[6] écrire à Vincennes 1

Bibliographie de cet article et du suivant : Mirabeau, Des lettres de cachet et des prisons d’État. Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions. Lettres à sa femme du marquis de Sade, choix, préface et notes de Marc Buffat (Actes Sud, collection Babel, 1997). 50 lettres du marquis de Sade à sa femme, par Cécile Guilbert et Pierre Leroy (Flammarion, 2009). Le Marquis de Sade, Maurice Heine (Gallimard, 1950, épuisé). Sade, Œuvres complètes, tome 1 (Pauvert, 1986). Gilbert Lely, Vie du marquis de Sade (Pauvert aux éditions Garnier, 1982).





« C’est une belle rage de Vincennes ! Voilà tout ce qu’on peut dire. Puissent mille fois périr ceux qui m’y tiennent, ceux qui m’y ont fait mettre, et ceux qui ne veulent pas me dire le temps que j’ai à y être. Voilà mon dernier souhait »
(lettre de Sade à Mme de Sade, 4 octobre 1778).




Tout le monde connaît la structure du donjon de Vincennes, commencé par Philippe de Valois, fini par Charles V, et si solidement bâti qu’il ne porte pas encore la moindre marque de vétusté. Il faudrait du canon de batterie et du plus gros calibre pour y faire brèche. Des fossés profonds d’environ quarante pieds, larges de vingt pas, et revêtus en pierres de taille, l’entourent. Ce revêtement est à pic, et vers le haut, il règne une corniche ou plutôt un talus qui saille tellement en dedans, qu’il faudrait se renverser pour le franchir, de sorte qu’un homme, parvenu dans les fossés, et sans intelligence au dehors, serait aussi sûrement renfermé que dans les tours.
Suit une enceinte, formée d’une seule entrée, que défendent deux sentinelles et trois portes. Celle qui communique au château ne peut s’ouvrir ni du dedans indépendamment du dehors, ni du dehors indépendamment du dedans. Il faut qu’un porte-clefs et le sergent de garde y concourent tous deux. De là on arrive aux tours. Trois portes en ferment encore l’unique entrée. Il faudrait de l’artillerie pour les forcer. Toutes les salles qui séparent les quatre tours, où sont les chambres des prisonniers, en ont une presque de même épaisseur. Trois autres portes enfin introduisent chez eux. Celle qu’ils peuvent toucher est doublée de fer. Chacune, armée de deux serrures, de trois verrous, de valets pour les empêcher de couler, s’ouvre en travers de celle qui la suit, de sorte que la seconde barre la première, et la troisième la seconde. Telle est la fermeture de ces prisons, dont les murs ont seize pieds d’épaisseur, et les voûtes plus de trente pieds de hauteur.
Ces sombres demeures seraient environnées d’une nuit éternelle, sans les vitres obscures qui laissent passer quelques faibles rayons de lumière. Des barreaux de fer en dedans éloignent de ces lucarnes étroites. Des barreaux croisés qui se traversent, et qu’il est impossible d’atteindre, interceptent le jour et l’air en dehors. Souvent, entre ces deux grillages, il règne un autre rang de barreaux.
Toutes les fenêtres donnent sur les cours ou les jardins du donjon, excepté trois chambres qui sont dans l’enceinte élevée sur la crête des fossés, et au dessus desquelles sont les sentinelles. Les prisonniers seraient parvenus dans les cours ou jardins ; ils y tiendraient leurs porte-clefs aux fers, qu’un enfant dans le corps-de-garde en dehors rendrait leur victoire inutile. La nuit, le garde rentre, les ponts sont levés, les portes des tours fermées et verrouillées (on devine bien que les chambres des prisonniers le sont à toutes les heures du jour et de la nuit), et leurs clefs déposées avec toutes les autres dans les mains d’un officier qui entre et sort avec la garde, et n’a aucune autre juridiction dans le donjon. Deux sentinelles sont posées de manière à pouvoir veiller sur toutes les faces du carré que flanquent les tours : une ronde passe toutes les demi-heures sous les fenêtres, et fait matin et soir, avant l’ouverture et la fermeture des portes, le tour des fossés, où les porte-clefs même ne peuvent jamais pénétrer sans un ordre exprès… Ne croiriez-vous pas que des cachots ainsi construits, ainsi gardés sont inexpugnables ?…




