Larmoire a la rage Prigent

CHRISTIAN PRIGENT

LA LANGUE ET SES MONSTRES

P.O.L automne 2014


Larmoire, alias Tu parles beaucoup trop, est une sorte d’opération anamorphose inversant la vision frontale devant une armoire ancienne.
Larmoire initie au regard louche les yeux qui la touchent.
Larmoire est le nom d’un meuble sans fond, sans fonction, sans diction, devant lequel le fonds de langage recule sans cesse.
Larmoire est une langue qui fait signe en s’inscrivant sur un fond sans jamais faire sens définitivement.
Larmoire provoque des contorsions dans l’épaisseur sémantique de mots majuscules qui font texte sans espacements et prétextent la monstruosité d’une armoire qui parle.
Larmoire est un spécimen en cinq stations qui déploie la vérité emphatique d’un geste numen sans amen.
Et Larmoire a la rage Prigent remue pour la cinquième (et dernière) fois.
voir/lire la présentation de la série.

EMMANUEL ARAGON

TU PARLES BEAUCOUP TROP

automne 2014

Image ci-dessous : (détail “notes méridiennes”
d’après photographie Emmanuel Aragon© )
Nom de la pièce : "Tu parles beaucoup trop"
Dimensions : 260 x 140 X 75 cm
Fabrication : armoire ancienne, début XIXe/début XXIe siècle

Voir sur le site d’Emmanuel Aragon
Tu parles beaucoup trop, installation 2014,
et la transcription du texte gravé [copyright]
(dont certains fragments sont transcrits dans le texte en lettres majuscules)

Larmoire a la rage Prigent (suite et fin)

Larmoire à la rage Prigent, ses monstres et la langue (5)

Du linteau à la plinthe Larmoire ne s’y retrouve pas. Même la liste des choses trouvées dans le tiroir du bas ne l’aide pas. TU PARLES BEAUCOUP TROP pèse un âne mort ; un animal légion dans notre région de métamorphoses dorées. Encore qu’un poids de bourrin d’or c’est rien à côté du trusquin qui pèse dans l’innommable de mon cartable [1] Je positionne contre le bord, je n’appuie pas trop fort. Par chance, Larmoire a trouvé son langage en trouant son support ; ça allège l’effort ! (1) En des temps de peur, de corps sans organe, sans odeur, sans saveur, elle s’en allait, les poings dans ses poches crevées quand je l’ai rencontrée. L’animalité avait ravagé nos phrases dialoguées : « l’amour fou c’est la cuvée du grand âge ! » (1 bis) comme on dit encore par chez nous.

Larmoire dans les rues et dans les écrans, Larmoire dans les transports en mouvement, Larmoire dans les papiers en fixité, Larmoire dans les surfaces numérisées, Larmoire dans les chambres d’hôte irisées, Larmoire dans les rayons de supermarchés, Larmoire dans les salles de conférence, Larmoire dans les colloques denses ou moins denses, Larmoire dans les musées fourmillants, Larmoire dans les galeries désertées, Larmoire dans les bibliothèques huppées, Larmoire dans les librairies encombrées, Larmoire dans les salons double vitrage, Larmoire dans les ateliers effondrés, Larmoire dans les décombres du saccage, Larmoire dans les traces de chaufferies, Larmoire dans les piliers d’électricité, Larmoire dans les poteaux d’angle, Larmoire dans les madriers de voies ferrées, Larmoire dans les calvaires bretons, Larmoire dans les caniveaux et dans les fossés — et je pourrais en rajouter — partout où elle passait, Larmoire inversait le sens des flèches et semait l’obscurité dans la nature : la pénombre (2) partout autour des armoires [2]

En auras-tu fini de m’explorer, de m’expérimenter, de m’exposer [3] d’imposer mon dispositif au superlatif ? Ça commence à faire motif et plus trop émotif ta regardure dans les entournures de ma parlure ! ACHARNEMENTS tes arguments au sujet de ma réception. Obscure, la dissémination de mes ingrédients. Laisse peser ma matière ! Mes planches REMONTENT À JOUR L’INTUITION Mon prédicat de bois n’est pas le poncif d’un pontife noble ou la propriété d’un roturier socialisé. Faire le support n’est pas un coup du sort, ni un télescopage pour voir le langage. Graver ANNONCIATION ou GOUFFRE rend le portant différent en allégeant le manant par un geste vivant qui monte ou qui descend. Mon burin chez les riches n’est pas un goupillon de curé briochin. C’est un malin qui grave alla prima, qui réussit le trait, la forme, la lettre... du premier coup. Pourtant, celle-là, la prima volta, je la rate souvent … mais la rature n’est-ce pas LAAAA Littérature ? (3)

