Joël Vernet | L’adieu est un signe

Présence de Paul Celan sur remue.net.

Joël Vernet sur remue.net.






L’ADIEU EST UN SIGNE




Paul Celan, la rue paisible garde

Le silence même si de grands arbres

Ouvrent encore leurs yeux de vieillards




Sur le monstre qui vint avec ses armes

Jusqu’au fond de ta maison

Prendre les tiens, un à un, puis en masse




Pour les mettre en fosse à coups de hache.

Paul Celan, la rue garde le silence

Même si une musique ancienne




Sourd des pierres d’ici, de cette rue tranquille

Dans laquelle je marche,

Rue de ton enfance quand il neigeait




Sur ton cartable. Le monstre aux yeux de marin

A bu le sang de ta mère, de tant d’autres

Dans les forêts de Bucovine.




Colère, Paul Celan, Injustice

Ne sont pas les mots qui conviennent.

Quels sont les mots pour dire




La honte et la cruauté, maintenant

Que dorment les assassins, que la langue

Du monstre s’est repue ?




J’entends ta voix basse sous les herbes

Des chemins qui ont, de la folie,

Tout le panache.




Paul Celan, les rues natales

Possèdent-elles un langage pour dire l’Horreur,

La poésie est-elle cette rose d’espérance ?







Photos DR : 1. Maison natale de Paul Celan à Tchernivtsi, en Bucovine, Ukraine de l’Ouest. 2. Statue en hommage à Paul Celan.

23 octobre 2012