Nathanaël Gobenceaux et Amélie Delaunay | & SAND



Ce parcours fragmenté en Vallée Noire, pays de George Sand, fait partie d’un triptyque intitulé « Balzac&Sand&Rabelais » évoquant des lieux emblématiques de ces trois écrivains (Saché, le Berry, La Devinière).

Lire d’autres textes de l’Auto-géo-graphie entreprise par Nathanaël Gobenceaux.


George Sand et la Vallée Noire en 35 évocations, 5 photographies, 2 dialogues et quelques lectures

« Un habitant de la Brenne, en m’adressant des paroles trop flatteuses, me demandait, il y a quelque temps, où je prenais la Vallée-Noire. Cette question me pique, je l’avoue. Je viens dire aux gens de Mézières-en-Brenne, aussi bien qu’à ceux de La Châtre, où je prends la Vallée-Noire.
Eh, mes chers compatriotes, je la prends où elle est ! N’y a-t-il pas une géographie naturelle dont ne peuvent tenir compte les dénominations et les délimitations administratives ? Cette géographie de fait existera toujours, et chacun a le droit de la rétablir dans la logique de ses regards et de sa pensée. Si c’est un pur caprice de romancier qui m’a fait donner un nom quelconque (un nom très simple, et le premier venu, je le confesse) » (G. Sand, La Vallée Noire, 1846)



1. Voyage.
La carte 68 se reflète sur le pare-brise mêlant le paysage aux entrelacs de routes rouges ou jaunes, aux surfaces vertes.





Généalogie 1
Famille paternelle / Delaunay : Mes arrière-grands-parents étaient berrichons. Ils sont enterrés à Oulches. Mon grand-père - Jasmin Delaunay - est né dans le Berry, puis s’est installé dans le Vendômois où il fut agriculteur. Il a épousé Simonne Pohu. Ils ont habité Thoré-la-Rochette et ont dix enfants : Bernard, Jacques, Michel, Jean, Geneviève, Madeleine, Odile, Paul, Pierre, Louis, mon père. Mon grand-père mourut en 1981 ; ma grand-mère en 2007.



2. Restaurant 1
Le Relais-Clion, « les routiers sont sympas ». Le plat du jour est hachis-parmentier, salades à volonté, dessert. Assis en face de moi, Monsieur dit que si nous allons à Oulches, il y a ses grands-parents d’enterrés. Pour J., la belle-grand-mère maternelle de Madame, c’est du côté du Blanc. Ca a fait jaser d’ailleurs, cette histoire.





Généalogie 2
Famille maternelle, famille Praud. Mes arrière-grands-parents vivaient au Blanc. Ils ont eu plusieurs enfants, dont la petite dernière, Andrée, ma grand-mère. Malheureusement, sa mère décéda des suites de l’accouchement. Une nourrice assista mon arrière-grand-père pour l’éducation et les soins de l’enfant. Cette nourrice était veuve de guerre, mais contrairement à un usage établi, il ne se maria pas avec elle. Il rencontra la jeune institutrice du village lors d’une fête foraine. Andrée avait renversé du gâteau sur le bas de la robe de l’institutrice. Ils se marièrent et elle s’occupa de la petite Andrée comme si elle était sa propre fille. Andrée l’apprit vers l’âge de dix ans mais n’en parla pas à sa mère adoptive. Dix ans après environ, alors qu’elle allait mourir, elle voulut le révéler à sa fille adoptive ; celle-ci lui dit qu’elle le savait déjà.



3. CHATEAUROUX
Visite à la grand-mère qui parle de ses fils ; elle me jure qu’ils n’étaient pas méchants, mais qu’est-ce qu’ils ont fait comme conneries. « Tu te rappelles, ils avaient fabriqué une perche pour ouvrir les clapiers du voisin, alors on voyait les lapins sauter et manger les salades. » Et elle rit.





Généalogie 3
Famille maternelle / Famille Jutier : mes arrière-grands parents vivaient à Paris. Mon arrière-grand-père était boucher. Blessé pendant la Première Guerre mondiale à la jambe, il a dû abandonner son travail qui exigeait des stations debout. Il apprit alors le métier d’horloger. Il était installé boulevard Montparnasse. Mon grand-père – Georges Jutier – apprit le même métier. Comme sa santé était fragile, la famille décida de quitter la capitale et de s’installer au Blanc. Bref, ils ont fait le contraire de ce qui se faisait habituellement à cette époque !