Ad littera j’étais plutôt mal partie côté récit ou plutôt fiasco trop vite arrivée au palier narratif qui plombe le corset baleiné du cachalot verbal de cet arsenal. Question CCC (Codifier Communiquer Cadenasser), je t’invite, visiteur pressé, à ouvrir la table-vitrine qui garde ta vie rude [4] dans des tas de cailloux, choux, hiboux, parfois joujoux et quelques minuscules mots aigres-doux diffusés en potin de caoutchouc. Voici la clé ! Crrr, ça grince... c’est Martial qui me l’a donnée :
« C’est un peu long ce que j’écris ? / tu n’écris rien c’est riquiqui. » [5]
Riquiqui ou Roudoudou, le Cabinet de curiosités labellisé Vaillant-le-journal-le-plus-captivant c’était avant. Larmoire a pacifié ses velléités d’autorité. Ce qu’elle va léguer, c’est pas sa moralité. Elle veut simplement continuer à faire la bourrique devant ceux qui lui coupent le sifflet. Elle troue ses chromos, son site est en travaux. (4)

Fiat Lux ! [6] Il ne faut pas croire La Grande Lumière sur parole. Le despote éclairé qui oblige à dire doit être écouté du coté empoussiéré. Là, derrière, dans l’obscurité, des gestes de menuisier font plus d’éclats en copeaux de bois qu’un regard d’analysant porté sur un réel d’analysé. La frase [7] sans espacements ne noircit jamais. Quand l’espace ment il est inutile au temps. Critique et vérité, selon la taille de la journée et les planches débitées, Le réel nous les brise (Barthes & Prigent ) : Larmoire prépare des romans, des plans, des fiches techniques, des séries de débits du bois choisi [8]. Ensuite la machine dégauchit, la toupie corrige la gaucherie, la mortaise prend son aise (5) et le tenon est content. Quand la cheville est ouvrière elle fait le pivot, le serre-joint est à niveau. Il n’y a plus qu’à teinter, cirer, laquer, patiner et vernir, poser ferrures et garnitures et donner l’ensemble à l’artiste qui, son œuvre accomplie, ne s’y attache pas. / Et puisque il ne s’y attache pas,/ Son œuvre restera avec le bruit vivant du bois.
La matière ligneuse est incertaine, elle travaille (fin).

notes méridiennes

(1) Une langue trouée, un tracé négatif

« Et tracer, c’est trouer, pour écrire « le-qu’on-ne-sait-pas », le « RIEN » (la chose) : le corps sans organes, l’impossible, le réel (ce qui, pour citer une fois de plus la formule décisive de Lacan, « commence là où le sens s’arrête »). » (Ch. Prigent, « Artaud pète la forme », La Langue et ses monstres, p.197.)

Début juillet 2014, au Centre Culturel International de Cerisy, Bénédicte Gorrillot, Sylvain Santi et Fabrice Thumerel dirigèrent un colloque intitulé : « Christian Prigent : trou(v)er sa langue » auquel, un Grand Soir, Bruno Fern a participé [9]. Ces moments ont été largement signalés et “archivés“ sur le site de Fabrice Thumerel et sur celui de Venda Benes La Belle Inutile.
L’automne après l’été de ce colloque et sa proposition d’ouvrir d’autres perspectives de lecture, quelques textes critiques de Christian Prigent étaient opportunément réédités par P.O.L sous l’intitulé La Langue et ses monstres.

L’ouverture étant une disposition même de tout l’œuvre de Christian Prigent, ces écrits datés entre 1975-78 et 2014 furent l’instrument du creusement d’une trouée dans mes lectures des textes critiques de cet écrivain et singulièrement aussi de ses romans — en particulier Commencement, Demain je meurs, Les Enfances Chino. L’écriture du poète Prigent a fait mes manières de regarder des phrases gravées par l’artiste Aragon sur des supports inaccoutumés.

Ainsi dans les circonstances de l’automne dernier, sans aller jusqu’au “miracle” ou à l’accomplissement d’une “promesse”, d’autres manières de voir et de lire furent repérées sous le titre « Larmoire a la rage Prigent ». S’ouvrit en effet, devant « Tu parles beaucoup trop » — une sculpture en bois gravé sur un support d’armoire ancienne — une lecture en creux et en suspension.

Le tracé négatif de mots écrits sans espacements dans l’épaisseur de la matière ligneuse ne pouvait mieux figurer à mes yeux « cette diablerie le langage » et « les formes de son vide — qui est tout le contraire de son creux. » pour reprendre la phrase fameuse de Roland Barthes [10].
Le pouvoir déréalisant de la saisie optique dont Christian Prigent parle à propos du « paradoxe de la peinture » creusait de facto l’espace symbolique de Tu parles beaucoup trop d’une vacuité énergiquement lumineuse.

