à regarder ce qui ne se voit pas
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MorganeAuffret2007

Chers amis

« Tout ne pourra être vacance », était-il écrit dans notre dernière lettre. Depuis l’été est arrivé, mais je confirme : remue.net remue encore remuer ne cesse, même alangui remue remuant de nerfs, ce qui s’y déroule écrit, littéraire, plus espacé, est tout en nerfs,

à l’instar des carnets de Jean-Pascal Dubost : « Ça ne dit rien, ça ne raconte rien, turpitudes fantasmagoriques qui relèvent de l’apesanteur, parfois de la métaphysique, et pourtant, quelle beauté… » écrit-il à propos d’un écrivain, qu’à raison il aime et vante… et dont il est aussi question ici

« Comme on le sait depuis Lucrèce les yeux n’ont pas été faits pour voir. », et pourtant elle donne à voir et au-delà, Catherine Pomparat qui dans ce nouvel épisode de ses chroniques nous évoque un bien bel étrange corail…

Et remue nous donne à voir à lire aussi ceci, trace de qui même l’été persiste, loin des yeux toujours, loin des yeux. L’été ça continue on le sait et continue de le savoir même quand on voudrait bien mimer l’absence, mimer de se satisfaire du vent frais remuant les feuilles au-dessus de nos yeux mi-clos, c’est l’été et qu’on ait chaud trop chaud ou frais parfaitement on le sait, ça continue « Ils arrivent chassés par les sommets, les conférences, les directives. »
Merci à Dominique Dussidour de nous en donner à lire des traces. Vives.


Ils sont arrivés comment, avant de repartir. Forcément en marchant, en marchant vers, en marchant entre, entre les moyens de transport à moteur ils ont marché rampé couru. Marche.


« Dans la marche, je te dis : tu ne te verras plus dans mes yeux. Continue plutôt à maintenir les jambes qui tiennent ton buste. Surtout à regarder ce qui ne se voit pas, à fixer au dessus de la tête des gens. Tu verras, te dis-je. Là, juste au-dessus, il y a le dessin laissé par les anges. »—par Mathieu Brosseau (du site plexus-s.net).


Marche.


« Puisque la marche n’existe pas pour l’homme qui désespère, à condition qu’il désespère vraiment


constituant donc la forme la moins perverse du narcissisme

autrement dit la foi comme semelle usable jusqu’à la corde

 »
avec Bruno Fern et son texte trois enlèvements.


Marche et : arrête-toi.


« Se taire pour sentir vibrer son sang. », avec Shoshana Rappaport-Jaccottet.


Et reprend mouvement, remue, car ton corps ça c’est sûr lui ne cesse.

Pareil pour les musiciens interrogés dans « Comment peut-on être musicien ? », extraits de paroles recueillies de la bouche des improvisateurs et expérimentateurs accueillis au fil des ans au festival musique action de Nancy . Comme le saxophoniste Daunik Lazro : « Au sens d’excavation : Au fond, je n’ai aucune idée de ce qu’est la musique : un matériau, une matière, un domaine, allez… d’inconnu, d’inconnaissable… J’ai juste des sensations. »

Oui savamment et de toutes façons Corps dit et Corps écoute, même l’été : « Lorsque le corps ne sera plus sujet d’étonnement, chaque individu affrontera sa mort en tant que foule, et remportera sur elle une victoire définitive. », Philippe Rahmy


Mais aussi, en cet été où remue continue net :
Un encouragement à nous soutenir encore, en adhérant à l’asso remue.net






Paol Keineg


« Puisque toute vie est un échec, échouons toujours mieux. », en lisant enfin Paol Keineg rassemblé en une anthologie par Obsidiane et Le temps qu’il fait, éditeurs unis pour l’occasion – c’est Jacques Josse qui fait passer la nouvelle de cette parution.

Sophie G.Lucas


« On y laisse des plumes. » nous dit Armand Dupuy du Panik de Sophie.G.Lucas



Philippe De Jonckeere est photographe, sur la toile et dehors, en trajets, un rappel du bel appel récemment lancé pour cause d’appareil envolé, pour une idée aussi de ce qu’est encore l’internet participatif, grâce aux artistes du désordre...



Et Nathanaël Gobenceaux nous rappelle que dans le commerce-monde, « Le rayon produits culturels est un sous-ensemble du rayon bazar. »



Voilà, cet été encore remue.net ralentit mais ne vacille pas. Notre veille est active, à l’écoute. Bel été à vous en leur compagnie.

Guénaël Boutouillet - 21 juillet 2008