Alain Subilia | To be a carillonneur 7

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             Sur le promontoire le narrateur rêve :

             Qu’est-ce que l’ombre d’une figure ? Elle qui nous a guidés tout le long de notre déambulation sans que nous ne puissions mettre la main dessus. Elle nous aura davantage découverts que recouverts de son obscurité. Elle nous aura porté là où nous n’imaginions pas aller. Elle ne s’est pourtant attardée nulle part s’échappant toujours des lieux avant nous. Elle a dissipé un peu de son sommeil au creux du jour afin que nous puissions la rejoindre dans notre éveil. Elle a embrassé nos absences de sa silhouette et elle a ri de son sourire sans chair aussi large que plusieurs saisons rassemblées. Ce n’est pas son revers que nous avons côtoyé ni son envers mais la trace extrêmement lointaine poudreuse cendrée argentique et numérique de son apparition un jour sur cette terre que nous avons approchée. Les bulles qui éclosent dans la surface du réel d’un irréel que nous creusons dans la bordure du réel nous approchant de la mort et de ses habitants de ses passagers et de leurs maisons cette surface minuscule minimale infime infinie qui nous sépare de la mort et qui fait que nous nous sentons être en vie et qui nous permet de regarder obstinément la mort dans la vie comme sa possibilité et la seule chance de ressentir la vie. Cet irréel crépite en son feu de fabulation, de fable, de fantaisie, de fantasmagorie, de fatrasie, de glissement, d’équivoque ouvrant sur la représentation et ses broderies tournant autour de cet au-delà de la vie qui est l’empire de la mort origine de la fiction… Une clochette tinte nous indiquant de tourner la page… Mais à présent je préfère me taire…

             Personnages (par ordre d’apparition dans le récit) :

             Le narrateur

             La voix de l’interlocuteur au bout du fil

             L’instigateur de l’exhumation du général instin

             L’ombre du général instin et son ombre

             Le chœur des vieillards

             Le contact



             Décors (par ordre d’apparition dans le récit) :

             La table de travail

             Les environs de la maison

             Le lieu de l’exhumation

             Le château mental

             Le promontoire et sa terrasse

             L’amphithéâtre de lumière

             Le campanile à la fenêtre

             Les échafaudages de la fin



             Je tiens, pour terminer, à remercier Yun Sun Limet dont la lecture de l’ouvrage Maurice Blanchot critique paru aux éditions de La Différence m’a permis d’insérer dans la bouche du narrateur la phrase de Maurice Blanchot « Il n’y a que les apparences, il n’y a que les apparences, et comment s’y fier ? » dans le troisième épisode,

             ainsi que la traduction des Ballades de Friedrich Schiller par Raymond Voyat parue aux éditions Mille et une nuits dont a été tirée et légèrement modifiée la chanson du général instin dans sa chute également dans le troisième épisode,

             ainsi que la traduction de L’Ecclésiaste par Henri Meschonnic, sous le titre « Paroles du Sage » dans Les Cinq Rouleaux parus aux éditions Gallimard, dont l’une des phrases les plus célèbres figure sur le fronton des échafaudages devant lesquels le narrateur se trouve dans le sixième épisode,

             ainsi que Dominique Dussidour grâce aux textes d’interprétation géomantique de qui j’ai composé les échafaudages qui ouvrent le début du sixième épisode.


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18 mai 2010