[1] « Et des livres des livres des livres au nom de dieu… »

Livres lus par M. de Sade dans le donjon de Vincennes,
cellule n° 6, entre 1778 et 1784
.


Bibliographie de cet article : Marquis de Sade, Lettres à sa femme, choix, préface et notes de Marc Buffat, Actes Sud, collection Babel, 1997. Cinquante lettres du marquis de Sade à sa femme établies et annotées par Jean-Christophe Abramovici et Patrick Graille, préface de Pierre Leroy, préface de Cécile Guilbert, quelques lettres en fac-similé et leur transcription avec orthographe d’origine, Flammarion, 2009. Vie du marquis de Sade de Gilbert Lely, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Garnier, 1982.






« Et des livres des livres des livres au nom de dieu… »
(lettre de Sade à sa femme, 20 mai 1780)




C’est Mme de Sade, née Renée-Pélagie de Montreuil, qui apportait au marquis les livres qu’il voulait lire et dont il dressait la liste dans ses lettres. Elle trouvait certains dans la bibliothèque familiale. Elle en empruntait à l’abbé Amblet, ancien précepteur du jeune Sade avec qui il était resté en bonne amitié, à l’abbé de Sade son oncle paternel, auteur d’une Vie de Pétrarque qui ne compte sans doute pas pour rien dans la mythologie littéraire du marquis. Des parents, des connaissances lui en prêtaient.

Les livres coûtaient cher, il n’y avait pas encore de bibliothèques publiques. Mme de Sade avait pris un abonnement dans un cabinet de lecture. Le montant de l’abonnement variait selon le nombre de livres empruntés et la durée de l’emprunt. Si on lisait sur place une des nouveautés très demandées on payait à l’heure. Emporter revenait plus cher, mais comment faire autrement ?

Sade lit beaucoup, sans cesse, jour et nuit dirait-on. Lire est une évasion hors de la cellule numéro 6, hors des cadres et des habitudes de penser qui sont les siens et qu’il souhaite étendre, amplifier. Il consulte le catalogue du libraire Mérigot le jeune, à l’angle du quai des Augustins (aujourd’hui quai des Grands-Augustins) et de la rue Pavée (aujourd’hui rue Séguier). Il choisit des livres d’histoire, des ouvrages scientifiques, les textes des philosophes, des récits de voyages. Son désir d’apprendre, de comparer avec la France de ces années-là, est immense : comment les hommes vivaient-ils autrefois, comment ils vivent ailleurs, dans d’autres pays, d’autres continents. Il veut tout lire, tout avoir lu. Lire le tient debout, comme sa révolte contre l’ordre établi. Sait-il qu’il est en train de faire son apprentissage d’écrivain ?

Les livres, ça pèse lourd. Mme de Sade emportait ceux que son mari avait demandés (elle devait avoir un sac, un commis de la librairie devait l’aider) et prenait un fiacre [1] pour se rendre au château de Vincennes, prison d’État où Sade était emprisonné.
Avait-elle la curiosité de feuilleter un livre pendant le trajet ou préférait-elle regarder le spectacle de la rue ? Cela devait dépendre du titre, de la couleur du ciel, de son humeur.

La classification par genres est celle adoptée par le marquis de Sade pour établir le « Catalogue » des livres dont il disposait à la Bastille [2]. Mais où classer l’Histoire littéraire des troubadours, contenant leurs vies, les extraits de leurs pièces… : histoire ? poésie ? belles-lettres ?



1. Période du 7 septembre 1778 au 13 juillet 1781 durant laquelle aucune visite au prisonnier Sade n’est autorisée.

Mme de Sade dépose les livres au bureau de l’état-major, avec une lettre adressée à son mari, des provisions, divers objets et ce dont il a besoin pour écrire : plumes, cahiers, encre, bougies. Certains livres ne seront pas remis au marquis, l’administration de Vincennes s’attribuant droit de censure (voir plus bas à propos des Confessions de Rousseau). Le fiacre a attendu Mme de Sade. Elle remporte les livres qu’il a lus et qu’elle rendra chez Mérigot. Elle lit la lettre qui répond à la sienne d’il y a quinze jours pendant le trajet de retour, il lui demande déjà d’autres titres.

