Martyre de saint Processe et saint Martinien, BNF
« Selon la lumière du moment, il y a
des ombres et des couleurs
projetées, des taches d’eau
sur l’écriture.
Malgré les ordres les mots comme les corps
communiquent entre eux par capillarité »Emmanuel Hocquard [1]
Tarkos à l’Université : titre racoleur ? et comment donc ! "on" assume, et de plus voilà qui contredit heureusement une assertion naguère formulée ici même : « à ma connaissance cet ouvrage n’a pratiquement pas été commenté » [2]
Jean-Marc Hémion, enseignant de philosophie, Membre du CERCI (Centre de Recherche sur les Conflits d’Interprétation - Université de Nantes) lors d’une journée organisée par ce centre autour des studium et punctum du proème, à travers certains de ses « précurseurs » et « continuateurs », Arthur Rimbaud, Christophe Tarkos, Valery Afanassiev, José Angel Valente : « La pensée qui doit aller plus vite que son propre accomplissement, que le cataplasme des sols et des murs, plus vite que les séries de chaque station, plus vite que les nuées blanches et rondes des choses innombrables, rangées, pulvérisées, dort ». (Christophe Tarkos) a fait une communication que l’on trouve en ligne :
Desserre, la comptine de Christophe Tarkos.
Voilà qui est heureux, qui est à lire, le vent [3] qui souffle où il veut, souffle ici sous les jupes des femmes, ce qui est plutôt réjouissant, belle vocalise sur le yod (je renvoie volontiers aux leçons de ténèbres (Ah ! Deller ... à lire comme vous le voudrez) et plus particulièrement à celles de Valente :
La main : alliance de la main et de la parole : d’aleph à tav s’étend yod : le temps indivis : la durée de toute existence tient dans la première lettre du nom : je ne pourrais franchir ce seuil : ma voix n’est pas nue : la main est une vibration très légère comme un souffle d’oiseau ou comme l’éveil : ce qui est fait de temps n’est pas fait de temps : je ne passerai ou n’en- trerai pas dans le nom : exil : je séparerai les eaux pour que tu parviennes jusqu’à moi, as-tu dit : la main est un grand oiseau enflammé qui vole vers te couchant et se consume comme une torche d’obscure lumière. )
et départ pongien (inventer sa propre rhétorique, on le sait, relève du Salut public) toutefois rapidement corrigé au bénéfice de la comptine, du comput divin qui fait les beaux contes sinon les bons comptes en tous cas les bons amis.
Puisque heureux le peuple qui a la science de sa jubilation (Augustin, enarrationes in psalmos), à lire donc : aussi savant que réjouissant.
Les éditions Virgile (naguère Ulysse fin de siècle) s’en réjouiront également : sur ce site, trois fois plus de consultations ici que d’exemplaires imprimés, à quand le retirage ?
Pour y encourager, cette page extraite de la belle anthologie Ulysse fin de siècle vers et proses, où figure Tarkos en compagnie de Zukofsky, Ray di Palma, Palmer (vous voyez où je veux en venir ?) :
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, je vous abandonne à l’écoute d’un conte-comptine : « Trois petits cochons » en hommage à Tarkos, réalisé par Simon Rayssac, étudiant à l’école des Beaux Arts de Bordeaux, où j’avais eu le grand plaisir de venir présenter l’auteur de Pan !
Mais il n’est pas interdit de relire ou de prendre connaissance de l’hommage d’Ivar Ch’Vavar : Au tombeau de Tarkos.
[1] L’Invention du Verre, éds POL, p. 64)
[2] Cf. notre chronique Christophe Tarkos/Processe, la poésie consubstantielle à la vie.
[3] Paraclet ! vent frivolant