Opus 1 : Langue maternelle

Rencontre du jeudi 1er décembre 2011 à l’Odéon-Théâtre de l’Europe.

« On ne choisit pas sa langue maternelle tout comme on ne choisit pas de naître, et l’on s’en aperçoit après-coup. On perçoit plus tard sa propre naissance, elle nous apparaît lentement, de temps à autre, tout le long de la vie, derrière les vagues de la mer quotidienne, dans le noyau du banal, ou bien elle se révèle à nous brutalement, violemment, un éclat au cœur de l’habitude dans des moments d’extrême nudité, d’extrême solitude, la conscience d’être né un jour et de continuer à vivre depuis ce jour. La naissance est alors rendue à l’événement unique qu’elle fut, elle n’est plus anodine, plus réductible à une date et à un lieu. Et la langue maternelle ? Y a-t-il un moment, où la langue maternelle se montre à nous comme ce dont on n’a pas décidé et qui nous a fait être ce que nous sommes ? Y a-t-il un moment où on contemplerait sa langue maternelle, où on sortirait d’elle pour la contempler hors de toute langue ou bien depuis les bords d’une autre langue ? » (Pedro Kadivar.)



Lectures de Pedro Kadivar : textes de Nathalie Sarraute (extrait de L’Usage de la parole), Pedro Kadivar, Ghérasim Luca :





Échange entre Tzvetan Todorov et Pedro Kadivar :




11 juin 2012