La lisibilité a-normalement impossible et la difficulté à prononcer des phrases inscrites en lettres capitales sans intervalles entre les mots et sans signes de ponctuation figuraient (du point de vue précédemment énoncé) cette illisibilité comme le fait même qui fait peindre, écrire, dessiner, filmer... inscrire des phrases sur un support a-normal. [11]

L’organicité des choses écrites sans organes et avec corps se disciplina selon les exercices imposés par la norme plastique du support et par sa matiérialité.
La force des normes [12] ne résista pas au renversement devant-derrière de la façade de l’armoire. L’obstacle du meuble symbolique et sa fonction de rangement qui cache en classant draps, pyjamas, caleçons et petites culottes étaient surmontés par des lettres-signes tatouées sur le derrière. Des phrases illisibles mettaient au jour une intimité cryptée, un réseau relationnel constitué, un tissu de paroles singulières et privées : NE CHERCHE PLUS À FAIRE PLAISIR ENFIN ANNONE ÉCLATE NOS SOUVENIRS SONT SI TROUBLES EFFACE

Trace plastique et rythmique du geste spécifique de l’artiste, je voyais désormais incarnée dans le mobilier « la voix-de-l’écrit » telle que Prigent la dit [13], telle qu’Artaud la crie : « Soit : ce qu’on appelle réalité est une "façade truquée". On y est incarcéré. Les limites sont calculées. Elles ne sont pas seulement extérieures, elles nous habitent au-dedans. Il faut s’en extraire par le vecteur d’un langage physique à base de signes et non plus de mots (AA) et aller là où commence réellement l’impossible (AA), le toucher de la vie. » [14]

Je touchai des yeux un trou de vers, un xylophage de passage, une nature scarifiée, une escarre de dissension appelée dans d’autres temps Scarron. « Je ne me pique pas d’écrire correctement » sifflota ce vers burlesque. « Mais plus qu’il n’injurie la beauté, Scarron est une injure à la beauté » ponctuait Prigent [15].

Larmoire désirait-elle être une injure à l’armoire du magasin d’antiquités ?

Acceptant volontiers, avec Roland Barthes, de toujours placer un fantasme à l’origine d’une pratique de lire et d’écrire, l’é-normité [16] de l’œuvre de Christian Prigent étalée devant le « dispositf Larmoire » a tenu et tiendra longtemps, je l’espère, le Contretemps [17] de cette question en suspens.

Le 22 mai prochain, La Maison de la Poésie, à l’invitation de Remue.net/Scène du Balcon, accueillera Christian Prigent en compagnie de Bruno Fern, Bénédicte Gorrillot et Fabrice Thumerel dans le cadre d’une rencontre intitulée « Le désir de littérature, en somme ». Devant certaines pratiques de lire et d’écrire, seront posées par les invités ensemble et séparés des questions à "l’illisibilité en questions" à l’intérieur de la langue trou(v)ée de Christian Prigent.

(1bis) l’amour fou...

Au milieu du chemin de mes lectures hivernales « Artaud pète la forme » et Larmoire pète un tenon. La partie saillante de l’assemblage pratique l’écrit à contre-sens le fil du bois. Le gel des quatre mots TU PARLES BEAUCOUP TROP s’oppose par la force à l’emboîtement d’un tenon en queue d’aronde. Traitée comme une forcenée par le menuisier d’à côté, un coup de marteau énergique fait tourner en bourrique une mortaise et oblige quelques signes de trop à prendre leur aise dans le trapèze : « Et la chose langagière ne peut tenir, se contenir dans les limites de la phrase. » [18]

—  ÇA VA ÇA VA. [19]
— Quoi qui va ? T’es pas félée de dire ça ? Tes longues lignes d’écriture c’est pas de la littérature, de la peinture, de la colorature… plutôt de la bitture ou peu s’en faut ; on dirait Le Plancher de Jeannot vitupère une femme jaillie de derrière les fagots. [20]

Partie d’une chaîne de mots distendus dans les creux du dessus, Larmoire file et fore un mouillage d’enfantillages.
— Dis-donc, l’artiste, tu crois que ça va durer de déboiser ainsi la terre pour faire tes nids à poussière dans des palettes pour rien faire ? Ça s’ouvre, l’espace, derrière les essarts, après les sureaux. [21]
— Mais... mon défrichement est temporaire…
— Le déchiffrement de mes tourments, lui, est à la frange de l’étant tout le temps !
— C’est pas La Mare au Diable à laquelle je prétends ; même pas un étang à têtards pour supporter d’être un goliard quand il fait tard.
(Grâce à la lecture de Le Petit Test de Bruno Fern [22] ils étaient maintenant accouplés, tendaient le cou l’un près de l’autre dans une hérédité ravigotée de perspectives médiévales. [23])
Grand panoramique, zoom toute berzingue sur horizon béant.
— Béant, ça fait peur, rien que le vocable : tu es bien petit face à ces trouées, rajoute Larmoire trou(bl)ée. [24]

