Jacques Rebotier ⎜ Litanie des certitudes

Rien n’est moins sûr que la certitude
Rien n’est pas moins sûr que l’absence de certitude
Rien n’est pas moins sûr que l’incertitude
L’absence est moins sûre que la certitude certitude
Rien n’est-il pas moins sûr que l’inincertitude ?
L’absence d’incertitude ?
Rien n’est moins sûr que l’absence
L’absence c’est la certitude
Rien est moins sûr que l’absence
L’absence est moins sûre que l’absence de certitude
Rien n’est moins sûr
Rien n’est sûr
La certitude n’est ni plus ni moins que l’incertitude l’incertitude
La certitude n’est rien moins que l’incertitude
L’inincertitude c’est l’absence de l’absence
Sur l’incertitude, rien à dire
Rien à penser
L’absence de certitude c’est la pensée à rien
Rien est sûr
La certitude ce n’est pas rien
La certitude c’est moins que rien
L’incertitude n’a peur de rien
La certitude a peur de Rien
L’incertitude c’est la certitude + rien
L’inincertitude c’est : plus rien
La certitude c’est la peur

11. Modes de vie. Vie sociale.

11.1.
Les ommes se divisent en pauvres et en riches. Les pauvres nourrissent les riches.

11.2.
Mouvements de opulation.
Les riches se déplacent vite. Les pauvres lentement.

11.3.
Autre observation.
Les riches se déplacent assez souvent pour leur plaisir. Les pauvres, pour leur malheur.

11.4.
On peut avancer l’équation :

plaisir XXXXX malheur
=
vitesse XXXXX lenteur

11.5.
Pauvres riches.

11.6.
Dans son immense folie, l’omme a eu la sagesse de concentrer toute la richesse au nord, c’est-à-dire au haut de la boule numéro 2, sans quoi la boule basculerait sous le poids (du bien-être). D’aucuns tiennent que le nord est en réalité en bas, et le sud en haut. Aussi les pauvres sont-ils riches, et n’ont aucune raison de se plaindre.

11.7.
Les ommes tiennent leurs cartes dans le mauvais sens.

11.8.
Après leur mort, on suppose que les ommes ont une autre vie ( = une seconde chance). On suppose encore que les pauvres alors deviennent riches, et les riches pauvres. Mais ce ne sont que des suppositoires.

11.9.
Lorsqu’on montre à l’omme une carte dans le bon sens, il ne se retrouve plus.

11.10.
Le pli mauvais a été pris dès la première invention de la première carte.

11.11.
Lorsqu’on remet, remettra, les choses à l’endroit, on très bien voit que Le Nouveau York est côte ouest, et Les Anges, à supposer qu’ils n’aient pas disparus, côte est.

11.12.
Ainsi, lorsque la France existe, ou exista (existera ? ), on a l’océan sur sa droite, Brest est à l’est, la ville du Strass à main gauche, et la Corse en haut, comme il se doit.

11.13.
Aussi les Patagons et leur absence d’ours blancs vivent-ils au sommet, de la banquise, et du lobe errestre, pour l’éternité.

11.14.
Mais combien habitent la boule numéro 2 ? Autant qu’il en loge dans la boule numéro 1 : en an 2000, il y a, il y avait, il y aura six milliards d’habitants sur la erre, et autant de neurones dans votre pot.

11.15.
Autant que de globules rouges dans un des centimètres cubes de votre sang.

11.16.
En an 2000, il reste, a resté, ne restera pas plus d’environ 500 lions et 3. 000 hippopotames.

11.17.
Il y a sur l’erre 5, 5 milliards d’erriens dans le besoin, et 500 millions hors de besoin. Le nombre cinq est la figure la plus aboutie de l’injustice.

11.18.
De l’erreur, des erreurs (cinq cent millions).
Il y a autant de riches sur erre que de spermatozoïdes dans une émission de foutre (jaculat). De riche.

11.19.
Pour ramener ces chiffres mauvais à la raison trois, il suffit de changer :

11.19.1.
le moment (attendre).

11.19.2.
le nombre (voir massacre).

11.19.3.
le mode de comptage.

11.20.
Pour modifier le mode de comptage, il suffit de changer d’unité. Ainsi, par le simple fait d’adopter une nouvelle équivalence : 1 errant = 1, 833333 habitant(s ?), les 5,5 milliards d’erriens deviennent 3 milliards d’errants.
Et les 500 millions de riches, 272 millions 727272 erreurs.

11.21.
Avantage : la diminution de l’errienne population.

11.22.
L’opulation des riches n’a pas cessé de vivre dans l’opulence.

11.23.
L’erre est errible, erratique, errifiante, errifique.

Jacques Rebotier / description de l’omme / chapitre 11 (inédit)