En ligne (de front)

La séance 8 de cet atelier nous a poussé dans les traces du Général Instin, via cette proposition d’écriture tirée du texte de Patrick Chatelier intitulé chat-qui-dort-dans-un-atelier, à lire sur remue, corpus Instin, rubrique "Les noms" :
il s’est agi d’écrire selon cette consigne :

« Remémorez-vous votre première prise de conscience de votre nom. Écrivez-la. Cherchez. Si votre mémoire bute et ne trouve pas, inventez du plausible : cette première prise de conscience est le début de votre fiction personnelle ».


Les textes produits durant cette séance 8, pré-instinienne, sont à lire dans cette rubrique du blog.

Cette séance 9, consacrée à la fragmentation instinienne, est construite en trois parties :

(Se perdre - et faire avec)

L’exercice 1, intitulé Ce que je ne sais pas, se déroule ainsi, sur le mode d’une dérive hypertextuelle au sein du texte global (et mouvant) que constitue le corpus Instin sur remue.net :
je lis à voix haute le dernier texte Instin publié dans la revue de création à cette date : celui de Maryse Hache, intitulé le 19 et le cheval de st malo qui donne une vision du GI, premier tesson d’un vitrail brisé.
Je lis à voix haute, et clique sur un lien dans le texte, qui mène vers un autre endroit (texte) du corpus :
végétal instin, de Benoit Vincent (je cliquer sur la note 2, le mot « nord »),
… qui me mène vers un fragment de La place du mort de Nicole Caligaris (cliquer sur « courant d’air »),
…qui me mène vers un fragment de Les scellés de l’optique marchande de Laurence Werner David (cliquer sur « la peau »)
… qui nous mène vers l’interview de Momo Basta.

J’en reste là, après quinze bonnes minutes de lecture hypertextuée, qui a perdu certaines participantes en route : parfait, dis-je, je leur explique que c’est le début de l’aventure, que le propos est, en premier lieu, de se perdre pour prendre contact avec ce lieu d’expansion qu’est le projet Instin.
La contrainte d’écriture qui suit fonctionne selon ce principe, de « chercher ce que l’on ne sait pas » (à propos du Général instin, mais applicable in extenso, au-delà de la figure du Général) :

« Écrire un texte à la suite de cela, qui commence par « ce que je ne sais pas », continue (paragraphe 2) par « ce que je ne comprends pas », paragraphe 3 par « ce que je ne saisis pas », paragraphe 4 par « ce que je vois mal », paragraphe 5 par « ce que je perçois », paragraphe 6 « ce que je distingue ». »

Le temps d’écriture est long, les textes denses et joueurs :
H.E.V
What...?!
Teint, oral, l’UNSS gêne.
Dans l’Hincompréhension Générale
voilà voilà
Le H de guerre
Soldat, à mon commandement, écrivez !

(Branches coupées)

L’exercice 2, intitulé évocation, découle d’un autre atelier Instin, celui mené par Patrick Chatelier à Anis Gras, Arcueil, en 2007.
Je cite les mots de Patrick dans cet article :

« Gilbert apparu
Un jour pendant l’atelier, Gisèle nous raconte qu’elle a inventé un personnage quand elle était adolescente, dans les années 1930, mélange de frère aîné, cousin et petit ami. Elle parlait de lui avec sa camarade Madeleine avec laquelle elle rentrait chaque soir de l’école ; elle lui racontait par exemple avoir vu Gilbert, avoir promené le chien avec lui, qu’il voyageait souvent, qu’elles devaient le rejoindre à Agadir… Cette fiction a cessé au moment de la guerre quand Gisèle et Madeleine ont été séparées.
En entendant cette histoire remontée à la surface sans qu’elle sache pourquoi, je dis à Gisèle qu’elle a trouvé son Général Instin. Gilbert, personnage imaginaire oublié puis extirpé des limbes, va devenir une entité de l’atelier que nous utiliserons lui aussi sous différentes formes. »

J’avais un souvenir déformé de cette contrainte inventée par Patrick Chatelier, laquelle s’est changée en autre proposition, sans même que je le décide vraiment. Je propose de s’inventer "son" Général Instin. C’est-à-dire :

"Écrire une biographie de « notre » Général Instin,c’est-à-dire : un aïeul imaginaire et légendaire, que nous rendons authentifié par les ressources web idoines."


Ces aïeux se nomment :
Eudoxie
Joseph Valmont Flux
Clothaire Bondoy
Rambue Verbillhau
Mabéne Marguerite
Hercule
Louis Vidal
Jules Verne

On le voit, l’endroit d’où positionner la "machine à fiction" n’est pas le même dans chaque cas : parfois c’est l’aïeul qui est fictif, composite, parfois c’est le lien de parenté qui l’est (comme dans le cas de Jules Verne). La porosité réel/fiction, Histoire/histoire (ou plutôt Istoire et istoire) est visible et active. Elle est moteur. Elle lance.
Ce qui est lancé va ensuite son chemin...

Incantation

L’exercice 3
Une dernière proposition d’écriture, afin de clore dans l’ouvert : puisque le Général Instin statue sur facebook et qu’il twitte, prenons-le au mot, et adressons-lui des appels, des messages, des incantations, des interpellations, des salutations, des réquisitoires, des vannes, des questions sans réponses et des réponses sans questions... en 140 signes.
C’est ouvert à tous, n’hésitez pas : c’est ici.

Première contribution mise en ligne, mardi 14 février 2012 : celle de Frédérique Cosnier, à lire ici : 10 propositions pour un GI en 140
...
sur laquelle Maryse Hache a rebondi : ici.

Guénaël Boutouillet - 8 février 2012