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Emmanuel Delabranche, je voudrais une ville

Un PechaKucha présenté lors de la soirée La ville, terrain de je/u
Jeudi 21 mars 2013 à 19h30
au Centre Cerise

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je voudrais une ville

je voudrais une ville (forêt) clairières comprises

je voudrais une ville (arbre) comme en mouvement

je voudrais une ville (écorce) dressée en dedans

je voudrais une ville (racines) tendue et souple

je voudrais une ville comme les temps

je voudrais une ville (feu) une ville (cent)

je voudrais une ville (toile) une ville (voile)

je voudrais une ville (étendue) ville (perdue)

je voudrais une ville (abri) ville (de plis)

je voudrais une ville comme on oublie

je voudrais (une ville trésor palissades dressées) (ville interdite) (homme adossé)

je voudrais (une ville iris rose tulipe parterre jeté) (une ville d’acier)

on barrière / on ligne blanche / on palissade / on planche

on interdit / on défense / on sauf / on poursuit / on antre


je voudrais (une ville mots) je voudrais (une ville cris)

je voudrais (une ville ombres) je voudrais (une ville pieuvre)

je voudrais (une ville taire) je voudrais (une ville œuvre)

je voudrais (une ville mer) (un monde à refaire)

je voudrais (un horizon) on ne fait que le défaire

(on 2016 on navarre on surface on rer) je voudrais une ville poétique

(on lescot on livraisons on voiries on ne sait que fer) je voudrais une ville numérique

(on lettres on couleurs on bandes on plaques) je voudrais une ville musique

(on jaune on vert on noir on bleu pour plaire) une ville plastique


je voudrais

une ville sans nom (une ville fuite)

(une ville sans histoire) je voudrais

une ville en fuite

je voudrais

une ville comme un don (une ville de passages)

(une ville espoir)

tel

un message

je voudrais une ville sans rêve sans cauchemar

je voudrais une ville sans parc sans fleur sans place

une ville sans jeu sans joie

je voudrais une ville juste juste une ville et toi

on challenge on vendeur

on alexandre on jules

mais pour quoi et pour qui se prend-on tas d’empereurs rien ici de bon

je voudrais une ville noire une ville sombre une ville ombres

je voudrais une ville d’écailles de fenêtres une ville mailles

à l’envers

à l’endroit

je voudrais une ville tissée liée filée je voudrais

une ville de reflets miroir beau miroir

fissuré

on cadre on reflète on referme on replie

on taille on coupe on chanfreine

on palissade encore on érige le fer

la ville saigne

plaie en son cœur sur le sol même

je voudrais une ville désert sable venu cimes et terre

les morts recouverts pierres étendues

à nos fins parvenus

je voudrais une ville

je voudrais une ville modèle vie parfaite les gens qui s’apprêtent

je voudrais une ville en shorts ville sans travail vacance urbaine

je voudrais une ville ensoleillée l’air décontracté sourires partagés

je voudrais une ville en fleurs sol lavé lessivé tout clean et propret

seules ombres portées ? celles de nos corps élancées

je voudrais une ville contrariée


on marche sans avancer avance sans progresser

une ville sans savoir où aller

on se tient s’accouple s’écarte se retrouve

une ville sans savoir à qui donner

je voudrais une ville noire grise rouge une ville colorée

ville short cuts ville matricée

vous suivez ?

je voudrais une ville foule (rer bondé)

je voudrais une ville bruit (encombrée)

je voudrais une ville sale (grèves répétées)

je voudrais une ville (juste ne plus me cacher)

on patauge on flaque on reflète on éclabousse

on bleu on blanc on rouge

je voudrais une ville (une ville étrangère poings fermés)

une ville rouge

on pendule on église on végète on déambule

une ville neuve peut-être

une ville de misère sûr

une ville retraite

on intéresse on place on spécule

une ville finances investissements

je voudrais cette ville-là vraiment

et la révolte des hommes pliés à terre

les épaules n’en pouvant plus

enfin

se relevant

je voudrais (une ville murée)

je voudrais (une ville oculaire)

je voudrais (une ville cernée)

(une ville ouvrière)

je voudrais (une ville isolée)

(aux traces de fer aux traces de lumière)

je voudrais (une ville enseigne et plus rien à vendre derrière)

(une ville fermée)

je voudrais une île (pour être clair)


je voudrais une ville (une ville perdue)

je voudrais une ville (une ville forêt)

je voudrais une ville (une ville falaise)

(au moins une fois une ville en guerre)

je voudrais une vie

à reprendre ce qu’on nous enlève

et qui on abandonne derrière

une ville

pour qu’on se relève

je voudrais une ville (utopie en tête)

je voudrais une ville (couleurs en tête)

je voudrais une ville (lumière en tête)

je voudrais une ville (abstraite)

je voudrais (ne rien posséder)

je voudrais (tout partager)

je voudrais mais vous (qu’est-ce que vous voulez)


je voudrais une ville

portes refermées rideaux baissés volets clos silencieuse et muette éteinte comme le jour la nuit

une ville abandonnée

je voudrais une ville

logements offerts dressés dans l’air tours blanches éblouissantes chacun à loger au balcon comme on regarde l’horizon étiré

je voudrais une ville sans nom sans leurre sans honte

une ville sans slogan publicitaire une ville usée neuve à refaire une ville

je voudrais une ville dont personne ne veut plus dont personne n’a que faire

je voudrais une ville

communautaire


terrain de jeu

enjeu

jeu que je voue

je voudrais

je voudrais une ville

je voudrais une ville terrain de soi chantier de nous

une ville à vivre terrain fertile

une ville debout

(à jouer on ne fera toujours que perdre)

à vous

29 juin 2013
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