République : face, profil

« OUVRIER. Toujours honnête, quand il ne fait pas d’émeutes. »
(Gustave Flaubert, Dictionnaire des idées reçues.)

Il y a quelques semaines, Le Candidat, pièce de théâtre de Flaubert, apparaissait sur les tables des librairies, notamment dans l’édition du Castor astral.

Au milieu de la marée des livres politiques des impétrants ou des repentis de la dernière heure, ceux-ci ayant plus de succès que ceux-là, il est toujours réjouissant de voir que les petits jeux d’appareil électoral avaient été épinglés par l’auteur de Madame Bovary dès 1874 !

Quant à la prochaine échéance du 6 mai, où le choix s’annonce clair, les (é)lecteurs qui se soucient particulièrement de la culture glisseront leur enveloppe dans l’urne transparente - si le bureau de de vote n’est pas encore « électronique » - en souhaitant que celle-ci obtienne enfin les moyens dont elle devrait être dotée, à la hauteur des ambitions que l’on déclare lui accorder.

Dimanche dernier, matin du 22 avril, la place de la République à Paris semblait impavide sous le soleil : il y a cinq ans, lors du deuxième tour des précédentes élections présidentielles, la gigantesque manifestation anti-Le Pen rendait son accès impossible.

Le bégaiement de l’Histoire est-il simplement un mythe ?

Dominique Hasselmann - 24 avril 2007