Dorman de Dominique Meens

Des notes au bois dorman(t) (1)

n° 4 de la série notes méridiennes dont on peut lire le n° zéro ici

jeudi 5 juin 2014

[événement et/ou événements] Y’a des jours comme ça... tout arrive à la fois.

[mode de vie et/ou rejeter l’événement] J’ai tout reçu au même moment : énumération.

— une carte postale écrite à New York par mon amie Francine reproduisant un collage de Kurt Schwitters daté de 1928 de la collection du Princeton University Art Museum

Dorman de Dominique Meens (P.O.L) « avec cinq planches de François Matton ».

— « Désirs dans la catastrophe » : 29 textes très courts que j’ai écrits il y a deux et trois ans publiés dans Anthologie TRIAGES 2014 - Vol. II

— la rencontre avec Maurice Godelier à La Machine à lire

— la manière unique de l’homme avec qui je vis (car j’habite avec un homme) de me crier (car je "travaille" de l’autre côté) dès les premières marches de l’escalier (car l’appartement est au premier étage) quand il remonte le courrier : « Je te pose deux livres et une carte postale : P.O.L , TARABUSTE et SCHWITTERS. Et je ne te dis rien de ce cher Maurice annoncé dans le journal. »

— eh bien, qui plus est, ce jour là Google croyait l’avoir retrouvée ! [1]

le lendemain du 5 juin

sauts à l’élastique

[“aujourd’hui je dors”] ce qui m’autorise à écrire en me référant à ce livre DORMAN avant même de l’avoir lu c’est presque le même mot au « t » final près [2]

[Papé a consacré ses dernières forces à la fabrication de notre porte d’entrée.] je n’avais aucune sorte de connaissance de l’existence de ce livre lorsque le mot « dormant » est remonté de mon histoire familiale car c’est un mot de menuisier :

Dormant. Le dormant d’une croisée est le bâtis fixe scellé dans les murs. Un bâtis de porte, un châssis scellé, enfin tout ce qui est scellé ou cloué et ne s’ouvre pas s’appelle dormant. » [3]

Dorman

« Un Dorman s’écrit dans l’entre-deux que j’ai tenté de vous décrire. Ce peut être un film, une peinture, une radiophonie. Ici, c’est un livre. Je prends les choses du monde, de notre rêve éveillé, et, à l’arraché, je tente de les ramener dans cet entre-deux avant qu’elles ne me subjuguent. Je suis moins fort à ce jeu qu’elles, ou je suis trop seul à ce tir à la corde : aussi, quand une chose du monde va m’emporter, va me sortir de cet “aujourd’hui je dors”, j’en attrape une autre. C’est pourquoi il y a tout un bric-à-brac dans mes bouquins. Ces Dormans que j’écris depuis le tournant qui est le mien finissent tout de même par vouloir dire quelque chose au monde du rêve éveillé (...) »
(Dominique Meens)

[notes futures] tel est le "commencement" de mes prochaines notes méridiennes que j’écrirai en plusieurs fois en prenant TOUT le temps : le livre de Dominique Meens [4] a 447 pages et j’ai l’intention de lire entièrement la bibliographie donnée à l’attention des lecteurs page 447 :

[remarque] l’éditeur de Dominique Meens me remercie de noter que cet ouvrage paraîtra en librairie le 12 juin 2014. À très bientôt, j’ai beaucoup à faire.

Catherine Pomparat - 7 juin 2014

[1« Quoi ? — L’Éternité. »
alors que c’est Paul Otchakovsky-Laurens qui l’a retrouvée : en hommage à Georges Perec, il choisit comme logo de sa maison d’édition une figure du jeu de go évoquée dans la Vie mode d’emploi : quatre pastilles noires et trois blanches représentant la position du Ko, ou Éternité.

[2dans mes notes méridiennes précédentes :
[espaces de poème] Les mots vont dans le sens d’un espacement formant dormant durant plus de vingt ans. Leurs empreintes dessinent au commencement le mouvement d’une "balançoire". Un jeu d’enfant. « Recul de la gravité / Tout est dit à mon insu »

[3Traité de menuiserie, Gustave Oslet, Fanchon et Artus Éditeurs, année inconnue. Cours de construction, Cinquième partie, p. 121.

[4il faut prononcer "mé-ince" et non "mince" me précise gentiment François Matton qui sait que je ne sais pas bien parler