[19] « j’ignore l’art de peindre sans couleur… »

Bibliographie des deux articles consacrés à Aline et Valcour :
Aline et Valcour ou le Roman philosophique, édition établie, présentée et annotée par Jean M. Goulemot, Le Livre de poche, collection Classiques (Librairie Générale Française, 1994). Édition de 1795 numérisée sur Gallica.
Vie du marquis de Sade, Gilbert Lely, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Garnier, 1982.
La Bastille ou « l’enfer des vivants » à travers les archives de la Bastille, sous la direction d’Élise Dutray-Lecoin et Danielle Muzerelle, chapitre « Voltaire et Sade. Deux philosophes emblématiques à la Bastille », par Michel Delon, BnF, 2010.
« Sade, noir et blanc : Afrique et Africains dans Aline et Valcour », par Catherine Gallouët.
« Aline et Valcour de Sade : science et ‘‘pseudo-science’’ dans un roman philosophique », par José Manuel Losada Goya.





« Quelques lecteurs vont dire : Voilà une bonne contradiction ; on a écrit quelque part avant ceci qu’il ne fallait pas changer souvent les ministres en place : ici l’on dit tout le contraire. - Mais ces vétilleux lecteurs veulent-ils bien nous permettre de leur faire observer que ce recueil épistolaire n’est point un traité de morale dont toutes les parties doivent correspondre et se lier ; formé par différentes personnes, ce recueil offre, dans chaque lettre, la façon de penser de celui qui écrit, ou des personnes que voit cet écrivain, et dont il rend les idées : ainsi, au lieu de s’attacher à démêler des contradictions ou des redites, choses inévitables dans une telle collection, il faut que le lecteur, plus sage, s’amuse ou s’occupe des différents systèmes présentés pour ou contre, et qu’il adopte ceux qui favorisent le mieux, ou ses idées, ou ses penchants »
Aline et Valcour, Lettre XXXVIII, note de l’auteur.





1. Façons dont les œuvres de Sade ont eu maille à partir avec l’Histoire et la Révolution

Sade finit d’écrire Les Cent Journées de Sodome [120J] en novembre 1785. Toujours embastillé, il entreprend d’écrire Aline et Valcour [AV] en 1786. À la différence des 120J, il ne s’en cache pas. Il demande des informations sur les rues de Tolède et de Madrid, sollicite l’avis de Madame de Sade sur son manuscrit, elle le lit et lui répond. Quand la Bastille sera pillée en juillet 1789, Aline et Valcour sera en lieu sûr, dehors, en liberté avant son auteur.
Parallèlement Sade compose des textes courts :
— Les Infortunes de la vertu [1], nouvelle dont il développera deux versions romanesques : Justine ou les Malheurs de la vertu et Nouvelle histoire de Justine ou les Malheurs de la vertu, suivie de l’Histoire de Juliette sa sœur ou les Prospérités du vice.
— Eugénie de Franval, écrit du 1er au 7 mars 1788, qui figure dans Les Crimes de l’amour, recueil de nouvelles « héroïques et tragiques » qui paraîtra en 1799 (sans Les Infortunes de la vertu).

Suite à l’abolition des lettres de cachet décrétée par l’Assemblée constituante, Sade est libéré le 2 avril 1790. En mars 1791, il informe son ami et avocat Reinaud de la parution simultanée d’Aline et Valcour, son « roman philosophique », et de la première Justine. Justine ou les Malheurs de la vertu paraît avec l’indication « en Hollande, chez les libraires associés » (à la fois pour le signaler au public « averti » et pour éviter la censure pourtant officiellement abolie par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août 1789) - en réalité à Paris, chez Girouard - mais pas Aline et Valcour. Ce n’est alors que partie remise puisque, en 1793, le roman est annoncé chez Girouard, « à Paris, rue du Bout-du-Monde, n° 47 », avec cette précision : « écrit à la Bastille un an avant la Révolution de France », une édition en 8 volumes, in-18, ornée de 14 gravures, dont l’auteur est un certain « citoyen S*** [2] » - mais Aline et Valcour ne paraît pas davantage cette année-là.

