[23] « supposons un œuf placé sur un billard… »

Bibliographie de cet article :
Sade, Opuscules et lettres politiques (1789-1794), préface de Gilbert Lely, 10x18 n° 1321, Union générale d’éditions, 1979.
Lettres inédites et documents de D.-A.-F. de Sade retrouvés par Jean-Louis Debauve avec introduction, biographies des principaux destinataires (les notaires de Sade, en particulier) et notes, préface et chronologie d’Annie Le Brun, Ramsay/Pauvert, 1990.

Héloïse Bocher, Démolir la Bastille. L’édification d’un lieu de mémoire, éditions Vendémiaire, collection Révolutions, 2012. Lire en particulier « L’épopée des papiers de la Bastille », p. 209 à 246.
Flagrants délits sur les Champs-Élysées. Les dossiers de police du gardien Federici (1777-1791), édition présentée et annotée par Arlette Farge, postface de Laurent Turcot, Mercure de France, collection Le temps retrouvé, 2008. Comment se constitue en plein Paris, sous le regard conciliateur du garde-suisse Federici, un espace public où se croisent promeneurs de toutes les classes sociales, étudiants, voleurs à la tire, prostituées et sodomites, où se déroulent des activités aussi diverses que le maraîchage, le pacage des vaches, le jeu de paume, l’ouverture des guinguettes, et comment y assurer la sécurité de chacun et le bien-être de tous.

Philippe de Carbonnières, Prieur, Les Tableaux historiques de la Révolution, Catalogue raisonné des dessins originaux, Collections du musée Carnavalet, Paris-Musées-Nicolas Chaudun, 2006. Un témoignage visuel en direct de la Révolution française, à Paris et en province, du 20 juin 1789 (« Serment du Jeu de Paume ») aux 27-28 juillet 1794 (« Nuit du 9 au 10 thermidor »). Proche de Robespierre, Jean-Louis Prieur sera guillotiné le 7 mai 1795. Les Tableaux historiques de la Révolution, publication vendue sur souscription, paraissait deux fois par mois. Chaque numéro comportait deux estampes, gravées d’après des dessins d’artistes de l’époque, et un texte de quelques pages. Il y eut cinq éditions de 1791 à 1817.
Du même auteur et dans la même collection, Lesueur, Gouaches révolutionnaires, 2005.





« Supposons un œuf placé sur un billard et deux billes lancées par un aveugle : l’une dans sa course évite l’œuf, l’autre le casse ; est-ce la faute de l’aveugle qui a lancé la bille destructive de l’œuf ? L’aveugle est la nature, l’homme est la bille, l’œuf cassé le crime commis. Regarde à présent, mon ami, de quelle équité sont les lois de ton Europe et quelle attention doit avoir le législateur qui prétendra les réformer. »
Aline et Valcour, Lettre XXXV, Déterville à Valcour, « Histoire de Sainville et de Léonore ».





[Le chantier en cours est instable. Il se construit tantôt sur ce que je sais, tantôt sur ce que je ne sais pas, je vais et viens, clopin-clopant, de l’un à l’autre. Ce que je sais projette une ombre portée sur ce que je ne sais pas. L’ombre se déplace au fil des mois (lectures, brouillons, rêves et rêveries) si bien que je ne sais jamais exactement ce que je ne sais pas à tel ou tel moment, ni quand je le saurai.]

La détention sans jugement appartient à l’histoire politique de la France. Elle est l’objet du pamphlet de Mirabeau Des lettres de cachet et des prisons d’État, des Mémoires sur la Bastille de Nicolas Linguet, Mme de Genlis l’évoque à plusieurs reprises dans ses Mémoires à propos de son père notamment, chapitre III. Sade raconte son incarcération dans l’abondante correspondance adressée à Mme de Sade. On y apprend les livres qu’il a lus de 1777 à 1790, les vêtements qu’il portait, son goût pour les aliments sucrés, ses rages contre l’administration et le règlement des prisons, contre les geôliers qui le privaient de promenades et les censeurs qui « gribouillaient » ses lettres, ses maux d’yeux et ses maux d’estomac, ses calculs incessants, les premières années, pour déduire la date de sa libération de prétendus « signaux » dissimulés dans le courrier qu’il recevait [1], ses commandes codées d’accessoires sexuels, ses demandes d’encre, de plumes, de cahiers d’un certain format et d’un certain papier sur lesquels il écrit ses premières pièces de théâtre et ses deux premiers romans, Les Cent Vingt Journées [120J] et Aline et Valcour. À la différence d’autres récits de prison, cette relation détaillée, presque au jour le jour, de treize années de détention fait entrer le lecteur dans la vie et l’œuvre de Sade d’une façon bien particulière : par la porte d’une cellule qui se referme derrière vous et vous laisse en tête à tête entre quatre murs avec ses mots et ses images.

