Florence Jou l Iode

Ce texte se découvre aussi sous une autre variation : une fiction radiophonique à écouter ici http://www.radio3dfm.com/content/iode.

Florence Jou vit à Nantes, représentée par la galerie L’Isba à Perpignan . Elle effectue des recherches en arts plastiques et poésie sur la notion de constellation.










Les constellations délirent aux prés-salés.










Les chouettes s’envolent bectent des panisses chemin des poseurs rue des jeux Je t’appelle dans 10 minutes 23h45 Les vipères élastiqués immatriculée lucioles s’endorment La langue se taille à l’iode Je t’appelle dans 10 minutes 00h15 Les chouettes castagnent les bourriquets Je t’appelle dans 10 minutes 00H55 Les lampions rouge vermillon concurrencent les pensées je t’appelle

l’orage ne craque pas le foie crève sur les polders même pas s’éclate saoule de notre propre saloperie sur la rade de nos blagues braqueuses gaies sur le tard de nos messages non-téléchargés
oxy-kamés
Oh, ma poétesse au comptoir, chou marin ?
Ta poétesse déchue sur le réseau avec sa main droite dans les coquilles de moules et l’autre dans son sexe ta poétesse à la Jackie Chan frotte mails impuretés impossibilités
Frotte !
Hey Chérie ! Chérie 105 Chérie 106 Chérie 107 Chérie 108 Tu fais quoi avec qui ? Chérie 139
Je danse avec Chico et Nino
Chérie Salut !

Chérie ne danse ni par plaisir ni par envie ni par agilité toujours été piètre danseuse ma peau suinte mon vocabulaire me plante un stylo dans le cul avec le peu de salive qu’il me reste
cow-boy aviné ton regard inquisiteur me creuse j’opte pour option creuser creuser l’iode
ne pas lâcher ne pas lâcher le cow-boy tête de mort en ballade sur jambes arquées de goéland hurlant
Hey Chérie ! Je ne te lâcherai pas au canyon de m’utah je ne lâcherai pas tes grains chevauchés pointe du groin


A force de vouloir comprendre, je t’habite


tu es souvent dans ma tête tu t’y sens bien les huitres laiteuses crient répètent à l’envie tu es souvent dans ma tête tu t’y sens bien ça crie souvent au lieu de la nuit L’autre ? L’autre c’est qui ? L’AUTRE ? Toi Qui ? Toi tu vois ? Non je ne vois pas j’entends je ne sais pas je ne sais plus ma joue paralysée mémoire en brèche battus spoliés le réséda le rouge la robe noire les os cassés
mon incisive porte le trou de la connaissance












Je rentre dans ta carapace vide cabane dépouillée nomade au nord-ouest tes véritables parents séjournent au supplice de la forêt au sud-est tes faux parents te gardent une chambre antique
tu t’installes cabane fantôme à un angle même place heure fixe quinze ans consignés quelque part une information relative ?

une proie est un organisme vivant capturé par un prédateur

ne t’ai jamais vu occupée à acheter paquet de cigarettes pain au riz sauvage à me rendre à mon bar à moi habitudes tenaces t’as eu le temps la vision grand-angle pour repérer rites amitiés déhanché rouge aux lèvres réséda de la robe t’as le temps de construire idées fortes et abstraites tu vérifieras par la suite tenir l’autre dans son registre comptable
Et ce soir avec des baisers dans le cou t’es où sous tes bras et sur tes flancs t’es où sur ta hanche et sur ton aine t’es où sur ta cuisse et ton genou ma langue continue t’es où plus de pile ?
Bonne nuit à Jean-François au faux Kersauson au peintre de bleu de chauffe au créateur jardinier aux Aldos de la mega post-movida

je m’arrête devant toi ou tu viens à moi une bolée une bolée on dit ça chez nous entre gaziers tu viens boire un verre chez moi ? C’est où chez toi ? Je ne vais jamais chez les gens A Acapulco
les lampions de la place font signe les champs de Marjolaine grisent l’affaire tu tiens ton dossier pour la partie comptable

élégant sourire bête suis prise début juin
une fractale j’habite tes yeux

mon tea-shirt rouge ta chemise rouge je signe immédiatement











J’ouvre ta porte cabane sans meuble ni photographies ni parfum étrange t’offre un livre posé quelque temps sur la table de chevet de tes faux-parents Peer Gynt ne l’avais pas lu en Juin le lirai 6 mois après
Ca ne se lit pas comme un dictionnaire un livre ? Je ne sais pas il y a des livres plus difficiles lectures plus laborieuses je dirais Du genre ? Lequel ? D. L’anti-Oe. Attends même une enfant de 7 ans pourrait lire D. Je n’y arrive pas ça colle ca gratte ça glisse j’abandonne
tu as seulement à lire les mots un à un un par un un après l’autre définitions posées tu me parles d’un état virtuel les mots sont matière on s’empare des mots S’emparer ! Tout est une histoire de conflit vis-à-vis des Autres agressée en permanence micro-polémiqueuse revancharde et ton journal plié renversé culbuté fourré dans ton sac réséda le chaos
tu crois que je t’agresse ? je cherche à comprendre
laisse-moi parler tu asphyxies ma parole
Oh ma poétesse au comptoir !