Ce n’est pas le début d’un roman de cape et d’épée. On trouve cette description du donjon de Vincennes dans Des lettres de cachet et des prisons d’État, chapitre III, écrit par Honoré Gabriel Riquetti comte de Mirabeau qui y resta emprisonné de juin 1777 à octobre 1780. Ce n’était pas sa première incarcération. Jeune militaire, il avait été enfermé au château d’If et au fort de Joux sur lettre de cachet de son père qui lui reprochait ses fréquentations féminines et ses dettes. Deux ans plus tard, sa fuite aux Provinces-Unies (Pays-Bas) en compagnie de Marie Thérèse Sophie Richard de Ruffey, épouse du marquis de Monnier, lui vaut une condamnation à mort par contumace pour « rapt et séduction » [1]. Extradé, c’est afin qu’il échappe à la sentence de mort que son père l’a fait enfermer à Vincennes [2].

En décrivant avec minutie l’organisation et l’administration de la prison : traitement du commandant, personnel et ses attributions, visites du lieutenant de police, formalités nécessaires pour écrire « lors même que le ministre en a laissé la liberté », coût de la pension, quantité et qualité de la nourriture servie aux prisonniers « payants », cellules, promenades, Mirabeau fait une analyse de l’arbitraire royal et évalue les moyens humains et matériels mis à la disposition du pouvoir politique et policier. Le ministre Vergennes en interdira la publication en 1782.



Le roi passe au commandant de Vincennes six francs par jour pour la nourriture de chaque prisonnier, son blanchissage et sa lumière. Le chauffage est payé à part, et sur le pied de trois cordes de bois pour chaque chambre. On comprend que les prisonniers d’Etat à leurs frais donnent au moins la même pension. Ils sont maîtres de dépenser plus ; mais on n’entend à aucune composition. Le roi passe de plus au commandant trois places mortes [3].

[…] voici celle [la nourriture] qui, du commencement de l’année à sa fin, leur est servie [aux prisonniers]. Un bouilli et une entrée à dîner ; laquelle entrée est de pâtisserie tous les jeudis ; un rôti et une entrée à souper ; une livre de pain et une bouteille de vin par jour, et deux pommes à l’un des repas du jeudi et du dimanche. On peut échanger ce dessert pour un biscuit de deux sous.

C’est apprécier très-haut chaque portion journalière que de la mettre à trois livres de viande ; je suis presque sûr d’exagérer d’une livre.
Note 1 : La viande, dont le prix courant, bœuf et veau, est à Paris de 9 s. [sols], n’en vaut que 8 à Vincennes, et 7 sans veau. Par un privilège fondé de tout temps sur le gros débit habituel du donjon, le commandant la paie six liards de moins que le particulier.
Note 2 : On donne à un prisonnier quatre serviettes et deux torchons par semaine, et une paire de draps par mois ; six chandelles par semaine en été, et huit en hiver.

Les porte-clefs ont ordre de ne faire aux prisonniers que deux feux par jour, c’est-à-dire de ne mettre de bois dans les poêles ou cheminées que le matin en entrant chez eux, et une autre fois au dîner ou au souper. La consommation de chaque jour ne doit monter qu’à six bûches, et huit au plus, si elles sont petites.

Un prisonnier se conduit mal ou mécontente le commandant : il est mis au cachot ; punition fréquemment infligée, dit-on, dans ces lieux où tout est cachot, mais où l’on voit du moins le jour dans les chambres [cellules] ordinaires. Le prisonnier y est au pain et à l’eau.

