Dessins pré-textes (2)

1. Gilet d’air [9-24 février 2011]

Quand j’enfile mon gilet d’air, je vois la vie en rose.

En cas de chute dans l’eau, il me permet de flotter. En cas de travail de nuit, il me permet de rêver. « Au délice sans chemin » tous les habitants en portent. Pour une flottabilité intégrée et efficace le mouvement des passions consent à la multiplication des liens rose bonbon.

C’est au fond assez joli, n’est-ce pas, que le gilet puisse refléter comme la rose ?

2. Entre parenthèses [26-28 février 2011]

Quand tu me parles, je suis entre parenthèses.

En cas de vibrations excessives, elles permettent le détachement. En cas d’abstractions immatérielles, elles permettent d’occuper l’espace. « Au rire en coin » toutes les paroles le disent. Pour leur bonne substance physique elles affirment leur position par une rotation du crayon.

C’est au fond assez joli, n’est-ce pas, que les parenthèses restent ouvertes ?

3. Livre [3-6 mars 2011]

Quand elle ouvre le livre, je vire de bord.

En cas de mouvements rotatoires, je suis le mouvement de mes doigts. En cas de manque à virer, je mouille le bout de mon doigt. « Au Nautilus » la couverture du livre porte rouge. Pour une résistance homogène les traits manœuvrent comme si les pages étaient pleines.

C’est au fond assez joli, n’est-ce pas, que des pages blanches dérivent ?

4. Appui sur rien [7-13 mars 2011]

Quand nous sommes côte à côte, je m’inframince.

En cas de déplacement dans un espace tridimensionnel, je mets un pied devant l’autre. En cas de déplacement dans un espace quadridimensionnel, je m’appuie sur rien. « À la maison des corps » la charpente osseuse est une vision de cellophane. Pour articuler leurs os deux êtres linéaires transmutent hors de la surface plate.

C’est au fond assez joli, n’est-ce pas, les images de pensée des Corps Personnalités ?

5. Fauteuil spatial [18-22 mars 2011]

Quand vous êtes assis dans votre fauteuil, je suis sans assise.

En cas de fond sans fond, je touche les secrets de l’espace. En cas de fugue cosmique, je lève une croyance commune. « Au chien errant » le fauteuil engrange dans son siège-grenier des croissants de lune. Pour élever la masse thermo-poétique l’ébéniste établit une propulsion.

C’est au fond assez joli, n’est-ce pas, que le fond spatial fasse tout ça ?

6. Auto lumineuse [26 mars-5 avril 2011]

Quand ils roulent, je suis sans permis.

En cas d’embouteillage, je change de rive. En cas de pollution atmosphérique, il faut prendre le pont. « Au garage moderne » on a de quoi faire rouler un carrosse. Pour venir à bout de deux impulsions qui se combattent sans cesse le carrossier cherche l’or du temps.

C’est au fond assez joli, n’est-ce pas, une auto lumineuse sur un pont ?

Catherine Pomparat , Laurence Skivée - 6 avril 2011