je m’habitue tu es douillet tout le temps amoureux sur les murs des tas de chéries je me repaîs
le monde extérieur confirme R. évoque M. 25 ans dans sa chambre et ses excréments
G. construit une cabane dans son jardin S et I. tiennent une galerie isba F. aime une photographe incarcérée dans des vitrines moi toi eux elles nous et la claustrophilie on rentre chez la mère après tant d’années


je n’éprouve plus seule enfermée dans tes pensées ton corps tes fantasmes vécu à travers tes réseaux de références huitres laiteuses fermière Mimia église flottante vierge en carton suivi tes pas de singe en hiver sur les pistes de danse et les tours de départementales bu ton savoir et tes cristals ri à toutes les blagues perdues du gazier qui tenait son public
chou-marin c’est quoi une image chérie !


Je vis à ton rythme j’attends à ta porte sonne hèle m’égosille m’étouffe tes faux-parents en voyage tu es seul au domaine j’attends soirée glauque à wikipédier définitions de la poétesse médiocre à la souillon inculte le corps las wikipédier ne sais plus quand dormir se fâcher manger wikipédier
trouver une solution aux micro-polémiques qui ne lâchent plus

tu m’expulses souvent ma cabane également assiégée le téléphone sonne
les histoires des gens ne m’intéressent pas leurs trous caniveaux histoires de bourriquots
idem pour les vernissages je fuis pourquoi entamer un débat sur le métissage des médiums le caractère hybride 1h15 la révolution spatio-temporelle le conflit israëlo-palestinien je m’en fous qu’ils se paient des avocats qu’on en finisse 2h05 en revanche je peux te parler du cadre il n’y a que le cadre qui compte tout vient du cadre 3h15 peinture photographie vie











parfois tu me laisses un coin de canapé

ou tu me conseilles d’aller marcher
c’est quoi partager ? Gicle

je vais jusqu’au fleuve mon carnet dans ma besace réséda mes héroïnes Chéries dans le cœur
P....., A........., E..., A... pratiquent une passion amoureuse en vase triste
ton œil chatouille ma nuque me tire une boucle de cheveu tourne en accéléré autour de ma tête
je tombe mes seuls fils au monde et à moi mes mots sécrétés sur les pages de mon carnet
ton carnet d’écolière !
dès que j’en ai la possibilité
hey B. Fontaine on stage bernique hurlante fulminante yeux lance-roquettes mots coincés !
dès que j’ai du répit

je tombe épuisée reviens à ta cabane tu ouvres j’accepte mon bras droit un lieutenant fidèle
il tiendra ton sexe tous les jours qu’éclatent constellations et gouttes de pluie
Gicle !












ma tête explose tout se déglingue on dévale tes rues chemin des poseurs rue des jeux
on réveille tes vipères élastiques endormies on becte des panisses et des pastis on goûte davantage tes mauvaises plantes amères de l’orteil à la racine du cheveu les globules logent le fiel
dans l’ adn dans le cortex passé supprimé
ne vois plus collines périlleuses traversées avec J...M..... ne dis plus mon bain à Bangkok avec I....
je m’abandonne au mouvement de ta bouche


je retraverse l’enfance le guide n’épargne pas me conduit dans des contrées de plus en plus hostiles et volcaniques tes berniques hurlent au jardin de Coleni elles content palet à l’envers du sémaphore
me regardent étrangement mademoiselle côté punk visée ? me rassurent avant chasse au tigre
nous a souvent parlé de toi poétesse en instance de bouche sur mur orange avec ton imper burbery’s et ta colle sur ton sexe dans le soleil gazier d’artifices toi sur ton mobile pèlerin cherchant à s’étourdir tendant une robe réséda sur croix
elles s’assurent ton spectacle abordage de torpilles sangsuelles hier au BA

je rencontre tes espèces insoupçonnées nazi à gauche bob à droite
pas racontable dirait Céline

je connais certaines de tes possibles vies auprès d’un maréchal-ferrant d’une poule marant d’une jument Flora auprès d’une fille transatlantique auprès d’un sandwich Richard et d’une pizza au thon d’autres en rajouteront après chacun aura son idée ou sa version de toi étrange tenancier de bar artiste resté en bon terme avec les anciennes selon les faux-parents et la framchpette intelligent suprêmement
le couronnement tu connais ? Enguerrand Q. les fresques de Fra A. Et toi ? Non les versions du Christ Jaune tu connais ? Non dans ta bibliothèque, t’as une histoire de l’art, G., je connais par cœur peux te dire où sont placés les tableaux au L. quand tu rentres, tu as...sous les sabots du cheval de R., les palmiers, tu as vu ? Non Attends, on va ouvrir G. comment tu l’as classée ta bibliothèque T’as foutu tes livres par terre Remarque, tu n’ouvres que les dix premières pages de chaque livre, n’est-ce pas C..... ?
toute-puissance accordée tes gouttes d’or tes cendres dans tes vases-canopés se consument la vie d’Autres