[Visites du lieutenant de police] Chacun d’eux [les prisonniers] n’a que quelques minutes d’audience. L’affaire de sa liberté est celle qui l’occupe uniquement. La rapidité de la visite l’étourdit ; il se hâte ; les idées se pressent, se choquent et s’étouffent ; les moins importantes s’éloignent ; on perd dans une continuelle solitude la facilité de l’élocution, et la présence d’esprit nécessaire pour récapituler en très-peu de mots des choses souvent fort compliquées.





Le style est différent dans la correspondance de Sade mais le je qui tient la plume décrit les mêmes mécanismes de soumission et d’humiliation, exprime la même détresse physique (privation de promenades, d’air, de lumière) et mentale due en particulier à l’ignorance où les prisonniers sont de la durée de leur incarcération [4]. Il raconte son existence quotidienne, dit sa rage et son refus de plier, réaffirme avec détermination sa liberté de penser. Mais il s’adresse à une destinataire qui a un nom et un visage, un certain sourire, une couleur d’yeux et de peau, et qui lui répondra - pas à des lecteurs inconnus devant qui il devrait argumenter. Et par-delà Mme de Sade, quand il adopte le ton de l’invective c’est encore à des personnes connues de lui qu’il s’adresse indirectement : famille des Montreuil, gouverneur de Vincennes, lieutenant de police, gribouilleur ou supprimeur ou abréviateur [5] du bureau de la censure. Son analyse est morale et politique : la prison ne rend pas vertueux, il le redira pendant la Révolution.


« Dis, dis bien à ceux qui croient corriger des hommes ainsi, qu’ils se trompent bien grossièrement : ils les aigrissent et voilà tout. Persécuteurs, persécutrices, tyrans, valets de tyrans, odieux satellites de leurs honteux caprices, vous tous en un mot qui n’avez que la vengeance pour objet, ou l’espoir d’arriver aux honneurs en servant bassement la rage de ceux dont le crédit vous étaie ou l’argent vous nourrit, savez-vous à quoi je vous compare ? À cette troupe de polissons qui allaient insulter avec des baguettes le lion qu’on retenait dans une cage de fer. Ils l’agaçaient au travers de ses barreaux, l’impression de la plus vive crainte mêlée à leur taquinerie. Si l’animal eût rompu ses freins, vous les eussiez tous vu fuir en se précipitant les uns sur les autres, et mourir de frayeur avant que d’être atteints [6]. Vous voilà, mes amis, vous voilà : jugez mes sentiments par la comparaison, et vos infamies par sa justesse » (lettre à Mme de Sade, mars ou avril 1779).

« Voilà donc qu’il est clair que la prison, non seulement m’a ruiné la santé, mais même s’oppose aux remèdes nécessaires à la rétablir. L’examinerons-nous maintenant du côté du moral ? Eh bien ! tenez-vous pour bien convaincus, vous et les vôtres, que c’est le poison le plus certain de l’âme, la destruction la plus assurée des qualités du caractère, qu’excepté ceux qui en vivent ou qui en paient leurs maîtresses, il n’y aura personne qui ne vous assure que ce n’est jamais en brisant tous les nœuds de la société qu’on peut parvenir à faire respecter ces liens, et que le remède, en un mot, peut bien servir à rendre pis, mais sûrement jamais à rendre meilleur « ((lettre à Mme de Sade, début juin 1780).