HISTOIRE
Histoire de France depuis l’établissement de la monarchie jusqu’au règne de Louis XIV, volumes 1 à 8 par l’abbé Paul-François Velly, 1755-1759 ; volumes 9 à 17 par Claude Villaret ; volumes 18 à 24 par Jean-Jacques Garnier qui l’achèvera en 1786, Sade sera alors incarcéré à la Bastille, Sixième Liberté, c’est-à-dire sixième étage de la tour dite de la Liberté dont on voit quelques pierres dans le square Galli, boulevard Henri-IV.
Histoire des Celtes & particulièrement des Gaulois & des Germains, depuis les temps fabuleux jusqu’à la prise de Rome par les Gaulois de M. Pelloutier, 9 volumes.
Histoire des empereurs jusqu’à Constantin de Jean-Baptiste Crevier, 6 volumes, 1750-1756.
Histoire des troubles des Cévennes, ou de la Guerre des Camisards sous le règne de Louis le Grand d’Antoine Court, 1760.
Mémoires de la régence de S.A.R. Mgr le duc d’Orléans durant la minorité de Louis XV roi de France du chevalier de Piossens, 1729.
Histoire littéraire des troubadours, contenant leurs vies, les extraits de leurs pièces… de Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye, 3 volumes, 1774.
Mémoires pour servir à l’histoire de Mme de Maintenon de Louis Angliviel de La Beaumelle, Amsterdam, 9 volumes, 1757.

Qu’on ne s’étonne pas du grand nombre de volumes de chaque titre : les libraires-éditeurs avaient l’habitude de diviser les ouvrages qu’ils publiaient en plusieurs tomes. Le prix était moindre et un plus grand nombre d’abonnés au cabinet de lecture pouvait les emprunter. Entre le 3 et le 11 juillet 1783, tandis que Sade lit les dix volumes de l’Histoire de France… de l’abbé Velly, il écrit à Mme de Sade : « …je fais une pause à cause de mes yeux, à chaque dix volumes ». Les problèmes oculaires dont il souffre sont récurrents dans sa correspondance. Ils sont dus aux mauvaises conditions : lumière insuffisante, fumée du poêle. Sade craint de ne plus rien voir quand il sera libéré. Faire venir un oculiste de Paris demande d’incessantes démarches auprès du gouverneur de la prison M. de Rougemont, avec qui il est en mauvais termes.

BELLES-LETTRES
Voyage autour du monde, par la frégate La Boudeuse et la flûte L’Étoile en 1766, 1767, 1768 et 1769, de Louis Antoine de Bougainville, 1771-1772.
Relations de voyages autour du monde du capitaine James Cook, 1768-1779.
Le Voyageur français, ou la Connaissance de l’Ancien et du Nouveau Monde de l’abbé Joseph de La Porte, « compilation de récits de voyage, présentée sous forme de lettres, adressées par un gentilhomme à une dame, sur tout ce qu’il voit et observe » (BNF), 1765.
Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde des abbés Antoine Banier et Jean-Baptiste le Mascrier, édité par Bernard Picart, 9 volumes, 1723-1737, Amsterdam [3].

On imprimait en Hollande (ou en France chez des imprimeurs clandestins) les ouvrages pour lesquels l’auteur et le libraire-éditeur craignaient de ne pas obtenir le Privilège royal, autorisation de publier et de vendre de l’époque. Ce qui n’empêchait pas le lieutenant de police de faire saisir ensuite les exemplaires imprimés chez le libraire. La liste des censeurs en activité, leur nom suivi du genre d’ouvrages sur lesquels ils étaient habilités à se prononcer et leur adresse (Paris, province), paraissait chaque année dans l’Almanach royal.

Vies parallèles des hommes illustres grecs et latins de Plutarque.
Mélanges de littérature, d’histoire et de philosophie de D’Alembert, 2 tomes, 1753 ; 5 tomes, 1759-1767, prêtés le 9 ou 10 juin 1780 par le marquis Charles-Michel de Villette, cousin de Mme de Sade.