C’est qu’une révolution se déroule. Avec sa conjugaison de destructions, d’innovations techniques, d’actes de générosité, de règlements de comptes, la période semble décupler espoirs et déconvenues. En décembre 1793, Sade puis Girouard sont arrêtés comme « suspects » [3], l’impression du roman est interrompue. Girouard est guillotiné, Sade en réchappe de peu en octobre 1794, la Terreur ayant pris fin. Aux frontières les armées républicaines combattent les coalisés européens, repoussent les tentatives de débarquement des émigrés. À l’intérieur les courants révolutionnaires s’affrontent par clubs interposés, les royalistes maintiennent la pression. En 1795 sont créés l’Institut des sourds-muets, les écoles centrales départementales, l’École des langues orientales, le Bureau des longitudes, les cantons comme unités territoriales, le Bureau d’examen des papiers publics et le Bureau de surveillance de Paris. La prudence dans les comportements, les conversations, les prises de position reste de règle en tous lieux et dans tous les domaines, y compris en littérature. En août, quand paraît Aline et Valcour par les bons soins de la veuve Girouard installée maintenant « Maison Égalité, galerie de Bois n° 196 », aucun nom d’auteur, pas même une initiale, ne figure sur la couverture. Quant à La Philosophie dans le boudoir, paru en même temps, il est annoncé comme « ouvrage posthume de l’auteur de Justine » et prétendument imprimé à Londres.

Le 19 mai 1815, un an après la mort de Sade, Aline et Valcour et la Nouvelle histoire de Justine seront condamnés à la destruction par la Cour royale de Paris – mais ces deux romans circulent depuis vingt ans, des exemplaires sont désormais à l’abri dans les bibliothèques.


2. La triste histoire d’Aline et Valcour

Aline et Valcour est un roman épistolaire de 72 lettres datées du 3 juin 1778 au 17 mai 1779. Elles se répartissent ainsi :
21 lettres entre les amoureux Aline et Valcour
20 lettres entre Valcour et Déterville, amis unis dans le bien, dont deux longues lettres où Déterville rapporte l’« Histoire de Sainville » puis l’« Histoire de Léonore », deux romans dans le roman principal
19 lettres entre Mme de Blamont, mère d’Aline, et Valcour
5 lettres entre M. de Blamont, père d’Aline, et son vieil ami Dolbourg, amis unis dans le mal. Malgré le petit nombre de lettres, leur projet, marier Aline à Dolbourg, constitue l’armature du roman principal. Il évoque l’accord passé entre les quatre libertins des 120J selon lequel chacun a épousé la fille d’un autre - pacte scellé par le sang des héritières, endogamie familiale et financière
1 lettre d’Aline, qui s’inquiète de Valcour, à Déterville
1 lettre de Mme de Blamont à Dolbourg qu’elle supplie en vain de renoncer à son projet
1 lettre de Julie, femme de chambre et confidente d’Aline, à Déterville
1 lettre de Léonore – compagne de Sainville - à Mme de Blamont
1 lettre de Sophie à Mme de Blamont qui l’a recueillie
1 lettre du chevalier de Meilcourt à Déterville en réponse à une demande de renseignements concernant Élisabeth de Kerneuil (vrai nom de Léonore)
1 lettre d’Aline « aux mânes de sa mère ».

Deux courts récits prennent place dans le roman principal :
— « Histoire de Valcour », lettre V adressée à Aline à qui Valcour raconte sa vie jusqu’à leur rencontre et qui s’inspire de certains éléments de la vie de Sade : participation à la guerre de Sept Ans, admiration pour Jean-Jacques Rousseau, désir d’être écrivain :

Ce fut pendant ce cruel désœuvrement que le goût de la littérature et des arts vint remplacer dans mon âme cette frivolité, cette fougue impétueuse qui m’entraînaient auparavant dans des plaisirs, et bien moins doux, et bien plus dangereux. Rousseau vivait, je fus le voir ; il avait connu ma famille ; il me reçut avec cette aménité, cette honnêteté franche, compagnes inséparables du génie et des talents supérieurs ; il loua, il encouragea le projet qu’il me vit former de renoncer à tout pour me livrer totalement à l’étude des lettres et de la philosophie ; il y guida mes jeunes ans, et m’apprit à séparer la véritable vertu des systèmes odieux sous lesquels on l’étouffe.