« Ma façon de penser, dites-vous, ne peut être approuvée. Et que m’importe ? Bien fou est celui qui adopte une façon de penser pour les autres ! Ma façon de penser est le fruit de mes réflexions ; elle tient à mon existence, à mon organisation. Je ne suis pas le maître de la changer ; je le serais, que je ne le ferais pas. Cette façon de penser que vous blâmez fait l’unique consolation de ma vie : elle allège toutes mes peines en prison, elle compose tous mes plaisirs dans le monde et j’y tiens plus qu’à la vie. Ce n’est point ma façon de penser qui a fait mon malheur, c‘est celle des autres. L’homme raisonnable qui méprise les préjugés des sots devient nécessairement l’ennemi des sots ; il doit s’y attendre et s’en moquer. – Un voyageur suit une belle route. On l’a semée de pièges. Il y tombe. Dites-vous que c’est la faute du voyageur, ou du scélérat qui a tendu les pièges ? Si donc, comme vous le dites, on met ma liberté au prix du sacrifice de mes principes, ou de mes goûts, nous pouvons donc nous dire un éternel adieu, car je sacrifierais, plutôt qu’eux, mille vies et mille libertés, si je les avais. Ces principes et ces goûts sont portés par moi jusqu’au fanatisme, et le fanatisme est l’ouvrage des persécutions de mes tyrans. Plus ils continuent leurs vexations, plus ils enracinent mes principes dans mon cœur, et je déclare ouvertement qu’on n’a pas besoin de me parler jamais de liberté, si elle ne m’est offerte qu’au prix de leur destruction. Je le dis à vous. Je le dirai à M. Le Noir [7]. Je le dirai à toute la terre. L’échafaud serait là, que je ne varierais pas. Si mes principes et mes goûts ne peuvent s’allier avec les lois françaises, je ne demande point à rester en France. Il existe en Europe des gouvernements sages qui ne déshonorent pas les gens pour leurs goûts et qui ne les enferment pas pour leurs opinions. J’irai y vivre et je serai heureux.
Ce ne sont pas les opinions et les vices des particuliers qui nuisent à l’État ; ce sont les mœurs de l’homme public qui seules influent sur l’administration générale. Qu’un particulier croie en Dieu ou qu’il n’y croie pas, qu’il honore ou vénère une putain ou qu’il lui donne cent coups de pied dans le ventre, l’une ou l’autre de ces conduites ne maintiendra ni n’ébranlera la constitution d’un État. Mais que le magistrat qui doit veiller à l’approvisionnement d’une capitale double le prix des denrées parce que les fournisseurs lui font un sort, que l’homme chargé d’une caisse publique laisse souffrir ceux que doit soudoyer cette caisse, parce qu’il en fait valoir les deniers pour son compte, que le régisseur d’une maison royale et nombreuse laisse mourir de faim les malheureux militaires que le roi place dans cette maison, parce qu’il veut faire bonne chère, le jeudi gras, en sa famille, d’un bout de l’État à l’autre se fait sentir l’ébranlement de cette malversation : tout est altéré, tout est dégradé. Et cependant le concussionnaire triomphe, pendant que l’autre pourrit dans un cachot. Un État touche à sa ruine, disait le chancelier Olivier au lit de justice tenu sous Henri II, quand on ne punira que le faible, et que le malfaiteur enrichi trouvera son impunité dans son or.
Que le roi corrige les vices du gouvernement, qu’il en réforme les abus, qu’il fasse pendre les ministres qui le trompent ou qui le volent, avant que de réprimer les opinions ou les goûts de ses sujets ! Encore un coup, ces goûts et ces opinions n’ébranleront pas son trône, et les indignités de ceux qui l’approchent le culbuteront tôt ou tard. […] » (lettre à Mme de Sade, début novembre 1783).



Cellule n° 6 au rez-de-chaussée du donjon [8], à gauche en entrant : un octogone [9]. Cinq enjambées d’un mètre d’un mur à l’autre, le cercle fragmenté coupe la perception, brise l’espace où la pensée s’enroule en coquillage.

Comment disposer le lit : les pieds vers le centre ?
Et la table - où ?

Murs froids. Humidité. Salpêtre.
Plafond voûté très haut ; au centre de la rosace où convergent les lignes de l’octogone : un chien replié en boule.
On étouffe moins, on ne se réchauffe jamais.

Le puits du donjon est dans la salle à côté ; l’été, des dizaines d’insectes minuscules en remontent par vagues. La « garde-robe », les latrines, est dans un réduit ; dès qu’il fait chaud les odeurs sont insoutenables.

Porte en bois à plusieurs épaisseurs, serrures en fer à gros clous, guichet.
Ne s’ouvre pas de l’intérieur.
Saisir l’instant où le geôlier entre.

