Cage Poetry

Image : Les Boîtes crâniennes de l’homme-singe de Stéphane Dussel






Aux quatre coins de la chambre, une cage. À l’intérieur, la décharge électrique des humiliations. Chaque cage doit être ouverte. Si personne n’ouvre les cages, un enfant mourra.




Si cela devait se produire, ma vengeance aurait lieu dans la vie réelle.




Je ne me souviens pas de mon pire accident, sinon qu’il ne concerne pas seulement la douleur physique. Et je n’ai aucune image de l’attaque, ni de mon/mes agresseur/s.




Ma rage me protège, elle me permet d’approcher, et de m’exposer vierge à la mémoire. De présenter mon corps nu, faible, tordu, à cette terreur sans cause.




Bien sûr, je pourrais ne rien faire et prétendre que je souffre, comme les autres écrivains. Pas besoin, dans ce cas, de changer la parole en perforation.




Car à quoi bon raconter mon histoire ? Je suis resté cet enfant doux, malade et triste que le langage a rendu fort, violent et heureux. Tout est dit.




Mieux vaut se taire, mieux vaut trahir, et laisser les cages fermées. Quatre cages, aux quatre coins de la chambre, à la dimension d’un corps de quatre ans.




Saturation Cage / Gion Cage / Fracture Cage / Justice Cage & bonus track Kitty Cage. (allumer les haut-parleurs de l’ordinateur)




Se sentir seul, c’est encore se croire digne d’amour. Rien ne surplombe. Naître détruit. Ensuite, plus rien ne compte.



Philippe Rahmy - 3 février 2008