Sade prenait des notes, recopiait des citations des livres qu’il lisait, résumait. Le quatrième cahier des notes ou réflexions, extraites de ses lectures ici ou fournies par elles a seul été retrouvé. « Commencé le 12 juin 1780, achevé le 21 août 1780, au donjon de Vincennes », a-t-il indiqué. Ce cahier est composé de seize fragments, il y est beaucoup question des écrits de D’Alembert que Sade admire et réfute tour à tour [4].

Sermons de l’abbé Jean-Baptiste Massillon.

« Mon Dieu, ma chère amie, que j’aime les sermons du père Massillon ! Ils m’élèvent, ils m’enchantent, ils me ravissent. Ce n’est point un bigot qui vous parle et qui, échafaudant partout des vérités que l’impie nie, ne fait que le combattre, avec des armes émoussées ; ce n’est point un pédant hérissé de sophismes qui ne cherche à convaincre qu’en effrayant l’esprit. C’est au cœur que celui-ci dirige ses maximes ; c’est le cœur qu’il cherche à séduire et c’est le cœur qu’il captive sans cesse. […] Comment est-il possible, grand Dieu ! que Louis XIV fit égorger tant de millions de ses sujets dans les Cévennes, pendant que Massillon lui disait : ‘‘Sire, les rois nous sont donnés par l’Éternel pour être le salut de leur peuple…’’ » (lettre à Mme de Sade, vers le 28 mars 1781).

THÉÂTRE
Le Père de famille, drame en cinq actes et en prose de Diderot, avec un Discours sur la poésie dramatique, 1758, Amsterdam.
Pygmalion, intermède de Jean-Jacques Rousseau, 1770.
Les Jumeaux, parodie de Castor et Pollux, en trois actes de Jean-Nicolas Guérin de Frémicourt, 1755.
Les Fausses Infidélités, comédie en un acte et en vers de Nicolas Thomas Barthe, 1768.
Le Distrait, comédie de Regnard.
Le Misanthrope, comédie de Molière.
L’Inconséquent ou les soubrettes, comédie de Laujon, 1775.

Le marquis de Sade lit beaucoup de théâtre, il analyse les pièces, les étudie. Il suit l’actualité théâtrale dans l’Almanach des spectacles, note les pièces qui ont du succès, sont reprises, veut comprendre pourquoi. Il écrit onze pièces entre 1780 et 1788. Son valet Carteron, dit La Jeunesse, dit Martin Quiros, les recopie au propre [5]. Mme de Sade les lit, les annote, les critique.

POÉSIE ET POÉTIQUE
Opera [Œuvres] de Pétrarque.

« Toute ma consolation ici est Pétrarque ; je le lis avec plaisir, une avidité qui ne peut se comparer à rien, mais j’en fais comme Mme de Sévigné des lettres de sa fille : je le lis doucement de peur de l’avoir lu » (lettre à Mme de Sade, 17 février 1779).

ROMANS
Le Cousin de Mahomet ou la folie salutaire, histoire plus que galante de Nicolas Fromaget, 1742 [6].
Jonathan Wild de Fielding.
Contes de l’abbé Prévost.




2. Période, avec visites [7] de Mme de Sade, du 14 juillet 1781 au 29 février 1784, date à laquelle Sade est transféré à la Bastille.

HISTOIRE
Histoire des conjurations, conspirations et révolutions célèbres tant anciennes que modernes de François Joachim du Port du Tertre, 10 volumes, 1754-1760 [8].
Tableau de l’histoire moderne depuis la chute de l’Empire d’Occident jusqu’à la paix de Westphalie de Guillaume-Alexandre de Mehegan, 1766.
Mémoires de Philippe de Gentil, marquis de Langalerie, La Haye, 1743.
Anecdotes françaises depuis l’établissement de la monarchie jusqu’au règne de Louis XV de l’abbé Guillaume Bertoux, 1767.
Anecdotes italiennes, depuis la destruction de l’Empire romain en Occident, jusqu’à nos jours, sans nom d’auteur, 1769.

