Pour morts qu’ils soient…

Pour morts qu’ils soient, les morts ne sont pas de sitôt libérés de l’âge. Leur souvenir n’est pas seul en cause : ils entrent dans un cycle de saisons. Rythme mal connu, plutôt ternaire, assez lent en tout cas, avec, de loin en loin, des oscillations et des pauses, les voici cloués pour un temps sur une grande roue où, tour à tour, ils s’appesantissent ou s’allègent, les voici devenus, bien au-delà des horizons de la mémoire, rayons d’un soleil osseux.

Pierre Gascar, Le Temps des morts, 1953.

6 juillet 2008