L’Assemblée nationale constituante l’a libéré le 2 avril 1790. C’est sur les pas d’un écrivain désormais libre que je marche. Il reste libre pendant l’Assemblée nationale législative. La Convention, qui vote la loi contre les suspects en septembre 1793, l’emprisonne le 8 décembre. La Terreur prend fin la veille de son procès devant le Tribunal révolutionnaire, il est libéré le 15 octobre 1794. Il reste à nouveau libre sous le Directoire, lors du coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) et dans les débuts du Consulat. C’est sous le Consulat qu’il est à nouveau arrêté le 16 janvier 1801, pour ses écrits littéraires cette fois. Il mourra en détention, sans jamais avoir été jugé, en janvier 1814, trois mois avant l’exil de Napoléon Bonaparte sur l’île d’Elbe. J’ai l’impression d’assister à une course de vitesse entre la liberté et l’Histoire.

L’Histoire est intervenue très tôt dans la vie de Sade. À partir de 1756, l’année de ses seize ans, jeune officier juste sorti de l’École des chevau-légers de Versailles avec le grade de sous-lieutenant, il a participé à la guerre de Sept Ans, une guerre à l’échelle européenne et même mondiale (Amérique du Nord, Québec, Caraïbes ; Indes, Philippines) qui fit environ un million de morts. Sur les champs de bataille, au campement, en permission dans les villes de garnison, il aura été initié à la culture militaire – histoire des guerres et de la politique en Europe, art de la tactique, du siège, de la défense, traditions orales, plaisanteries et chansons, figures mémorables, hauts faits légendaires -, entendu d’innombrables récits de bravoure, de ruse, de trahison, de lâcheté, observé les comportements en situation de péril, de survie, de victoire, réfléchi, peut-être après coup, à ce que signifie donner des ordres et en recevoir. Sans nommer explicitement la guerre de Sept Ans, les armes, la poudre, le canon, la discipline et les punitions militaires, tout cela transparaît dans les deux romans écrits à la Bastille : portrait du duc de Blangis et passions dans les 120J ; lettre autobiographique de Valcour à Aline, lettre V d’Aline et Valcour. À noter également, dans Aline et Valcour, les nombreuses discussions sur l’histoire des pays européens et leurs relations diplomatiques.