« Les Anecdotes italiennes ne sont pas faites pour être lues ; ce sont des livres de chronologie à avoir sur sa table quand on travaille [9], mais ça ne se lit pas plus qu’un dictionnaire » (lettre à Mme de Sade, fin août 1782).

BELLES-LETTRES
Adèle et Théodore, ou Lettres sur l’éducation contenant tous les principes relatifs à l’éducation des Princes, des jeunes personnes et des hommes de Mme de Genlis, 1782 [10].
Éléments de la philosophie de Newton divisés en 3 parties de Voltaire, 1738.
Les Erreurs de Voltaire de l’abbé Claude-François Nonnotte, 2 volumes, 1762.
Histoire de l’Empire de Russie sous Pierre le Grand de Voltaire, 1761.
Confessions du comte de *** de Charles Pinot-Duclos, 1741 [11].
Confessions de Jean-Jacques Rousseau, 1782.

« Me refuser les Confessions de J.-Jacques est encore une excellente chose, surtout après m’avoir envoyé Lucrèce et les dialogues de Voltaire, ça prouve un grand discernement, une judiciaire [12] profonde dans vos directeurs. Hélas, ils me font bien de l’honneur, de croire qu’un auteur déiste puisse être un mauvais livre pour moi, je voudrais bien en être encore là. Vous n’êtes pas sublimes dans vos moyens de cure Messieurs les directeurs ; apprenez que c’est le point où l’on en est qui rend une chose bonne ou mauvaise, et non pas la chose en elle-même. […] Partez de là Messieurs, et ayez le bon sens de comprendre en m’envoyant le livre que je demande, que Rousseau peut être un auteur dangereux pour de lourds bigots de votre espèce, et qu’il devient un excellent livre pour moi. J.-Jacques est à mon égard ce qu’est pour vous une Imitation de Jésus-Christ [13] » (lettre à Mme de Sade, juin-juillet 1783).

Histoire naturelle, générale et particulière de Buffon, 15 volumes, 1749-1767.

« Soyez très sûre âme de mon âme que la première emplette que je ferai en sortant, et même la première action de ma liberté, après avoir baisé vos deux doux yeux, vos deux tétons et vos deux fesses, etc., sera d’acheter sur-le-champ, coûte que coûte : les meilleurs éléments de physique, l’Histoire naturelle de M. de Buffon, in 4°, avec les planches, et la totalité des œuvres de Montaigne, Delille, d’Arnaud, Saint-Lambert, Dorat, Voltaire, J.-J. Rousseau, avec la suite du Voyageur, des Histoires de France et du Bas-Empire, tous ouvrages que je n’ai – ou point, ou fort incomplets – dans ma bibliothèque. D’après le désir que j’ai de ces livres, et la certitude que je les achèterai tous un jour, voyez miroir de beauté ceux que vos fonds vous permettent de me faire passer en attendant, car pour du libraire à loyer je n’en veux plus » (lettre [14] à Mme de Sade, 23-24 novembre 1783).

THÉÂTRE
L’Art du théâtre d’Antoine-François Riccoboni, 1750.

POÉSIE ET POÉTIQUE
L’Iliade d’Homère, peut-être dans la nouvelle traduction de M. Lebrun qui venait de paraître en 3 volumes.

« L’Iliade ne peut se lire qu’en première », écrit Sade dans une lettre à sa femme de fin août 1782. Il distingue les ouvrages de première lecture et ceux de seconde lecture. Les premiers se lisent le matin, crayon en main - question de concentration de la pensée, et de la lumière du jour qui doit entrer dans la cellule (plus ou moins selon les saisons). Il les résume, prend des notes dans ses cahiers, il s’y instruit. Les ouvrages de seconde lecture se lisent en fin d’après-midi quand la lumière diminue et le soir à la bougie - romans, revues, poésie. Ils sont destinés à se distraire. Il y a des exceptions, L’Iliade en est une. C’est pour lui un ouvrage de première lecture, on aurait aimé lire les notes qu’il avait prises.