Des trouées dans le paysage, il y en a plein les pages, il y a lurette que l’écriture Prigent en est replète : le poète est depuis longtemps « un nageur de fond, un denseur de langue, un videur d’espace ». [25]
Plus de grimaces, Demain je meurs, il me faut sans tarder recopier quelques trous trouvés :

page 19 : Si je lève quand même le front vers le trou au loin qui blêmit, ça transit.

page 20 : Ralentis un peu : ménage la jante, gare le trou au pneu, fais pas le bison qui fonce en herbage en crabouillant tout et pensant à rien qu’à nourrir sa bosse.

page 21 : Et ne crois jamais que ça va cesser, la vie en carnage, de forer en toi, de la fontanelle jusqu’au trou dantesque qui pète ras le cul, via les sacs qui font cumuler la merde.

page 21 : Troue-toi, petit gars, de ce que tu vois que tu voudrais pas et qui flashe à fond, sans rien clignoter d’interstices pitié, grand bleu, bleu de nuit, sur pan d’horizon.

page 33 : Trou d’où il venait resta trou en lui. Ou fut à jamais trou sans nom ni face entre lui avant et lui maintenant.

page 32 : Car le plâtras rose avec du niellé de violacé à la place des traits et du luminion de fond de caverne aux trous des orbites sous l’horripilé des tifs en aura ou couronne d’épines, voire le reflet nul, que tu vois comme style global de figure à la place de toi dans plaque de psyché, papa te l’a dit un jour qu’il chuta par inadvertance dans de l’échappé de confidence : il vit la même chose.

Au rythme serré où les trous sont repérés, impossible de continuer à « décompter des unités signifiantes qui éclairent l’information non la signification » [26]. Pour compenser cette trouée, je traverse la vitre de sécurité qui est sensée protéger L’origine du Monde. J’y vois mon fantôme préféré qui clame sa comptabilité : « il y en a plus de soixante-dix... je les ai recensés ! » Ce spectre a la forfanterie de vouloir saisir l’exhaustivité de la chose qu’on peut pas chiffrer : « acte sans importance, puisqu’on peut le faire indéfiniment. »

Le regard fantomatique est photographique ; l’œil de la caméra cinématographique est vivant. C’est une trouée, un écran [27], un trou plan ouvert à toutes les dimensions du mouvement et du temps, sensible d’un sixième sens permanent à venir : [28]

Plus rien d’autre à faire sauf une prière :
Prière au connin fourré
(refrain)

Car tu as senti que le vaste monde,
Il gronde, il gronde
Comme ennemi partout :
Au trou ! Au trou ! [29]

(2) pénombre, pénombres

Larmoire mute en mémoire. Son volume obscur dresse la vie vide des lieux qu’elle habite en creux. Les archives qu’elle documente construisent un monument biographique. « L’homme a beau s’étendre tant qu’il veut par sa connaissance, s’apparaître aussi objectivement qu’il veut ; à la fin il n’en retire toujours que sa propre biographie. » [30]

J’avance en crabe dans l’espace praticable mais non-lisable des rangées de ma vie. Les vieux chartreux, faut les prendre au sérieux. Tu parles beaucoup trop, Saint Bruno est taiseux. Ses mains gantées touchent mes yeux. Tes mains sont nues devant La Maison du pendu. Par chance, L’Intouchable a survécu. [31]

− Je suis sûre que cette armoire écrit : je la lis !
− Ferme les yeux, tu verras mieux.
− C’est du braille métavi ?
− Larmoire a la rage pardi !
− C’est bien ce que je dis c’est de l’anaglyptique de crypte qui affine mon optique... [32]

« au prix d’une relégation de ladite "vraie vie", impeccablement intouchable, derrière les représentations sans lesquelles nous n’aurions même pas l’idée qu’elle est et nous appelle à elle » [33] du non-lisable en danger d’illisibilité empêche la croisière d’une transcription de sombrer dans la banalité : JE RESTERAI JUSTE À CÔTÉ.

Un ectoplasme verbal appâte l’antienne prigentienne et veut de toutes ses forces ressembler aux autres. Ameçonnée et en manque d’espacements, la carence de ses cadences suit la marée en divagant. L’espace ment comme on le sait depuis longtemps : un mentir-vrai l’a rappelé incidemment en disant le patronyme de l’artiste. En vérité et mensonge au sens extra-moral ce n’est pourtant pas en lisant un bréviaire ordinaire qu’un maître inconnu a posé la question saugrenue :

− Heureuse ?