Sade a quitté l’hôtel du Bouloir [2], il habite maintenant rue Honoré-Chevalier, « en face du numéro 7 de madame la présidente de Fleurieu » sa logeuse, dans le quartier de Saint-Sulpice. La liberté est un ébranlement mental et physique brutal, l’on n’y prend pas ses marques du jour au lendemain. Il traverse des phases de mélancolie et de brusques euphories, des périodes de misanthropie et des instants d’amitié pour tout le genre humain indistinctement. Il y a beaucoup à faire et à comprendre, et d’abord ceci : il était noble sous l’Ancien Régime, les titres de noblesse ayant été abolis le voilà simple citoyen, cela signifie quoi ? Mme de Sade a demandé la séparation de corps, il doit régler la répartition des biens entre elle et lui. En son absence ses trois enfants sont devenus de jeunes adultes, presque des inconnus, il pense à se rapprocher des deux garçons, peut-être à tenir auprès d’eux le rôle protecteur qu’a tenu son père auprès de lui. Il tente de renouer avec des proches : Stanislas comte de Clermont-Tonnerre, le mari de sa nièce, député, partisan d’une monarchie constitutionnelle à l’anglaise ; sa tante Gabrielle-Éléonore de Sade, abbesse de Saint-Benoît de Cavaillon, dont il s’inquiète de l’héritage moins pour en disposer que pour se réinscrire dans une descendance familiale ; d’autres, comme Louis Joseph de Bourbon avec qui il a partagé, dans son enfance, les jardins de l’hôtel de Condé [3], ont émigré aussitôt après la prise de la Bastille. Il rencontre des directeurs de salles de spectacles, des comédiens à qui il fait lire ses pièces, malgré les refus il insiste. Il lui faut sans cesse compter, emprunter, mettre en gage, réclamer l’argent qui lui revient de l’exploitation de ses terres, ses seuls revenus (la Révolution n’a pas aboli le droit de propriété). Il demande qu’on lui expédie, du château de La Coste, des meubles, de la vaisselle, le linge dont il a besoin pour s’installer. À Paris il a toujours vécu chez les uns et les autres (parents, beaux-parents), il n’a jamais eu un logement à lui si ce n’est d’occasionnelles locations, à Arcueil, à Versailles, du temps où il était un jeune homme ordinairement tourmenté ou simplement curieux des plaisirs offerts par les corps, le sien, celui des autres. Ce qu’il connaît le mieux dans la capitale ce sont les prisons. Il doit ajuster continuellement ce dont il se souvient et ce qu’il a sous les yeux. Il s’efforce de faire la part entre ce qui aurait changé du fait même de l’écoulement de treize années et les bouleversements spécifiques, petits ou grands, apportés par la toute neuve Révolution. À marcher dans la ville, son corps récupère un peu de souplesse, de souffle, d’allant.

Dès qu’il a été libéré il a commencé de chercher ses livres et ses manuscrits dans les décombres de la Bastille. Fin mai il écrit à Gaufridy, son notaire d’Apt :

« En sortant de la Bastille, la nuit du 3 au 4 juillet, suivant les anciens usages du despotisme ministériel, on ne me laissa rien emporter. J’en sortis nu comme la main, et tous mes effets, c’est-à-dire pour plus de cent louis de meubles, d’habits ou de linge, six cents volumes dont quelques-uns fort chers [4] et, ce qui est irréparable, quinze volumes de mes ouvrages manuscrits, prêts à passer chez l’imprimeur, tous ces effets, dis-je, furent mis sous le scellé du commissaire de la Bastille, et Mme de Sade dîna, fut à la garde-robe [5], se confessa et s’endormit. Enfin le 14 juillet au matin, elle s’imagina qu’il était temps de faire ouvrir ce scellé, et de m’envoyer mes effets… à moi toujours nu (heureusement qu’il faisait chaud) et toujours végétant parmi les fols. Malheureusement, le jour qu’elle prit pour se réveiller de sa léthargie était le même où le peuple se porta en foule à la Bastille, où il en assassina le gouverneur et tous les officiers, moyennant quoi il n’y eut pas moyen d’entrer, et tous mes effets furent pillés. Je vous demande, mon cher avocat, si cette conduite n’est pas atroce, si, ayant eu dix jours à elle, Mme de Sade est excusable de m’avoir laissé piller… et piller des manuscrits que je pleure tous les jours en larmes de sang… des ouvrages qui m’auraient beaucoup rapporté… qui m’auraient consolé dans ma retraite, et qui, en adoucissant ma solitude, m’avaient fait dire : ‘‘Au moins je n’aurai pas perdu mon temps !’’ Pardonnez, mon bon et cher ami, si je n’appuie pas sur cette circonstance, elle déchire mon cœur d’une si cruelle manière que ce que j’ai de mieux à faire est de tâcher d’oublier ce malheur et de n’en plus parler à personne. Je retrouve pourtant quelque chose dans les districts où furent jetés les papiers de la Bastille, mais rien d’important… des misères et pas un seul ouvrage un peu conséquent. Oh ! j’y renonce, j’y renonce ! Juste Dieu ! C’est le plus grand malheur que pût me réserver le ciel !… Et pour adoucir cette plaie, savez-vous ce qu’a fait l’honnête et sensible Mme de Sade ? Elle avait aussi beaucoup d’ouvrages à moi, de manuscrits passés clandestinement dans ses visites, elle me les refuse… Elle dit que, dans la crainte que ces ouvrages (trop fermement écrits) ne me fissent tort, à l’époque de la révolution, elle les a confiés à des personnes qui en ont brûlé une partie !… Le sang bouillonne en entendant de telles réponses !… […] »

