Hélène Sanguinetti | Ô III

En haut, sonne, nuage arrêté flocon fleur neige soleil Petite sauvée
De miel le baiser sur la table un crâne de mouette buvant
Roulé en bas, malheur en boule
Toutes envahies passent en criant, Croyaient aimer être aimées les Belles ! et faut mourir décidément
HOLÀ ! STOFINO STOFILI LATCHOU OOH ––– langue des frères d’Huître et de Morue
––––– tirent sur la mousse
Et maintenant ils mangent
Aux dents noires où vent entre, À Sophia Maria sur les marches ––– petite fille Reine du basilic et des babouches ––––– joue, elle
Encore un museau de chien

Pêcheurs montent au sommet voient le carnage en bas, le tourbillon les a vus naître
Ils ont grandi
Sophia Maria se marie aujourd’hui, Sont pâles au balcon, DING ! DONG ! DJOOONG ! DJIIING !
LES AMOUREUX ! LES AMOUREUX ! Baiser de miel à pic. Pas de baiser NE ME TOUCHE
La porte se referma Puis des cendres sous la porte Aucune autre nouvelle, du gravier –––––––
Étoile paraît mouche s’écrase Carnage s’en va un peu plus loin : une enjambée
Puis Tourbillon revient, pas Carnage

A plongé malgré la nuit car a vu la pièce d’or au fond RESPIRER JUSQU’À TOI
OUVRIR MON BEC SI GRAND OUVRIR QUE JE TE MANGE JUSQU’AU FOND DU TEMPS
QUI MANGE
JE LAISSE MES PIEDS EN HAUT, LE RESTE AU FOND, BONJOUR PETIT MONSTRE
Puis remonta bras croisés, jambes croyaient au ciel, seules !
Puis entra dans sa cabane
Mit son chapeau de floconneur
Écrivit sa lettre
But le thé au basilic, relut : à La Douce Disparue
OÙ ES-TU SOPHIA MARIA MA DOUCE

Oh quels récifs déchirent   L’Accroché en sang
  pâle héros au capuchon
Et son ombre en sang descendus tous les deux aux Enfers-chez-les-Autres comment Remonter
maintenant ?
Laisse son sang Ombre boit à côté
L’Écarlate, mère et père des Mille Galets et des Nuages Renouvelés
remonte, gogolent et pfuiffent les filles
Sous sa tignasse, Sophia Maria a trouvé les yeux, a lavé le sel le sang, TE TOUCHE
Et lui, tord la lessive envoie la balle dans les buissons, Honneur
Se parlent NE ME TOUCHE rougissent en rougissant

Puis Mer revient vague entraîne vague le souvenir
Il y eut quelqu’un il y aura
Sable ou neige, mangeur de pain


Un mythe en cinq strophes. Un son, un son aigu, celui du désir.
La parole intérieure et celle des témoins, la plus intérieure et la plus extérieure placées toutes deux en capitales, comme cri.
Ceux qui ont eu la chance d’entendre Hélène Sanguinetti dire à voix haute ses propres textes connaissent son incroyable justesse d’oreille qui donne la voix de l’autre comme celle de tous.


Peinture originale d’Anne Baranek, accompagnée du poème d’Hélène Sanguinetti, pour le troisième numéro de Ô, revue éditée à 30 exemplaires par Les ennemis de Paterne Berrichon.

Vernissage le samedi 30 septembre à 18 heures, suivi d’une lecture d’Hélène Sanguinetti à 19 heures.
Exposition du 30 septembre au 18 novembre 2006. Ouverte du jeudi au samedi de 15 heures à 19 heures et sur rendez-vous.
Espace Liberté, 5, rue des Alpes, 26400 Crest. Tél. 04.75.76.74.83.

Laurent Grisel - 13 septembre 2006