Robenson D’Haïti | la faim des fins

la faim des fins a paru dans le Cahier de création de la revue au printemps 2008. L’auteur, Robenson D’Haïti, est haïtien. Nous n’avons pas eu de ses nouvelles, depuis. Nous republions aujourd’hui son texte en page d’accueil de remue.net afin de lui dire notre solidarité.
DD et PhR, janvier 2010.

Lire aussi Haïti debout et des extraits de L’Oiseau schizophone de Frankétienne sur le site de François Bon.


Robenson D’Haïti a étudié les arts plastiques à Thomson Education Direct. Il achève maintenant une licence en sciences juridiques à la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Port-au-Prince. Illustrateur et professeur d’éducation artistique, il travaille depuis près de dix ans comme cartoonist. Il est l’auteur de Portes Ouvertes à l’Imagination, Yon ti pwezi, epi mo yo pran flannen, Les mots en ballade… (en attente d’éditeur).
PhR, avril 2008.


Mes yeux ramassent ses regards
sur le spectacle
du vide écumant dans mes tripes.
Et je ne m’inquiète point.
Ton aumône n’aura pas le temps
de commettre son forfait
que la faim

en coulisse


m’aura totalement consommé.





*

J’habite inconfortablement,
mais dangereusement,

mon ventre creux.

Apprenez que la faim justifie les moyens.





*

Interrompez le courant d’air, madame.
Les fleurs se mordent les lèvres.
L’année d’en haut, ma femme a dilué la
nuit dans un verre d’eau pour m’empoisonner.
Mais, je renais matin - coquet
à côté de mon acte de déchets.
De m’avoir toujours si bien menti,
j’ai cru vraiment que le lobe de l’oreille de Van Gogh
lui tenait lieu de clitoris.
Alors, j’ai fouillé son sexe à coups de pinceaux
frénétiques, retouché la chute de ses cris
jusqu’au jour où elle n’envisage que ma mort.
Échouée, elle est partie en pleurs.
Depuis, j’attends chaque soir que m’arrivent
ses larmes dans lesquelles je ferai bon plonger.









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