— « Histoire de Sophie », jeune femme enceinte recueillie par Mme de Blamont, lettre XVI adressée à Valcour par Déterville, avec imbroglios de substitution d’enfants (pas toujours simples à suivre) et scènes de reconnaissance au terme desquelles Aline et Sophie, après avoir cru que Mme de Blamont était leur mère à toutes deux, s’aimeront comme des âmes sœurs, l’accord des cœurs primant sur les liens du sang.

Lettres d’amour entre Aline et Valcour, lettres d’amitié entre Valcour et Déterville, lettres pleines d’affection de Mme de Blamont à Valcour qu’elle accepte d’avoir pour gendre bien qu’il n’appartienne pas à la noblesse de sang – la majeure partie de la correspondance est expédiée de Paris ou du château de Vertfeuille, résidence d’été des Blamont, où séjournent Mme de Blamont et Aline, Mme de Senneval, amie de Mme de Blamont, et sa fille Eugénie fiancée à Déterville, le vieux comte de Beaulé, soutien de Mme de Blamont. Tous tentent d’édifier un rempart contre le crapuleux mariage projeté par Blamont et Dolbourg. Mais les honorables scrupules et les bonnes intentions, le tiraillement entre des devoirs contradictoires – respect d’une fille à l’égard de son père, d’une épouse à l’égard de son mari versus vertu et bonheur – sont impuissants à contrecarrer une complicité de longue date qui ne recule ni devant la fourberie ni devant le meurtre. Malgré l’enquête de Déterville qui apporte les preuves des agissements suspects de M. de Blamont, son épouse ne peut se résoudre à porter plainte en justice ni Valcour à passer outre les réticences d’Aline et de sa mère à dénoncer leur père et mari. Afin d’échapper à une lettre de cachet que Blamont a obtenue contre lui, et sur les conseils de Mme de Blamont, Valcour s’enfuit en Italie. La voie est libre : après avoir empoisonné son épouse, M. de Blamont conduit Aline au château de Dolbourg où celle-ci se suicide après avoir rédigé une ultime lettre « aux mânes de sa mère ». Deux ans plus tard Valcour mourra de désespoir dans l’abbaye de Sept-Fonds.


3. À cœur-joie et en dépit de tout péril

Intercalée dans la triste histoire d’Aline et Valcour, l’histoire de Sainville et Léonore est autrement tumultueuse. Autant Aline et Valcour se montrent sentimentaux, conventionnels, presque timorés, autant Sainville et Léonore sont des esprits libres, curieux, combatifs, de plain-pied dans le siècle des Lumières, prêts à vivre un roman d’aventures. Comme le père d’Aline, les pères respectifs de Sainville et de Léonore s’opposent à leur mariage : Léonore doit épouser le comte de Folange ou elle sera conduite dans un couvent, Sainville doit épouser Mlle de Vitré ou il partira à l’armée. Tous deux refusent ces mariages arrangés pour des motifs financiers. Dès que Sainville apprend que Léonore a été enfermée dans un couvent par sa famille, il n’hésite pas : déguisé en nonne, il pénètre dans le cloître et sauve Léonore. Ils s’enfuient à Venise où les deux amants se jurent une éternelle fidélité. Hélas, pendant que Sainville est allé admirer les peintures du Titien et de Véronèse dans une abbaye proche, Léonore est enlevée et conduite dans le palais d’un noble libertin d’où elle ne s’échappe que pour tomber entre les mains d’un corsaire de Tripoli. Sainville se lance à sa poursuite.

