à dire vociférer luciférer porter lumière des mots hors de la bouche pour dresser contre cela qui toujours déjà là toujours commencé fait obstacle au silence des soumissions car toujours déjà commencées aussi les soumissions contre lesquelles debout pourtant debout nous et vous et moi tentons vous et moi debout de nous ériger contre vacarme où voix s’atrophient et vois retombent en trou noir tohu et bohu tohu et bohu et cohue et ruées nuées de mouettes à peine nées dans le commencement nuées de cris de mouettes là au fond de la gorge quand tout déjà depuis toujours là commencé quand tout depuis premier crissement frottement déchirement de matière tout déjà commencé quand tout obture déstructure parle en tueries ouverture déchirure et encore encore déchrirurlement déstructurlement ouverturlement le monde le monde ne s’apaise jamais jamais ne s’est jamais apaisé compte les vivants et les morts engendre engendre et hurle encore hure et murmurlement oui cela encore incarné murmurlement dans commencé toujours recommencé monde et immonde à la fois sans début ni fin, dans le rebut du monde où les mots enfin bondissent se hissent depuis la nuit jusqu’à la lumière depuis le pas tout à fait rien ni néant qui toujours déjà commencé fait broderie sur le noir et lumière sur le noir et pousse encore engendre pousse et vide et plein et vide matière au creux de matière et vide et matrice matriciant le ciel et matriciant terre et sans nom nous sommes sans nom prolifération de sans nom au bord du monde pas encore pas tout à fait car pas encore nés nous sommes pas encore nous sommes dans le commencé depuis toujours déjà dans toujours commencé déjà depuis la nuit de matrice et la nuit de caprice matière mère s’engendrant et engendrant générations d’engendrés et d’engendrements mots brulurlements dans le silence au bord grand silence au bord de toujours déjà là pas encore nous pas nous là enfouis là sous nuit nuit nocive

11.

l’espèce

ici

l’espèce

nous oui

toi et moi

et toi toi

nous face à vous

nous au milieu de vous

vous et nous

nous

de l’espèce

et toi et moi

elle lui nous

vous et nous

nous

de l’espèce

et les absents

les lointains

les vivants au-dehors

les ensevelis

les à venir

les violents et les apaisés

les belles et les rebelles

nous de l’espèce

engendrant l’espèce

ou massacrant

nous

dans le pluriel des langues

dans le pluriel des dieux abandonnés

dans le pluriel des douleurs

et des joies

oui des joies aussi

l’espèce

pourtant l’espèce

avec cris d’autres espèces

injures

semonces

nous oui nous

vous aussi

et ceux qui n’ont pas

jusqu’ici trouvé chemin

ceux qui n’ont pas su

qu’ils appartenaient à l’espèce

aux vivants

ceux qui ont tenu dans la suite des jours

leurs jambes repliées sur leurs besoins

ceux qui n’ont rien dit

vous et nous qui n’avons rien dit

l’espèce oui

nous sommes vous et nous

nous

face à vous

au milieu de vous

et vous et nous

au milieu du monde et de l’immonde

espèce

oui espèce

nous sommes de l’espèce

nous sommes

humains malgré tout

de l’espèce des parlants

même si jusqu’alors

nous n’avons ici

en ce lieu où nous sommes vous et nous assemblés

ici assemblés

même si jusqu’alors

nous n’avons rien dit

nous avons parlé oui

mais nous n’avons rien dit


De Michaël Glück, nous avons publié récemment Dans les marges d’un livre sans fin me revenant.

27 juillet 2006