L’Odyssée d’Homère, « la plus nouvelle traduction », précise-t-il.
La Jérusalem délivrée, poème du Tasse.
Les Jardins, ou l’Art d’embellir les paysages de Jacques Delille, 1782. Voici quelques vers du premier chant :


Mais l’audace est commune, et le bon sens est rare.

Au lieu d’être piquant, souvent on est bizarre.

Gardez que, mal unis, ces effets différents

Ne forment qu’un chaos de traits incohérents.

Les contradictions ne sont pas des contrastes.

On lira tout le poème ici.

ROMANS
Le Portier des Chartreux, roman de Jacques Charles Gervaise de La Touche, 1740.
Contes de Voltaire.

« Ces romans de Voltaire m’ont fait le plus grand plaisir, quoique je les connusse, on ne saurait trop relire les ouvrages d’un tel homme, je vous exhorte à les lire, les eussiez-vous lus mille fois, car c’est toujours nouveau et toujours délicieux, et surtout prenez-y un peu plus de philosophie que vous n’en avez, vous et les vôtres [15], s’ils lisent autre chose que des almanachs » (lettre à Mme de Sade, 20 septembre 1780).

Les Malheurs de l’amour de Madame de Tencin, 2 volumes, Amsterdam, 1747.




Cette liste des livres lus par M. de Sade dans le donjon de Vincennes n’est pas exhaustive.

Dominique Dussidour - 13 février 2012

[2Dans « Fragments du portefeuille d’un homme de Lettres », Œuvres complètes du marquis de Sade mises au point par Annie Le Brun et Jean-Jacques Pauvert, 15 tomes, éditions Pauvert, 1986, tome I, page 546.

[3Sade y fera référence, ainsi qu’à l’Histoire des Inquisitions, dans Aline et Valcour, Lettre XXXVIII, au cours de l’épisode où Léonore comparaît devant le tribunal de l’Inquisition espagnole.

[4Œuvres complètes du marquis de Sade, tome 1, pages 467 et suivantes.

[5Quelques lettres à Carteron dans Sade : Lettres choisies, préface de Gilbert Lely, Jean-Jacques Pauvert, 1963, 10|18 n°443.

[6Réédité en 2007 par les éditions Anacharsis.

[7Visites plus ou moins régulières selon les relations de Sade avec les geôliers et l’administration de la prison. Au moindre mouvement d’humeur, au moindre geste de révolte, elles sont supprimées. Comme les promenades, et il en est ainsi dans tous les lieux d’enfermement qu’il a connus, elles sont un moyen de pression continuel sur la vie quotidienne.

[8Certains volumes ont été numérisés par Google Books. À les consulter en ligne, on remarque que cette histoire englobe toutes les époques, les pays du monde entier.

[9C’est moi qui souligne.

[10Dans ses Mémoires publiés en 1824-1825 (Le Mercure de France, collection Le Temps retrouvé, 2004), Mme de Genlis consacre un chapitre à l’éducation très complète qu’elle donna aux princes dont elle était le « gouverneur » et à ses deux filles : apprentissage des langues étrangères, des travaux manuels, de la natation, étude de la chimie et de la botanique, visite des manufactures, de l’Hôtel-Dieu, des maquettes en portent trace.

[11Charles Pinot-Duclos est l’auteur de Histoire de Madame de Luz, roman qui met en scène les notions de « crime » et d’« infortune », problématique qui n’est pas sans annoncer Sade.

[12« Faculté judiciaire, faculté par laquelle on juge, on apprécie », Dictionnaire Littré.

[13Sade s’adresse directement aux censeurs de Vincennes qui lui ont refusé la lecture de cet ouvrage car il sait que toutes ses lettres sont lues avant d’être remises à sa femme.

[14Lettre qu’on dira des Surnoms gracieux.

[15À certains moments Sade englobe dans la même catégorie des « persécuteurs » Mme de Sade et sa famille, en particulier sa belle-mère Mme de Montreuil, à d’autres moments il les distingue.