Le médecin appliqué I

T o t e s H a u s u r

Gregor Schneider, Haus u r,

Biennale de Venise 2001, pavillon allemand.

Visite de la Maison » ©vidéo-saisie d’écran


Documentation in Maïté Vissault http://id.erudit.org/iderudit/35352ac



"Matériaux & outils"

image ci-dessous, in Frédéric Léal, Le Peigne-noir,
Éditions de l’Attente, 2004.

images reproduites dans "Le médecin aplliqué II" (à venir)
de haut en bas

Klara Lidén in LE BEAU VICE

Klara Lidén, Unheimlich Manöver, 2007.

Frédéric Léal, Mismatch, Éditions de l’Attente, 2002.

Gregor Schneider, Toter room, Tokyo 2010.

Laurent Cerciat, Les pierres rouges, 2009.
Dossier ci-joint

Gabriel Orozco, Table de travail, Centre Pompidou
jusqu’au 3 janvier 2011.




Lectures

Fred Léal

Délaissé

P.O.L. septembre 2010

vidéo Jean- Paul Hirsch entretien avec Frédéric Léal

Frédéric Léal
Éditions de l’Attente

Mismatch, 2002.
Le peigne noir, 2004.
In Terroir gâteau, 2005.
Le Peigne rose, 2007.


Emmanuel Aragon est l’auteur des phrases écrites en petites capitales sans accent dans la première partie de la chronique.
Voir les trois premiers béquets.

Les mots marqués d’un astérisque sont référencés dans un “index des béquets” (à venir).

Le béquet n°4 (le cinquième) aborde la question des intervalles.
Il la met en pratique.
Publication en deux parties :
1. PIERRE BEQUET fiction. (le 28 octobre 2010)
2. Table de travail du béquet (le premier novembre)






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Béquet n°4


Zone sous chantier





« Tu baignes sans doute dans ce qu’on appelle la réalité. Tu vas te perdre » dit PIERRE BEQUET. Il se penche assez sur le bord de la plate-forme pour voir les vêtements déchirés de la femme et le sang collé. Elle peut bouger les bras. Elle frotte la boue autour de ses pieds.

TU AVANCES SUR LE FIL DU MUR TU FAIS COMME POUR TE BLESSER TE BLOQUER TU NE SAIS PAS CE QUI VA TENIR

PIERRE BEQUET ne laisse pas tomber la femme. Il se cramponne à un pieu de palissade. Il touche un bras. Il attrape une main. Il la serre. Il tire. Son genou porte sur un clou rouillé. Il se blesse. Relativement à la profondeur du trou, la femme s’en sort plutôt bien. Ses blessures sont superficielles.

L’effet des zones sous chantier est variable. Tout dépend de la manière dont l’intérieur du terrain est signalé. Dans l’appartement de PIERRE BEQUET c’est la même chose. Les pièces produisent sans cesse de nouvelles surprises. La femme traverse au hasard des salles vides. Elle fait des gestes à l’emplacement présumé des dispositifs ménagers. Elle montre qu’elle sait où elle est. Chaque appareil est soutenu par des mesures d’accompagnement adéquates. Elle tourne le bouton du gaz pour allumer la gazinière, elle rabat le drap pour faire le lit, elle déplace son bras de l’avant à l’arrière pour passer l’aspirateur, elle ouvre la porte quand ça sonne Ding Dong. C’est le docteur.

PIERRE BEQUET n’a qu’un poids et une mesure. Il traverse tout malgré les gravats et l’interdiction affichée à l’entrée

JE NE VEUX PAS TE SAUVER PLUS

Débarrassé des clous rouillés, il commence l’entretien préventif par une dose de silence. La drogue on connaît. La misère on connaît. Et puis on connaît plus du tout.

La formation dans le domaine des bords de vie favorise l’ouverture des intervalles et nécessite un exemple.

Comme il y a exemple, la femme dit :
« C’est toi qu’on risque de perdre. »




Catherine Pomparat - 28 octobre 2010