4. Panneau routier
[Saint-Août] (en plein mois d’octobre)

5. Panneau touristique
[La Mare au Diable, première à droite]. La légende dit que si on passe devant « il convient de se signer de la main droite et de jeter trois cailloux de la gauche », nous passons au large. On retrouve des histoires similaires en Normandie (il faut jeter cinq cailloux avant de partir sinon une main sort alors de la mare et vous emporte au fond).





Lecture de La Petite Fadette
« mais il n’eût pas été de son âge et de son pays s’il avait aimé à se retrouver seul la nuit sur les chemins, surtout dans l’automne, qui est une saison où les sorciers et les follets commencent à se donner du bon temps, à cause des brouillards qui les aident à cacher leurs malices et maléfices »



6. Mauvaise conduite
(en colère) « Les Berrichons conduisent vraiment n’importe comment. À partir de Loches, ils conduisent n’importe comment de toute façon ! »

7. Livre
« La Petite Fadette », 1960, couverture bleue cartonnée, derrière : un livre J. (pour F. jusqu’à 14 ans). Livre jeunesse pour filles jusque 14 ans. Je ne corresponds à aucun de ces critères. N’ont-ils pas saisi la dimension subversive du texte ?





Photographie 1 : La Châtre, 19h47
Ambiance jaunâtre-réverbère / bleuâtre-sombre sur le fond, puis nouveau jaunâtre-réverbère // La rue occupe une bonne moitié droite du cadre / bateaux successifs amenant comme un mouvement de vagues / la pluie rend les marquages au sol brillants / Une rigole traverse la photo // Sur la gauche on retrouve une succession de maisons / rez-de-chaussée en garage ou en boutique / la première maison possède deux mini-balcons en fer forgé // en haut à droite on aperçoit un tout petit coin de ciel bleu turquoise // Une mélancolie certaine se dégage de ce cliché.



8. Restaurant 2
Sur les murs. À 90° : George Sand et un Chopin évocateur et érubescent. À 0° George Sand sur fond vert et rouge.

9. Rêves
Mal au crâne de nuit. Delirium plutôt mince avec George Sand partout. Multiples réveils nocturnes, sommeil agité, il est temps d’aller visiter Nohant.





MAISON DE GEORGE SAND À NOHANT (premier dialogue)

(Lui) - C’est une belle maison, Nohant, mais il y a quelque chose qui me gêne. La disposition des pièces, tout ça, ça ressemble plus à un hôtel qu’à une maison familiale, non ?

(Elle) - Ah bon ? Non, ça ne me choque pas. Elle est comme ça la maison, et c’est ainsi qu’il faut la prendre.

(Lui) - Quand même, la distribution des pièces, les couloirs assez étroits, les numéros aux portes des chambres…

(Elle) - C’est peut-être la cage d’escalier qui donne cet effet bizarre, elle est immense par rapport à la maison. C’est disproportionné.



Photographie 2 : Maison de G. Sand - Nohant, 12h04
Premier plan légèrement flou représentant le faîte d’un toit en tuiles plates / Puis la photo est partagée en deux parties inégales // le côté gauche est rempli par un grand arbre qui émerge de derrière la maison, un morceau de ciel gris le surplombe // la partie droite est occupée par un pan de la maison vu de dessous / la gouttière fuit presque verticalement vers le point de fuite / on devine trois fenêtres qui de droite à gauche ont les volets ouverts, les volets fermés, les volets battants // Ces derniers volets mal ouverts donc donnent une impression de vie, comme si G. Sand était en train de se réveiller / Sur ces volets on peut voir une sorte de trèfle à trois feuilles découpé en son centre-haut / le mur est ocre rose.



10. Sur le Livre d’or de la maison de George Sand
« Il faut absolument nettoyer les murs de l’église de Nohant, les blanchir à la chaux et ajouter des fleurs car Nohant a beaucoup de richesse et il faut les préserver. » Est-ce une blague cette volonté de blanchir les peintures médiévales de l’église ?





VILLAGE DE NOHANT (deuxième dialogue)

(Elle) - C’est étrange ce village, on ne l’imagine pas du tout depuis la route.

(Lui) - C’est une ancienne voie romaine cette route. Ils ne se sont pas questionnés pour la déplacer.

