Ikko is dead.

« L’association IKKO met un terme à ses activités. Pour autant, dans l’attente d’une éventuelle reprise du fonds, la diffusion et la distribution des ouvrages du catalogue se poursuit sans modifications. »

IKKO s’arrête.

IKKO qui publia les textes
de Théroigne de Méricourt !!!!!!
(connaissiez ? 1794 : il est temps que les femmes sortent de leur honteuse nullité.)
de Hannah Weiner !
de Gilles Toog !
de Alain Robinet !
de Alex Pou !
de Mathieu Nuss !
de Mao Tsé-toung !!!!
de Vassili Malychev !
de Marius Guérin !
de Ferdinand Gouzon !!
de Saint-Just !!
de el&la !
de Jérôme Bertin !
de Michaël Batalla !
de Michel Valprémy !
de Vélimir Khlebnikov !!!
de Carla Harryman !
de Sylvain Courtoux !
de Mehdi Belhaj-Kacem !
de Pierre Albert-Birot !
de Laurent Albarracin !

IKKO qui édita les livres

« Via » de Fabien Vallos
(Voyage en Italie et en peinture italienne
Ou : ce que les livres d’Emmanuel Hocquard
font au regard.)

« Graph-machine » de Henri Chopin
(Machine à écrire, machine à produire, poésie)
La dernière épopée de Charles-Mézence Briseul
(Expresse épopée de Sumer à Dubaï)
« L’Idieu » de Christophe Manon
(La Genèse, pour dieu pour idiot, les deux.)



IKKO qui sortit les deux monstres (!)
que furent « MIR n°1 » (presque 1 358 pages !)
et « MIR n°2 » (presque 24 985 pages !)

sous-titrées Revues d’anticipation.

IKKO qui fut donc un moment de l’évolution de la poésie en France,
moment traversé par des héritages disparates (certains sont presque instantanés)
finalement cohérents au vu des textes édités :
au moins lettristes et méta-graphiques mais pas que,
au moins grammairiens mais pas que,
au moins lyriques mais pas que,
au moins athées mais pas que,
au moins expérimentaux mais pas que.
Et posé au milieu (pas au centre : il n’y a pas de centre)
les Révolutions de 1789 à la Commune à maintenant, les avant-gardes
et la fin des avant-gardes (fin a aussi le sens de but).
IKKO associait deux jeunes poètes : Antoine Dufeu et de Christophe Manon. Et ces deux là continuent, de toute façon, à écrire et à publier sous leurs noms respectifs. Christophe Manon vient de publier « Univerciel » chez Nous ; Antoine Dufeu devrait sortir « « Abonder » » aux mêmes éditions Nous. IKKO ne meurt pas, car ce dont il était question avec ces livres et cette revue, ça ne meurt pas : ça se disperse. Et on veut dire : que ça gagne du terrain.

ET : LES LIVRES D’IKKO SONT TOUJOURS DISPONIBLES.

Frédéric Laé

2 novembre 2009