je mange à côté côte-côte ton regard fuyant évite de me parler désormais ça pourrait abîmer ton image tu évites les yeux de mon père tu ne rencontreras jamais ma mère mais tu détiens les clés suffisantes mes failles et mes zones de hantise
je fusionne dans ton mensonge l’illusion m’étauffe mon tissu de faux-semblants s’élargit

je tente l’évasion première fois durée de vie minimale seule 22H05 huîtres laiteuses 23H00 constellations de sperme mesurées par grossiste en menhir 23H15 rouge sur tonneau.
00H00 bouche de la laitière sur mur orange
une seconde fois la résistance s’accroît 13H07 pastis 13H45 roues gonflées 14H06 piscine 14H45 cigarette 15H08 écureuil 15H38 expo 16H03 mary poppins sherpa
J_22 avant Assomption

tu rôdes ton souffle tes tentacules s’allongent arrête le tragique le burlesque demande d’autre qualité technique et esthétique pour paraître crédible ta vie : un sketch sans scénario pour te rendre heureuse : achète-toi un ken, une marionnette ou un mort si tu crois que l’obstination est une grandeur de l’esprit tu te trompes
tes mots coûtent trop cher pour répondre ?
je me réveille poignets en feu scrute mon téléphone éteins rallume ne dors plus implore la lune












Je pars à F. vérifier mon existence m’éprouver
R.dans mes oreilles les bébés-cloches hurlent je suis encore les traces de ton propre chariot wonderwoman’s offert
pâleur de mon corps lent lent à se mouvoir air de L.V Stein
les caresses des boules rouges pendues à mes oreilles les arbustes aux pieds du duomo tes traces maculées blanches vertes iodes ton varech tes algues rouge-ébène tes parcs de moules rieuses cyniques rieuses moqueuses ta gérante laitière à église flottante ton jardin pétunias renoncules
crevées de pluie ton pull vert flash
toi ken tête de mort en ballade tu me ceintures
tous mes soirs d’ivresse les ailes multicolores d’oiseau-ange t’annoncent toi et moules aux gardes-à-vous


tu m’as mis sur les rails j’ai répondu docilement plus difficile d’opter pour le déraillement
et le renoncement à ton ciel de berniques
je continue à croire les lucioles la place en étoile ce jour de chemise rouge


Les chouettes finiront-elles par castagner les bourriquets ?






Je le fais pour toi et moi ce voyage pour toi toutes les annonciations je les vois les anges-gaziers les prostituées les mères les madones je jette ta ceinture ta tête de mort cloutée de ken
premier duplicata
çà consiste désormais à m’écarter
écarter mes dents pour me dire

Que veux-tu dire F. ?
j’ai trop bêlé les pattes écartées depuis juin fins d’après-midi quand Mistral mettait patinettes
et fée clochette au placard une fantômette fébrile faiblarde à la lucarne du tel hèlant le monde mondain
calée dans ma petite cellule les volets cachaient ? que dalle
mes petits yeux rivés vers ta bouche fumant cigarette la fenêtre pas entrouverte l’odeur des tiques purulentes nauséeuses le rôdeur rongeur

trop de tours détours retours



Que veux-tu dire F ?
tes faux-parents ne poseront jamais de questions
plus tard je m’aventurerai un soir à dire
faux-parent restera bouche-bée état d’extase vite oubliée


Que veux-tu dire F ?
dans le retable secoué par Mistral et Tramontane la boîteuse fera mine de compassion le nain ne troquera pas sa soif de reconnaissance les saloperies sur la rade emportées par l’écume de ces bouches nauséeuses tiques purulentes










mes amis diront la sordide passion amoureuse en vase triste
je dirai à ce bureau ayant survécu à un enfermement l’annonciation d’une mort à venir toi repu de la cinquième symphonie pathologique chez toi vraiment pathologique pauvre fille cinglée jus de goyave tiens peer gynt tiens 10 litres tiens araignées aux confins des amygdales tiens ventouse dans siphon tiens parle bonne marionnette tiens goyave empilée dans wonderwoman’s bag tiens parle bonne tête de mort tiens les traces de sang dans l’appartement partout sur les poignets au sol sur la couette tiens les moutons sous ton lit tiens laisse-les bêler selfish selfish selfish 300 mots de vocabulaire accoutrement de pauvresse bottes de d’Artagnan selfish tiens amour-braque



à ce bureau neutre aucun regard aucune parole aucun pardon














« Je t’ai manqué, pourquoi tu me visais ? »




















20 décembre 2013