(Elle) - Ce village, on a comme l’impression, disons, qu’il y a quelque chose de faux. Pourtant c’est une reconstitution à l’identique. Mais ça met mal à l’aise.

(Lui) – À l’authentique … qui sonne faux. Sand Land. Tout le coin c’est un peu Sand Land : Un resto la Petite Fadette, un circuit George Sand et le romantisme, un musée George Sand, une école Gustave Flaubert…

(Elle) - En même temps, c’est la principale attraction touristique par ici.



11. Peinture (Château-musée de LA CHATRE 1)
L’école de Crozant, sous l’impulsion de la bonne Dame de Nohant, fait découvrir la Vallée Noire.

12. (Fac-similé de) Lettres de George Sand (Château-musée de LA CHATRE 2)
Petite écriture serrée et nerveuse pour Gustave Flaubert en 1869 : « Et je t’embrasse tendrement cher vieux. » Écriture plus ronde pour la cantatrice Pauline Viardot (G. Sand aurait-elle eu une aventure avec elle ?) en 1859 : « Chère mignonne, habituez-vous à mon écriture changée […] ayant la main brisée et contractée de fatigue. »





Sand & Balzac
George Sand m’est plus sympathique que Balzac. Ils ont tous les deux la volonté de se tourner vers une classe sociale qui n’est pas la leur : elle, aristocrate devenue républicaine, se tourne vers le peuple (« je ne puis rêver pour mes vieux jours qu’une chaumière un peu confortable dans la Vallée Noire », écrit-elle) ; lui, petit-fils de paysans, royaliste et fasciné par la noblesse, achètera un magnifique hôtel particulier en plein Paris.



13. Apparats (Château-musée de LA CHATRE 3)
Boucles d’oreilles en or et en corail ayant appartenu à George Sand, bracelet en ivoire et rubis ayant appartenu à George Sand, un des encriers de voyage de George Sand, le bloc d’améthyste qui servait de presse-papier à George Sand (don de Mlle L. Vincent)

14. Ornithologie (Château-musée de LA CHATRE 4)
« Une des plus grandes collections ornithologiques d’Europe » : Carapace de tortue géante, vertèbre de baleine, et au milieu un tableau : « La leçon de lecture ou l’éducation de la vierge » (Maurice Sand copie Delacroix)





Sand & Balzac
Balzac décrit Sand dans une lettre à Mme Hanska, sa future femme. Souvent il a eu tendance à mentir à cette femme sur sa relation avec l’écrivaine berrichonne, à désenjoliver cette dernière afin d’éviter la jalousie de la première. Ce jour-là il a écrit : « Elle est garçon, elle est artiste, elle est grande, généreuse, chaste, elle a les grands traits d’un homme. » Garçon et généreuse paraissent ici les traits les plus véridiques. Ce qui est amusant c’est que plus tard, c’est Mme Hanska qui rendra Balzac jaloux en fréquentant une relation de Sand, en fréquentant Liszt à Saint-Pétersbourg.



15. Église Saint-Germain de LA CHATRE
Exemple de négligence : le clocher fut reconstruit en 1895 suite à une donation ; mais aucun calcul de fondation n’ayant été réalisé, il s’écroula un an plus tard, entraînant avec lui la nef du XIIe siècle. Négligence devenue attraction.

16. Flash-info
Dans la voiture, on branche l’autoradio : « Le train Paris-Limoges a été l’objet de tirs entre Châteauroux et Issoudun. » Dans quel pays sommes-nous ?





Lecture d’Olivier Charneux
« La question du folklore me trouble beaucoup. Dans toutes les régions où il demeure, il est signe de culture oppressée, menacée […] mais il marque aussi pour moi un possible danger de régionalisme chauvin, une idéalisation et une glaciation du passé. »



17. Église de VIC
Saint Luc, saint Michel, les Évangélistes… Ces fresques médiévales auraient été découvertes à l’époque de George Sand. Elle aurait d’ailleurs pressé Prosper Mérimée de venir les inventorier pour les protéger.





Photographie 3 : Église de Vic, 16h24
Cadrage sans profondeur, le regard se heurte à un mur peint au Moyen Age / tons orangés dus à la couleur des murs mais aussi au manque de luminosité / pas de flash bien sûr // Une fresque représente visiblement la Cène, mais elle est très effacée, plus qu’à moitié / Une statuette du XIXe siècle représente un saint que je n’identifie pas / Un coin de l’autel avec une nappe orangée apparaît en bas à droite de la photographie / le long du mur se trouvent alignées six chaises / et près de l’autel un modeste fauteuil en bois sombre gravé d’un motif, pour le prêtre.