Peut-être s’est-il procuré un de ces faux « passeports » qui permettaient de s’introduire et circuler dans le chantier de démolition. Il a dû regarder dans les amas de pierres, arpenter les fossés, ramasser des centaines de feuilles volantes dispersées dans les cours, les escaliers, questionner des maîtres et des compagnons maçons, des manœuvres, des tailleurs de pierres - près d’un millier de personnes appartenant à tous les métiers du bâtiment travaillent là en permanence -, proposer une récompense, rencontrer Palloy l’entrepreneur. En vain. Habitants du quartier, promeneurs, touristes, vendeurs de souvenirs – médaillons gravés du mot Liberté, éventails peints d’après des dessins de la prise de la Bastille… -, alentour c’est un tel charivari que c’est à peine s’il arrive à situer la tour de la Liberté où il était. On dit que certains amateurs de sensations fortes obtiennent de passer la nuit dans une ancienne cellule… les imbéciles ! Partout dans les rues, à l’Hôtel de ville, à Versailles, la révolution se poursuit. Il en est question dans sa correspondance avec les notaires et fermiers du Vaucluse chargés de la gestion et de l’exploitation de ses terres, ce qui n’est pas une affaire politiquement neutre en cette période de réorganisation sociale, fiscale et géographique de la France. Le 17 juillet 1790, il écrit à Gaufridy :

« J’ai reçu, mon cher avocat, les 1400 livres que vous venez de m’envoyer en deux lettres de change. La première de 800 livres ne m’a été payée qu’en papier, ce qui comme vous voyez m’occasionne encore une perte considérable ; vous voudrez bien joindre à cela celle que j’ai faite sur les mille écus de M. de Sapoula, et mieux tenir compte, ainsi que vous me l’aviez promis.
Il y a quatre jours que cette lettre était commencée sans qu’il m’ait été possible de trouver l’instant de la continuer ; je ne voulais d’ailleurs vous écrire qu’après la fête nationale afin de vous en parler. Une telle chose est impossible à détailler, il faut l’avoir vu pour se le peindre, j’étais aux meilleures places et sans que cela m’empêche d’avoir 6 heures de suite la pluie sur le corps. Cette circonstance a troublé tout, et a fait dire que Dieu venait de se déclarer et qu’il était aristocrate. Jamais il n’y eut tant d’ordre à une fête et jamais il n’y en eut une, sans moins d’accidents. Un homme tué et deux blessés par le canon et encore par maladresse, voilà tout. Cependant cette fête qui devait établir l’union va faire naître la discorde. Tout est plus en rumeur que jamais, on prétend que le roi devait aller faire le serment à l’autel… quelle platitude ! Où ce serment serait-il plus saint, revêtu de formes plus augustes, que prononcé au milieu des représentants de la nation ; toutes ces chicanes-là viennent du parti orléanais qui n’a d’autre désir que la guerre civile, nous sommes perdus s’il triomphe. […]
Je suis désolé que ce ne soit pas monsieur votre fils qui soit venu en députation, quel plaisir j’aurais eu de le recevoir chez moi, de partager avec lui mon petit établissement, oh vous ne sauriez croire ce que vous me donnez de regrets.
J’ai fait à vos messieurs [6], sitôt que je les ai su ici, toutes les politesses qui ont pu dépendre de moi ; je leur donne demain à dîner et là vous pouvez être sûr que nous parlerons bien de vous et nous boirons plus d’une fois à votre santé, mon cher ami je vous en réponds. […]
N’oubliez pas de m’envoyer
un tableau détaillé de mes biens, des baux, des charges
en quoi consiste exactement le revenu de chaque terre.
J’approuve fort les mêmes fermiers pour La Coste, et tout ce que vous faites à cet égard. »

La fête de la Fédération a duré quatre jours. Après le défilé qui a rassemblé des représentants et des délégués de toutes les gardes nationales de France, après le serment de fidélité à la Nation et à la loi au Champ-de-Mars, il y a eu des joutes nautiques sur la Seine, un feu d’artifice a illuminé le ciel d’été, on a bu de la bière et on a dansé sur les Champs-Élysées, à la Halle au blé, devant la Bastille, on s’est réjouis de s’être révoltés. Puis le travail a repris sur le chantier de démolition, en mai 1791 il ne restera plus rien de la forteresse.