 [34]

(3) LAAAA Littératurele désir de littérature, en somme

« L’expérience du sens, on ne la fait pas directement face à la vie qu’on mène [...] »

« [...] cette épreuve est même sans doute ce qui fait lever en moi le désir d’un autre mode d’approche de la vérité, d’une autre posture d’énonciation, d’un autre traitement des moyens d’expression : le désir de littérature, en somme. » [35]

Mon commentaire est amoureux autant dire en crise. Je ne m’en tiens pas à La Lettre quand même fut-elle bien peinte et redessinée à gros traits sous L’Ombrelle des demoiselles d’un tableau du musée du Prado. [36] J’erre de pages en pages. Je déménage mon attention au gré des rencontres. Tantôt le rafiné/trivial d’un Bleu outre-mère [37] me pousse par derrière, tantôt un ciel méridien comble d’élan lumineux mes énergies obscurcies d’insomnie. Par chance, c’est midi, moment de la petite ombre : les désirs de Larmoire sont “clairs” : j’ai faim... Ça tombe bien : Le petit test [38] de madame est servi !

On objectera à Larmoire que mes notations n’ont rien à voir avec le fond du Testament dit au paragraphe ensuivant. Que la matière ligneuse en tant que moyen de production camoufle en fonds servant les fondements du fonds dominant du langage Villon. Que nul besoin d’un écouvillon, d’un vieux linge attaché à un long bâton, pour nettoyer le four à bois d’un Norpois qui noircit la frase  [39]. Comme de bien entendu la critique-critique critiquera tout ce qu’elle n’entend justement pas dans la prose phrasée et attaquera « ce contre-sens d’aligner des mots bien sonores en ne se souciant qu’en-suite du fond. » (Proust) Ce meuble ne serait qu’une armoire, au fond !

Ma Larmoire n’est pas un objet mobilier dans lequel le pouvoir sémantique d’une langue est rangé et alignée l’expression de sa majestueuse érection. Sa puissance, si toutefois elle en avait une, relèverait, c’est le cas de le dire, d’actes de « craduction ». Son Plaisir du texte vient de Pages rosses,
 [40]
par exemple, « Évite de t’éterniser sur la question : Ad vitam aeternam. »

J’éprouve une certaine satisfaction en "achevant" d’une certaine façon comme elle a commencé, cette série de « notes méridiennes » initiée par les phrases simples de la poésie fernienne. Reverbs [41] accéléra à fond pendant un an.
Un champignon de poétique médiévale finit par repousser le temps des intervalles absents entre mes inscriptions. Le pouvoir de constatation de la langue est indécrochable des branches d’apprentissage d’un autre âge :

Freres humains qui aprés nous vivez,
N’ayez les cuers contre nous endurcis,
Car se pitié de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis. [42]

Je n’ai plus le “tourne-disque” pour écouter le seul 45 tours des « plus beaux poèmes de la langue française » que l’on m’eût offert [43]. J’avais une dizaine d’années. Je sais toujours les moindres modulations de la voix de Gérard Philipe sur la face 1 durant les 2 minutes 25 de « La Ballade des pendus ».

Quand j’ai lu le titre en lettres capitales rouges sangs au milieu de la couverture blanche des Éditions Sitaudis, j’ai eu comme un pressentiment en retard de deux ans : Le Petit Test c’est Le Testament, le petit, le grand et l’art roman d’un ange déchu de collégiale.

La poésie Le Petit Test n’est pas moins signifiante que toute forme de poésie. Elle l’est à sa manière et la décrire n’est pas un exercice aisé. Bien sûr, en tant que langue, elle est immédiatement assertive : « donne la langue au vieux / chat crevé sur le goudron en avant-goût que nous » [44] mais en tant que poème c’est un jeu de masques langagiers que l’écrivain donne aux lecteurs à deviner : « ou d’une à la longue la / gravité a ses privilèges passés sous cape par la majorité des médias » [45]

C’est le Carnaval de l’Histoire [46] recouvré ! Grâce au « texte brut » du Testament diffusé par la Bibliothèque Nationale et à l’appui le livre « Lais, Testament, Poésies diverses » avec « Ballades en Jargon » de François Villon, publié par les Éditions Champion en 2004, je joue un moment à rechercher les sources des vers de Villon repris appuyés dans Le Petit Test :

plus noir que meure p. 7, XXIII p. 94 / saignant p. 7 / fourreau p. 8 / qui tant est tendre p. 8 XLI p.102 / vivre aux humains est incertain p. 8 Le Petit Testament VIII, p. 46 / cent fois la fallée p. 9 / au commencement p. 9 / transitoire p.10 / portant atours et bourrelets p. 10/ lambeau p. 10 / ir révocable p. 11/ menues gens p.11/ car de la panse vient la danse TESTAMENT. 29

À mesure que j’avance dans le temps et l’espace du poème, l’art poétique de Le Petit Test rétrécit mon illusion d’entendre une parole historicisée dans des désordres humains actualisés. La subjectivité que j’attendais de la "reprise" abolit dans les mêmes sanies des yeux caves crevés par les corbeaux et les pies. Lessivés, lavés, séchés et noircis par le soleil et la pluie les signes ressemblants d’aujourd’hui « portable high tech dernière génération » (51 p. 34) inversent eux aussi le sens des flèches. Larmoire sort toute guillerette du Trou Perrecte (T1959) : nom d’une taverne et tripot de la Cité, dont Villon exploite les connotations érotiques et Fern de même « préférant (et de loin) le trou Perrette / qui sent pas que la violette » [47]

l’élève est le professeur
le premier testateur
anime la burle
sque t’es bête
c’est un test
amant de pôvre pri
gent d’ici d’ailleurs
d’autres mœurs
dans le trou P
demain je meurs