18. Flyers
Trouvé parmi les prospectus touristiques :
Déchets nucléaires
NON MERCI
Rejoignez-nous
Seule une forte mobilisation pourra faire reculer l’ANDRA





Sand & Balzac
Quant à Sand, de Balzac : elle juge son ami « puéril et puissant […] sincère jusqu’à la modestie, vantard jusqu’à la hâblerie […] très expansif, très bon, très fou ».



19. SARZAY
Matinée maussade. L’étrange château vertical sort à peine de la brume. Ambiance écossaise. Le propriétaire est un peu excentrique à ce qu’il paraît. Une camionnette arrivant à toute vitesse manque de nous écraser. Je lui demande : « Regarde comme le bas du château est abîmé, tu penses que ça peut s’écrouler ? »





Photographie 4 : Dans la campagne, 10h40
Depuis la voiture arrêtée sur une petite route / paysage de campagne / perspectives d’arbres nus / brouillard en arrière-plan donnant des airs fantomatiques à la végétation // un morceau de bitume rappelle qu’ici la route serpente et s’enfonce plus loin dans les sous-bois / excentrée sur la droite une borne blanche et rouge d’intersection / à gauche des panneaux indicateurs : Nohant 2,5km - D 51 vers la gauche / La Châtre 6km - D 49 vers la droite // un bouquet de fleurs vivaces dans l’herbe mouillée.



20. Jérusalem en Berry
Neuvy-Saint-Sépulcre et sa rotonde unique en France qui évoque / copie celle de Jérusalem. Construite par Eudes de Deols à son retour de croisade. Une vieille dame entre, dis bonjour, va poser un cierge et ressort. L’indication « tronc ÜÜÜ » est en bonne place sous la lumière. Nous remontons trois fois la minuterie.

21. Affiche
Sur le battant intérieur de la porte de l’église de Neuvy-Saint-Sépulcre : pour l’église non plus, l’argent ne tombe pas du ciel.
Ajouté au Bic noir : Et alors on ne croit plus en Dieu ?
Ajouté avec une flèche : Crétin.

22. CLUIS dessous
Une bien belle mine. Je m’y perds dans leurs différentes mottes, dans leur Cluis dessous / dessus. Sur le panneau d’explication, ils ont laissé l’étiquette du plexiglas : « HAUT, s’enlève avec les ongles ».

23. CLUIS dessus
C’est « le point de mire de tous les horizons de la Vallée Noire » selon George Sand. La place du marché est immense, peut-être l’équivalent de deux terrains de foot. La Poste est fermée, évidemment.





Lecture de Légendes rustiques
« Dans la région de l’Indre qui touche à la Creuse, la nature change d’aspect, les vallons s’enfouissent, les plateaux s’élèvent, la végétation prend de l’essor, les eaux se précipitent, les talus profonds se hérissent de rochers. Les traditions et les légendes sont pourtant plus rares dans cette région pittoresque que dans nos plaines ; mais elles sont généralement tristes. »



24. GARGILESSE
Vue de haut avec panorama sur un méandre de Creuse. Plat du jour : omelette au fromage. Par les fenêtres « Ah ! le soleil ». Elle note dans mon carnet [Elle est costaude la fille à la table derrière] ; plus tard je croise cette fille sortant des toilettes, en effet immense et charpentée. Par la suite je me surprendrai disant que le Berry doit se parcourir sous un temps maussade, sous une petite pluie brumisante afin de faciliter l’évocation des sorcières.

25. La Poste (GARGILESSE 2)
[Ouvert lundi et jeudi de 14h à 17h]
[Samedi de 10h à 12h]
- Un carnet de timbres, s’il vous plaît.
— Des jolis ?
— Oui.

26. Villa Algira
C’est le nom que George Sand avait donné à cette petite maison (offerte par son dernier amant, trois pièces en tout et pour tout fermées hors saison) en référence aux papillons d’Algérie qu’un microclimat permet de retrouver dans cette boucle de la Creuse.

27. Cris & feuilles (GARGILESSE 3)
Des cris, ce sont des moutons, pas des humains.
Elle me dit : « Ces feuilles qui tombent, on dirait de la neige, mêmes mouvements de chute indécise vers le sol. »

28. (GARGILESSE 4)
Le GEORGE SAND – BAR (terrasse) crêperie-brasserie.