Les deux amoureux vont vivre deux histoires parallèles rapportées dans deux lettres de Déterville à Valcour : la lettre XXXV relate l’histoire de Sainville, la lettre XXXVIII l’histoire de Léonore - ces deux lettres formant un bon tiers d’Aline et Valcour. C’est le hasard qui a conduit Sainville et Léonore, par la nuit égarés, jusqu’au château de Vertfeuille où ils ont demandé l’hospitalité. Le lendemain ils acceptent de raconter leur histoire au cercle d’amis. Une note de l’auteur conseille : « Le lecteur qui prendrait ceci pour un de ces épisodes placés sans motif, et qu’on peut lire ou passer à volonté, commettrait une faute bien lourde. » En effet, l’histoire de Léonore croise l’histoire d’Aline par la découverte très inattendue que Léonore est « réellement fille » de M. et de Mme de Blamont (dont elle héritera à la fin du roman) et donc la sœur d’Aline. Mais que de péripéties - qui distendent le lien qu’on se plaît à souligner entre l’emprisonnement réel de Sade à la Bastille et l’enfermement romanesque dans le château de Silling - avant d’en arriver là !

Commencent deux récits étourdissants de mésaventures et de rebondissements. Documentés par les voyages de Cook et de Bougainville que Sade avait lus à Vincennes, ils nous font parcourir deux fois le monde :
— par la mer avec Sainville : Venise et île de Malamoco ; Corfou, cap de Morée, Pétra, Tunis, Malte, détroit de Gibraltar, Maroc ; Meknès, côte du Cap-Nègre ; royaume de Butua ; Le Cap, Tahiti ; Nouvelle-Hollande, Terre de Diémen, royaume de Tamoé ; Cadix, Madrid, Pau, Bayonne, Bordeaux
— par les terres avec Léonore : Venise et île de Malamoco ; Tripoli, Malte ; Alexandrie ; oasis de Hélaoué, Dongola à la frontière de la Nubie ; royaume de Sennar ; Bakar, Giésim, Serké en Éthiopie ; royaume de Butua ; Benguelé ; Lisbonne ; Alcantara, traversée de l’Estrémadure, Tolède ; Aranjuez ; Madrid ; Ségovie ; Valladolid, Burgos ; Bayonne, Bordeaux.
On le voit, les itinéraires se croisent en trois lieux et trois épisodes racontés une fois par Sainville, une fois par Léonore dont les récits se complètent : à Malte, le cercueil dans lequel Léonore prétendue morte a été enfermée par le chirurgien Dolcini pour la faire sortir du palais de Fallieri se trouve dans la chambre d’hôtel contiguë à celle de Sainville ; à Butua, royaume tyrannique et sanguinaire de Ben Mâacoro où elle est esclave, Léonore est présentée les yeux bandés et voilée à Sainville, lui-même prisonnier de guerre, qui ne la reconnaît pas ; à Madrid, tous deux sont enfermés par l’Inquisition dans des cellules voisines.

Sainville et Léonore ont en commun le regard quasi ethnographique qu’ils portent sur chaque pays où ils séjournent plus ou moins longtemps selon les circonstances. Chacun décrit en détail les paysages avec leur flore et leur faune, l’organisation sociale et politique des empires et des tribus, la façon dont on cultive la terre, dont on se nourrit, dont on s’habille, les types physiques, les systèmes religieux, les coutumes, les relations de bon ou mauvais voisinage avec les peuples frontaliers. Observateurs et critiques, ils ne manquent pas de comparer ce qu’ils voient avec ce qui a cours en Europe.