 [48]

Une mince frange d’intersection d’alibis et de non-dits s’inscrit en creux ou plutôt en lettres grasses et conduit la lecture : car de la panse vient la danse. Le lecteur éconduit tourne en rond dans une pseudo-reconstitution d’un poème d’antan ou dans le sas [49] d’ une spirale pas banale ou dans un lieu échancré aux extrémités où les modalités de la lecture sont sans cesse à réinventer.

L’un vaut l’autre et vice-versa [50]. L’opacité de quelques caractères surlignés produit une décentration du langage : « toute en R / ça le fait pas pour s’envoyer » dans la pratique. Le sens provient moins de la manière dont les vers se composent, jouent avec le langage, remettent en question les unités significatives de bon ton : « faire sentir ce qu’il en est / autrement que pelé comme un navet » que du renversement des hiérarchies structurelles « sans sonnerie personnalisée ni digi / code confidentiel ». La cohérence spécifique reste transmise par la tradition et préservée par la forme de la société. « Le référent est une chose universellement posée, non un être particulier », ce sont les trous dans la langue qui varient et avarient le langage, cette monstruosité : « des trous ça arrive tout / seul t’inquiète ça finit / d’un trait » [51]

Le Petit Test tel Le Testament dit autre chose ou plus de choses qu’il ne le dit. Je n’en finirai/s pas de le dire ici... d’autant plus que je voudrai/s aussi parler du Carnet de Voyage « ... / 6 » que Bruno Fern a précédemment publié afin de suggérer aux lecteurs de voir « plus loin que le bout de leur territoire national ». [52]

− T’en est déjà là ? Et la littérature dans tout ça ? Pourquoi tous ces A ?

« Ainsi pour papa. Le sera-ce pour toi ? L’effort que tu fais, comme il fit lui-même, pour que ces effets du démesuré ça te grignote pas trop vite la santé, en tout cas pas toute, ou te la nécrose pas jusqu’au fatal en catimini, c’est rage d’expression que ça a comme nom car c’est tentative d’expectoration du trop qui vous troue » [53]

Ce que vient d’écrire Prigent, Barthes le dit autrement : « J’entends par littérature, non un corps ou une suite d’œuvres, ni même un secteur de commerce ou d’enseignement, mais le graphe complexe des traces d’une pratique : la pratique d’écrire » [54]

Le petit test n’est pas un manuel d’instruction pour les profs qui souffrent de ballonnements. Ce qui fait tenir l’édifice ce n’est pas la qualité des briques [55] ou du béton, c’est la poétique du mouvement de construction, l’ambiguïté constitutive de la langue poétique d’un lecteur de François Villon.

Bruno Fern n’a pas écrit un guide de pas de danse pour les maîtres en grandes vacances. Le petit (t)est bien davantage un Malraux’s shoes sur un tapis d’images :

Dennis Adams, Malraux’s shoes, 2012. Coll. CNAC©

https://www.youtube.com/watch?v=Fh3bdkxa_ms

 [56]

(4) ses chromos

(5) aise

MP3 - 599.9 ko

 [57]

Catherine Pomparat - 1er avril 2015

[1« mon cartable » a été dessiné à l’adresse de remue.net par François Matton le 5 février 2013.
Remue.net, en collaboration avec la Scène du Balcon, a invité François Matton et ses "pratiques énamourées" le 23 avril 2014.

Vendredi 3 avril 2015, à quelques kilomètres de Bordeaux, la Chapelle Saint-Loup de Saint-Loubès, à l’invitation de la maîtresse des lieux, Siona Brotman, inaugure l’exposition « l’éveil remue » avec des œuvres de François Matton et Hélène Paris.

[2Demain je meurs p. 129.

MP3 - 685.7 ko

C’est ainsi que Larmoire s’est trouvée dans un « galimatias massé » comme dit Christian Prigent dans l’interlude à la Grande Gertrude ( La Langue et ses monstres, p. 14) et comme fait Christophe Massé dans « Van Gogh comme ailleurs » un poème accompagné des dessins de Franck Garcia, édité par les soins de Pierre Mainard : « En compose ce paysage dévasté, porté lui seul par la couleur. Jamais je n’ai ressenti dans ces échanges d’idées, une quelconque matérialité et pourtant tant de fois, il fut question d’inventaire du plat de la main, pour ce que tu recevais et surtout ce que tu en faisais. » Christophe Massé, Van Gogh comme ailleurs, Pierre Mainard, 2015, p. 16.

