Words spoken by Lynne Cohen

Lynne Cohen, Sans titre (Gazon synthétique), 2005.

Lynne Cohen

James Hyman Photography

Jean-Louis Poitevin
« L’image comme structure d’attente »


Béquet spécial Lynne Cohen à l’occasion des
Rencontres photographiques d’Arles 2011.

Dossier général des Rencontres

L’exposition des photographies de Lynne Cohen est présentée dans La Grande Halle, Parc des Ateliers.
Une présentation de David Barriet, David Benassayag et Béatrice Didier des éditions Le Point du Jour.

Photographies ci-dessous : vues de l’exposition Lynne Cohen de La Grande Halle,
droits de reproduction Les Rencontres d’Arles 2011.

Depuis longtemps je suis préoccupée par les déceptions, par les illusions, par les choses qui ne semblent pas être ce qu’elles sont.

Je suis intriguée par la façon dont les décorations murales représentant des lieux exotiques ne nous donnent pas envie de partir vers ces lieux et ne nous donnent pas tout à fait l’impression d’y être.

Par ailleurs, les lieux de villégiature ressemblent à des maisons de retraite, les fenêtres imitent les miroirs, les frontières ne sont en fait bien souvent que des concepts, les armes ressemblent à des jouets, le prétendu fraternel cache souvent le mépris, nos espoirs et nos rêves sont beaucoup plus fragiles que nous l’imaginons.

Je suis également fascinée par l’art et le camouflage et par la manière dont la vie imite l’art.

Je suis frappée par les références et les allusions faites dans le monde réel à des épisodes de l’histoire de l’art : les niches et les autels de l’architecture gothique, les fresques néo-classiques, la perspective de la Renaissance, la peinture de genre, la dimension des tableaux baroques, l’habileté de Vermeer de donner à des objets profanes un caractère religieux, le travail de l’art conceptuel et d’ « art and language », les objets minimalistes, le pop’art, le néo-géo, les objets trouvés de Marcel Duchamp, les horloges de Kosuth, les lumières de Flavin, le op’art de Bridget Riley, les nuages de Magritte, les installations de Guillaume Bijl, ainsi que le formica, le simili-cuir et les panneaux de faux bois de Richard Artschwager.

Plus spécifiquement, je suis attirée par les pièces munies de fenêtres à sens unique, de caméras et de microphones cachés, par la préparation de ce qui se passe dans les salons mortuaires et les écoles de mannequins et par la formation qui se donne dans les salles de classe et les champs de tirs.

Mon travail est devenu de plus en plus critique, rempli de méfiance, de contradictions et de claustrophobie.

La façon dont les objets peuvent servir d’instruments de manipulation et de contrôle me laisse perplexe.

Lynne Cohen
« Medir el cuerpo, medir la ciudad »
Workshop Arteleku Saint-Sebastien/Bilbao/Bordeaux,
1994, texte inédit, éd. école des Beaux-Arts Bordeaux

« Lynne Cohen, à l’infinitif pluriel »
CV Photo N° 37, Montréal, Hiver 1996

« No man’s land, Les photographies de Lynne Cohen »
CV Photo, N° 56, Janvier 2002

« Lynne Cohen, le vide après tout »
Chroniques Regarder infinitif pluriel

Catherine Pomparat - 1er juillet 2011