Là, nos bagages [raconte Léonore], sous la garde des différents seigneurs de terres où nous passions, étaient portés par leurs vassaux, de territoires en territoires, ce qui dura tout le temps que nous fûmes en Éthiopie.
Quoique nous ne pénétrâmes pas jusque dans la capitale de cet empire, j’en vis assez pour pouvoir vous parler en peu de mots d’un pays qu’on fréquente trop peu et qui, partout, offre à l’œil du philosophe et du naturaliste, une foule d’objets intéressants. Il n’est sans doute aucune province en Europe plus artistement cultivée : le cardamomum et le gingembre en donnant à ces plaines un aspect flatteur, parsème l’air d’atomes les plus odoriférants ; agréablement coupées par de vastes rivières bordées de lis, de jonquilles, de tulipes et de violettes, on se croit dans le paradis terrestre ; on ne s’étonne plus, en voyant ce climat, que quelques imaginations ardentes y aient placé ce lieu de délices dont notre premier père eut la maladresse de se faire chasser pour une pomme, fruit qu’on n’y aperçoit pourtant nulle part. […]
Les Éthiopiens suivent la religion copte, sorte de culte mélangé du catholicisme et du grec. Ils sont très dévots, grands adorateurs de saints, profondément pénétrés de la possibilité des miracles, et surtout de la transsubstantiation quoiqu’ils aient aussi parmi eux des gens assez raisonnables pour rejeter un dogme où la foi, le plus trompeur des guides, est si nécessaire pour soumettre la raison révoltée (lettre XXXVIII [Déterville à Valcour]).

Léonore est un personnage complexe, lucide et courageux, qui se départit rarement de son sang-froid et de son pragmatisme – « à cœur vaillant rien d’impossible » semble sa devise. Elle se dit agnostique, ne se refuse ni à mentir ni à séduire quand elle le juge nécessaire, choisit toujours l’attaque plutôt que la défense, préfère un grand péril lointain à un petit péril immédiat, considère la prostitution comme utile dans certaines situations (même si elle ne la pratique pas), professe l’indépendance des femmes et la liberté de pensée. Reste que – amour oblige - la présence de Sainville parmi ceux qui écoutent son récit paraît parfois la brider au point de l’amener à abréger ou édulcorer certaines scènes. De retour en Europe, alors qu’elle est enfermée dans une geôle de l’Inquisition, elle récapitule son périple :

« Ô ciel ! me dis-je dès que je fus un peu calme, serait-ce donc ici le tombeau de cette fidélité qui m’est si chère, et que je conserve avec tant de plaisir ?… J’ai échappé aux pièges d’un noble Vénitien ; un corsaire barbare n’a osé attenter à ma pudeur ; elle n’a point cédé aux poursuites d’un consul français ; à la veille d’être empalée à Sennar, ne sauvant ma vie qu’au prix de mon honneur, j’ai trouvé le secret de garder l’un et l’autre ; j’ai vu un empereur cannibale à mes genoux ; je suis sortie intacte des mains d’un jeune Portugais, d’un vieil alcade de Lisbonne, des quatre plus grands débauchés de cette ville ; don Fiasco de Benda-Molla [sic] n’a pu triompher de mes rigueurs ; une Bohémienne, deux moines et un chef de brigands ont soupiré sans fruit ; et tout cela serait-il, grand Dieu, pour devenir la proie d’un inquisiteur… Hélas ! j’avais des ressources partout, il ne m’en reste aucune ici, il faut que je périsse ou que Dieu fasse un miracle en ma faveur ; et depuis celui de l’Annonciation, je ne sache pas qu’il en ait fait un seul en faveur de la vertu des femmes » (lettre XXXVIII [Déterville à Valcour]) .

Dans cette partie du roman deux courts récits prennent également place :
— « Histoire du roi Zamé » rapportée par Sainville
— « Le crime du sentiment ou les Délices de l’amour », nouvelle espagnole [4] racontée par dona Laurentia à Léonore qui la rapporte dans son récit.
L’histoire de la Tour enchantée coupera court après la découverte, dans un buisson, d’une femme poignardée (histoire de Léonore).



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Dominique Dussidour - 26 février 2013

[1Première publication posthume par Maurice Heine en 1930.

[2Le 19 juin 1790, l’Assemblée nationale a aboli la noblesse héréditaire, les titres, ordres militaires, armoiries, livrées et « toute espèce de distinction » entre Français.

[3À La Coste, Sade a été inscrit (à tort) sur la liste des émigrés ; à Paris, il est accusé d’avoir demandé du service dans la garde constitutionnelle du roi - ces deux points le désignent comme « suspect » au regard de la loi votée le 17 septembre 1793.

[4Dans Les Crimes de l’amour, Sade qualifie « Laurence et Antonio » de nouvelle « italienne », « Ernestine » de nouvelle « suédoise ».