29. CROZANT
Point de vue vertigineux depuis la Chopeline, les ruines du château sont fermées (on est hors saison), les autos-caravanes (ou communément : « campings-cars ») interdites. Un hôtel-restaurant (désert) au charme mélancolique est situé là, tout proche du vide, sur le piton rocheux.





Photographie 5 : Place de Crozant, 15h32
Un pan de mur en moellons / le mur est plutôt rougeâtre / une plaque bleue avec un liseré blanc indique que l’on est « Place de l’ancien presbytère » / un grand panneau en bois a été accroché avec des gros clous aujourd’hui rouillés à ce mur dans le but de servir de support aux affiches des annonces du pays // 2 affiches roses, 3 affiches jaunes, 1 affiche verte, 4 affiches blanches, 1 affiche bleue presque entièrement arrachée // « BONNU en sorcellerie, animations de rue le 19 octobre » ; « Le JEU des 1000 euros animé par Nicolas STOUFFLET » ; « SUPER LOTO, 1er prix : une machine à laver la vaisselle » ; « LOCATION DE KAYAK ; heures d’ouvertures des ruines du Château » ; …



30. Route de CROZANT à EGUZON
Je lui fais noter dans le carnet : suivons tracteur (limité à 25 km/h, avec des roues arrière crénelées et immenses) zigzaguant dangereusement, faisons prières à chaque virage et voiture contre-venant. Faisons dans le social en mettant la main sur le portable, prêts à appeler les pompiers ou les Alcooliques Anonymes.

31. Prix Nobel de littérature
Le Clézio attrape le prix, il se dit surpris. Il lisait quand l’Académie suédoise l’a appelé depuis Stockholm. Dans la bibliothèque de la longère, il y a une petite dizaine d’ouvrages de cet auteur, je suis attiré par un qui évoque l’eau : Voyage de l’autre côté.

32. Prohibition
—Voulez-vous un apéritif ? demande l’hôtelière.
Et elle ferme volets et rideaux. Y a-t-il encore de la prohibition en Berry pour agir ainsi lorsqu’on s’apprête à boire ?
Suivent des potins sur la région que la bienséance me censure d’elle-même.





Sand & Balzac
Je lis qu’il y a une préoccupation sociale chez George Sand quand elle évoque les paysans ou les ouvriers, quand elle se défie du progrès mal maîtrisé. Je me dis qu’il y a aussi une dimension sociale chez Balzac, mais de la haute société. Tout cela diverge d’avec Théophile Gautier (qui écrira les quelques poèmes d’Illusions perdues pour Balzac ; et qui dira qu’il s’est ennuyé comme dans un couvent de frères moraves lorsqu’il est allé à Nohant. Flaubert, le solitaire, ne tiendra que quatre jours aux blagues de potaches des invités de G. Sand) qui faisait de la littérature de l’art pour l’art.



33. Autochtone
Nous doublons une petite vieille, en robe (hiver comme été ?), avec un fichu, sur son vélo.

34. MER-SUR-INDRE
Un soleil parcimonieux s’étend péniblement sur le paysage de bocage et de forêts (d’ailleurs, malgré un temps propice, nulle sorcière jusque-là).
[Dîner dansant, salle des fêtes, Sam. 11 octobre, avec l’orchestre « Les copains de la Brenne ».]





Lecture d’Olivier Charneux
« C’est seulement à ce moment précis, quand la lumière décline et que les bois se transforment en masse sombre semblant annuler les prairies, qu’elle porte bien son nom de vallée noire. »



35. NOHANT (extérieur nuit)
L’enceinte, l’église sont illuminées couleur ocre-jaune, les réverbères envoient une froide lumière verte. Fantomatiques sont les chemins autour du village, les maisons secondaires sont abandonnées de leurs propriétaires (parisiens sûrement), le château se découpe à peine dans la nuit noire ainsi que l’ombre des deux cèdres plantés par l’écrivaine à la naissance de ses enfants, la lune émerge des nuages. Déception tout de même que la grande demeure ne soit pas plus éclairée.


Les Généalogie 1, 2, 3 ont été écrites par Amélie Delaunay.


Image de Philippe De Jonckheere, Green Greed, rayogramme sur polaroid, Chicago, 1990

17 mars 2009