[3armoire mécontente manifeste son mécontentement :
cf. dessin CP ci-dessous « l’effort pour rendre l’autre fou »

[4Voir "garde ta vie rude"d’Emmanuel Aragon

[5Christian Prigent et Martial. I, 110, p.32

[6d’après les Pages rosses
Ci-dessous note 40

[7voir ce mot in Notes méridiennes (ouverture)

[8Voir les forêts de Maya Andersson dans l’exposition du CAC de Meynac "L’arbre, le bois, la forêt "

[10dans Leçon dont la dernière édition en poche Points Essais coûte 5 € ( la phrase citée se trouve p.35 ).

[11cf Ch.P. Ce qui fait tenir, Ouverture, « l’image », pp 15-26.

[12ref. à Pierre Macherey, « De Canguilhem à Foucault. La force des normes », La fabrique éditions, 2009.

[13Compile pp 9-11-12-13.

[14in La Langue et ses monstres, « Artaud pète la forme », pp 194-195.

[15Ce qui fait tenir, Scarron p.29 et p.41.

[16« l’illisibilité en questions », colloque et actes du colloque, Septentrion, p. 105

[17“Contretemps” titre de l’exposition actuelle d’Alain Lestié à la Galerie Depardieu (Nice)
Contretemps ≈ On lève une jambe en l’air et on s’enlève en sautant sur l’autre jambe
« est sublime la chute retenue
la descente qui remonte
le danseur qui tombe moins vite que nous »
Michel Deguy, mis en page par Alain Lestié, éditions Le Bleu du ciel
Contretemps ≈ Procédé rythmique qui rompt l’accentuation régulière d’un son ; langue trou(v)ée de Prigent dite par Michel Deguy dans le colloque cité « L’Illisibilité en question » ( cf. les actes in éd. Septentrion, p. 116) : « élision, asyndètes, apocopes, anacoluthes surprises, désarticulations accélérées et ralenties, procédés de disjonction et de recomposition... »

[18RB, Leçon, nelle éd. [note 9] p. 30.

[20 Dessin CP, Femme mal fagotée

[21Demain je meurs p. 213.

[22voir ci-dessous note méridienne 3 et pour les impatients cliquer ici

[23cf Entretien de Christian Prigent avec Patricia Victorin, « Perspectives médiévales », Janvier 2015.

[24Demain je meurs, p. 213

[25Titre de l’entretien Prigent/écrire au couteau « Faire Part » n° spécial 14-15 (1994).

[26Roland Barthes, Critique et vérité, Points Essais 396, 4,60 €, p. 72

[27Cf. Note méridienne 3 (le mot écran) in Larmoire a la rage Prigent (4)

[28« Sixième sens »,
Exposition collective, avec la participation de Tu parles beaucoup trop et de quatre tables Tends entier à dire ce que tu veux d’Emmanuel Aragon, du 11 avril au 14 juin 2015 Vernissage le vendredi 10 avril 2015 à 19h. Commissariat d’exposition : Barbara Ertlé et Yann Perraud - Le musée imaginé
Vieille Église Saint Vincent, Mérignac (33)

[29Demain je meurs p. 37.

[30Nietzsche, Humain trop humain, Chap. IX, 513

[32Dans son atelier
Grand comme un placard
Maître Écart
Examine l’espacement
Entre Informatique
Optique argentique
Et Linguistique
Sous l’angle de l’Apiculture
Les lettres de sa tête
Recouvrent d’une Écriture Blanche
Les points aveugles
Des monuments

Contrerimes dédiées aux pratiques artistiques de Stéphane Ortega

Ou bien cette phrase trouvée :
l’architecte le plus malhabile se distingue de l’abeille la plus experte en ce qu’il porte d’abord la maison dans sa tête, tandis que l’abeille ne construit sa ruche que dans une suite de moments extérieurs les uns aux autres, c’est que la présence de la triple extériorité du temps dans le projet humain du travail en fait une extase ...
Jules Vuillemin, L’Être et le travail, Presses universitaires de France, 1949, p. 22.

[33La langue et ses monstres p. 15 et p. 142

[34On entendrait le ON de celui qui écrit répondre : « On devra cependant admettre que c’est ainsi... enfant, adolescent....une fois grandi on brode la dessus. C’est ainsi, je crois ... On comprend que les parlants sont irrémédiablement posés à distance du monde, qu’il n’y a pas pour eux d’autre rapport au monde que médiatisé. (Cf. Le Sens du Toucher, Cadex éditions, 2008 pp 28-29 et L’Intouchable

On entendrait « Appelez-moi Main de Lecture » murmurant dans la pénombre ma chance de toucher. L’année dernière l’envie me prit de pianoter entre chien et loup devant des dessins énamourés de François Matton : « Dessins en suspension et ressorts d’écriture »
Des dessins “rescapés” prenant le large ( Autant la mer ) ont trouvé dans le bordelais un gite à loup : Loubes canonisé fait flores. Les sens constitués sombrent dans l’aparté d’une chapelle océanique revisitée, la Chapelle Saint-Loup, où Ni ceci ni cela éveille la pénombre.
Cf ci-dessus note 1 : les informations relatives à l’exposition "l’éveil remue" de Saint-Loubès et plus : cliquer sur Les ateliers du prieuré.

