Faire acte de passage

« Je disais que l’époque est l’ensemble des représentations qui structurent le regard. Ai-je légitimité d’en dire autre chose, d’autant que des penseurs l’ont désarticulée avec talent, et qu’une majorité d’opportunistes l’habitent avec joie ? Il est toutefois nécessaire de ne pas perdre d’horizon que différentes époques coexistent à cet instant, et j’espère que la chose restera vraie longtemps. Ceux qui ne le conçoivent pas soit n’ont pas d’autres expériences d’époques que la leur, soit sont mal informés. Voici ce que je constate : l’époque dans laquelle je réside n’est pas à même d’assurer une fonction qui, à mon sens, témoigne d’un sens profond de l’époque, d’une légitimité d’époque, celle du passage. Le passage auquel je pense n’est pas la transmission d’un bien matériel, d’un mieux-être social ou d’une promesse électorale. Le passage est cette chose qui m’augmente du regard de l’autre. La poésie fait acte de passage. Les arts font acte de passage. La création fait acte de passage. »

Cet extrait du Manifeste de l’éventail donnera, je l’espère, envie de se le procurer, cet opuscule miniature, quelques huit pages à peine, paru aux éditions &what, dont le « Cahier de violences », de Yaël Weiss, avait été salué ici.
L’occasion de signaler, et ce remarquable travail de micro-édition (on oserait presque le qualificatif « édition de proximité »), et son ouverture récente sur le web, via ce tout jeune site, passagesetpoesies.
Passages, poésies et tentatives qu’on suivra avec attention.

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Guénaël Boutouillet - 16 décembre 2010