Il y avait des souris, des puces, des punaises, des araignées.
Le prisonnier s’impatiente qu’on lui refuse la compagnie d’un chien en arguant que les animaux sont interdits – et toute cette vermine alors !

Pas de lumière sinon tombant de trois mètres de hauteur.
Les jours d’hiver ne se lèvent pas.
Au-dessus de la muraille du donjon, le mince rectangle du ciel ; douceur que ce serait d’apercevoir la lune entre deux grillages.
Flammes innombrables d’une bougie.

On tape du pied sur les dalles pour entendre des pas, on cogne du poing contre le mur afin de percevoir un écho.
On parle à voix haute avec soi.
On a cru entendre une vielle, on chantonne…
D’autres fois on hurle.

On lirait les pierres.
On les déchiffre, on taille vif dans les fissures.

Pas de cheminée. Un poêle qui enfume au point que le prisonnier préférait avoir froid. Problèmes d’yeux. Conjonctivite purulente. Il écrit à l’aveugle, à tâtons. Difficulté à faire venir un oculiste de Paris pour consultation. Angoisse de perdre la vue, l’usage de la parole.

Des mois entiers sans promenades (étourdissements, évanouissements, mal de poitrine, nez qui saigne), trois années sans visites, un homme toujours très pressé paraît quatre fois dans ma chambre dans la journée, dont l’une à la pointe du jour, pour me demander si j’ai bien dormi (tu vois que c’est pousser les attentions loin), les autres fois pour m’apporter à manger, etc. Sept minutes bien rondes et bien complètes sont l’intervalle exact qu’il passe avec moi dans ces quatre visites en tout, et puis c’est fini [10]





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Dominique Dussidour - 16 avril 2012

[1On peut lire quelques-unes de leurs lettres dans Les amours de Mirabeau et de Sophie de Monnier par Jules Janin (Paris, 1864).

[2Les lettres de cachet, émises par le pouvoir royal, suspendaient les jugements prononcés par les tribunaux y compris les condamnations à mort, toutes les lettres de cachet n’étaient pas précédées d’un procès. Le père de Mirabeau, Victor Riquetti, avait lui-même été enfermé cinq jours à Vincennes en 1760 pour avoir déplu au gouvernement en publiant Théorie de l’impôt, avant d’être exilé sur ses terres d’Argenteuil.

[3Attribution d’une allocation supplémentaire pour trois prisonniers « fictifs », qui doit permettre au commandant d’équilibrer ses comptes.

[4Il fallait une lettre d’abolition pour mettre fin à une lettre de cachet. La présidente de Montreuil, belle-mère de Sade, ne la sollicitera jamais. C’est un décret de l’Assemblée constituante abolissant les lettres de cachet qui libérera Sade en 1790.

[5Il désigne ainsi le « premier commis du secret », un nommé Boucher, chargé de lire le courrier des prisonniers.

[6C’est à un « tigre » que Sade compare le duc de Blangis dans Les 120 Journées de Sodome.

[7Lieutenant général de police de 1774 à 1785. A paru en 2011 Un policier des Lumières, suivi des Mémoires de Lenoir, par Vincent Milliot, aux éditions Champ Vallon.

[8Sade avait été enfermé une quinzaine de jours à Vincennes en 1763 pour « débauche outrée ». On lui avait alors attribué la cellule numéro 11 qui était « à vue », c’est-à-dire donnant au-dessus de la muraille qui entoure le donjon. La cellule numéro 6 où il restera incarcéré de 1778 à 1784, située au rez-de-chaussée, est « sans vue ».

[9« Les quatre obliques sont perpendiculaires aux diagonales. Le sentiment d’enceinte, de forteresse autour de la rose du cœur est souligné. Il est en quelque sorte présenté, mis en valeur. Les angles rabattus semblent appartenir au mur, être une transition entre le cadre proprement dit et l’environnement. Il y a une mise en abîme du pourtour dans le pourtour », Michel Butor, La Nuit au carré, à propos de l’œuvre d’Albert Ayme.

[10Lettre à Mme de Sade, 17 février 1779.