[35L’illisibilité en questions, Édité par Bénédicte Gorrillot, Alain Lescart. Avec Michel Deguy, Jean-Marie Gleize, Christian Prigent et Nathalie Quintane. Septentrion. Presses Universitaires. 2014, p. 33.

[36Les enfances Chino, p.551.

[37La Langue et ses monstres, op. cit. « Dans le bleu outre-mère », p. 95-103.

[38Il s’agit donc de Le petit test de Bruno Fern aux éditions Sitaudis (mars 2015)

[39[frase] : corps de farine, eau et levain, souple et élastique, que le boulanger travaille légèrement et assez vite pour empêcher la pâte de "languir" mais assez doucement pour l’empêcher de "brûler". http://remue.net/spip.php?rubrique744

[40Pages rosses
Craductions, Bruno Fern, Typhaine Garnier, Christian Prigent
Recueil / coll. Traverses, Avril 2015
http://www.lesimpressionsnouvelles.com/catalogue/pages-rosses/
Une lecture « de l’art de revenir réviser son latin en mémoire des pages roses de nos anciens Petits Larousse » par François Bon (série lectures à la lampe de poche)
http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4124

[42L’Epitaphe Villon, François Villon, Champion Classique, 2004, p.300.

[43 Gérard Philipe poèmes 45t EP disques festival FX 1401 M

[44Le petit test, 63, p. 40

[45ibid. p. 40

[46« Carnaval de l’Histoire » in La Langue et ses monstres, pp. 105-123

[47Index des noms propres, in François Villon, Éditions Champion en 2004, p. 464 et B. Fern, Le Petit Test, 59, p. 38

[48[je prends] « contact avec un certain au-delà du texte, comme si le langage premier de l’œuvre développait [en moi] d’autres mots et [m’]apprenait à parler une seconde langue. C’est ce qu’on appelle rêver. » Roland Barthes, Critique et Vérité, Points Essais 396, p. 56.

[49[sas] Montage de sas traversés au jour le jour, les « notes méridiennes » ressassent des matières visuelles et textuelles sans souci de les tamiser pour les "épurer" mais pour tenter de les rendre légères et vives comme une "frase" de boulanger.
Voir ce mot in Reverbs

[50ibid. 53, p.35

[51Le Petit Test, 100, p. 64

[53Demain je meurs, P.O.L p. 43

[54Leçon, Seuil, 1978, p. 16.

[55La brique est une unité stéréotypée, phraséologique : « Tout discours semble en effet progresser par un cheminement de lieux communs ("topoïs" et cliché), analogues à ces sous-programmes que la cybernétique appelle des "briques". » RB Carnets du voyage en Chine, note 20 (p.219) et RB, « Alors, la Chine ? », OC IV, p. 518.

[56Jusqu’au 18 avril, dans le cadre de l’exposition « À vue de pied, à vue de nez », Le FRAC Aquitaine présente le film Malraux’s Shoes de Dennis Adams (2012).
On peut consulter les informations concernant cette vidéo sur le site du Frac Aquitaine et de la galeriste parisienne de l’artiste Gabrielle Maubrie.
Autre exposition en cours avec la participation de Dennis Adams (jusqu’au 6 juin) « Le Pas et la Page », Marseille 2e. Frac Provence-Alpes-Côte-d´Azur.
Dennis Adams sur remue.net :
Hide and Seek” dans un verre de vin rouge
Blue Riband au maître-mât du Saint-Georges

[57Hiéroglyphes animés.
Successivement trois vignettes en vite fait :

Primo
Fichier MP3.
Recherche d’AISE dans le phrasé Demain je meurs (pages 14-67-117-120-225-258-354)

Deuzio
Dessin CP « Du rythme incarné » :
lecture de la dernière partie du texte « Artaud pète la forme » (La langue et ses monstres, pages 201 à 204).
Tout particulièrement ceci (pages 201-202) : « Hiéroglyphe dit geste physique (calligraphie), frontalité à la fois immédiatement visible et relativement opaque (l’opacité qui répond homéopathiquement à l’opacité du monde, du corps). »

Tertio
Détail de Tu parles beaucoup trop d’Emmanuel Aragon (méridiennes photographiques).
Comme montré ci-dessus TU PARLES BEAUCOUP TROP c’est le patron, la partition, le gabarit sur lequel s’est écrit Larmoire a la rage Prigent.