En septembre 1790, Sade s’adresse au lieutenant général de police :

« Les ouvrages réclamés par M. de Sade consistent principalement en trois cahiers manuscrits, dont deux contiennent de petits romans gais et tragiques [7], ces deux-là sont brochés en papier à fleurs bleues, autant qu’on peut se souvenir. Ces cahiers ont pour titre : Le Troubadour provençal. Le troisième est rouge, à ce que l’on croit. Il est intitulé : Le Portefeuille d’un homme de lettres. Sa taille est la même que celle des deux autres. Il contient des morceaux de littérature. Ces trois cahiers sont écrits sur du papier réglé en rouge et absolument semblables à celui-ci, et les titres sont tous écrits en lettres rouges.
Il y a plusieurs autres cahiers, les uns en brouillons, les autres au net, plusieurs manuscrits de vers, un ouvrage écrit sur de longues bandes de papier fin [8], etc., etc. L’écriture que voici servira mieux que tout pour faciliter les recherches. On aura la plus grande obligation à ceux qui voudront bien prendre le soin de les faire [9]. »

Sade mourra en ignorant que le manuscrit des 120J va réapparaître un siècle plus tard et que nous le lirons. Malgré la pression qu’exercent les événements de chaque jour sur chaque individu, et sans compter sa participation active à la section des Piques et sa détention pendant la Terreur, il continue son travail romanesque sans céder un pouce de sa pensée et de son imagination. La majeure partie de son œuvre est écrite et publiée ces années-là :
Justine ou les Malheurs de la vertu (reprise par amplification de la nouvelle Les Infortunes de la vertu) en 1791
Aline et Valcour, roman philosophique et La Philosophie dans le boudoir ou les Instituteurs immoraux [10] en 1795
La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu (reprise par amplification de Justine ou les Malheurs de la vertu) en 1799 suivi de Histoire de Juliette sa sœur ou les Prospérités du vice en 1801
Oxtiern ou les Malheurs du libertinage, théâtre, et Les Crimes de l’amour, nouvelles héroïques et tragiques (dont Ernestine, nouvelle suédoise, variation d’Oxtiern), précédé d’une Idée sur les romans en 1800.

À l’exception des Journées de Florbelle ou la Nature dévoilée, saisi par la police en 1807 et détruit après sa mort en 1814, dont il ne reste que les cahiers de travail, sans doute pouvons-nous lire aujourd’hui tous les grands romans que Sade a écrits.

Dominique Dussidour - 15 mai 2013

[1Lire le récit de l’interprétation d’un tel « signal », le chiffre 22, dans La parole est à Péret de Benjamin Péret alors qu’il était incarcéré, en mai 1940, dans la prison de Rennes.

[2Rue du Bouloir : là où il avait trouvé bon de se transporter en sortant de Charenton-Saint-Maurice.

[3Sa mère était dame d’honneur de la princesse de Condé sa parente et vivait à l’hôtel de Condé où Sade a vu le jour.

[4Catalogue de ces livres dans le tome I des Œuvres complètes (édition Pauvert), « Fragments du portefeuille d’un homme de Lettres », p. 546 et sv.

[5C’est-à-dire aux toilettes.

[6Vraisemblablement les représentants des communes d’Apt ou d’Avignon à la fête de la Fédération. Les comptes de Gaufridy (Arch. de Vaucluse, divers 84, étude Geoffroy) mentionnent que le sieur Forest « qui fut pour la Fédération » emporta, le 27 juin, divers objets destinés à Sade dont un « pot chinois » et de l’argenterie. Note de Jean-Louis Debauve.

[7Les premières nouvelles des Crimes de l’amour, dont « Les infortunes de la vertu », qui deviendra le roman Justine ou les Malheurs de la vertu, voir plus bas.

[8On aura reconnu le rouleau des Cent Vingt Journées.

[9Gilbert Lely, Vie du marquis de Sade, p. 437, note 1 (J.J. Pauvert aux éditions Garnier, 1982).

[10J’y reviendrai à propos des articles politiques écrits par Sade.