Kalces | Florence Jou

Tu sais que le meilleur kebab c’est Joffre il n’y a pas de mal à se faire du bien tu cuisines bien ? Tu crois au Père-Noël c’est soft je ne suis pas choquée elle aura plus de succès avec une jupe qu’un pantalon c’est Esteban ou c’est Maurice il navigue entre les deux est-ce que les guépards ça court vite ? Les plus rapides sur de courtes distances comme toi non c’est le lapin comme pokemon les gars du sud sont bronzés



(Elle marche)




ne me fais plus rien
hier à cet endroit que ne connais pas
entourée de militaires chaud rêve d’un osso bucco truc à rogner
ne pose plus de questions
dépose gueule sur la pelouse fais des croix avec des marguerites
enregistre les tours d’hélicoptères jaunes


elle n’a plus de transitions


(Elle saute)


−elle pense à .


C’est simple.


ne la connait pas.
Tu les connais ; eux. Une d’entre elles ’a appelée il y a trois jours. Demande un prêtre. Veuillez
patienter un correspondant :




−elle entête une image




bave sur coussin jaune ;Trois cercueils alignés ; font face à cet immonde tapis de bain bleu
électrique et aux cris du caniche Aldo tête dans les tulipes orangées du sud-ouest


(Elle se relève)

réclame : des rameaux avec des œufs en chocolat

Agnus


(Elle l’accompagne) à



le prêtre vient d’Angola
his name : Marcel,
et encore, aujourd’hui, il pense faire fortune dans les caféiers


le café, il n’en prend jamais, l’aime serré, en arrose un au pied de la tour l’aime serrée aussi
celui de dégueulasse, le meilleur c’est T., ont baptisé leur machine : Bianca
adore mettre du cognac une larme aime tourner lentement sa cuillère
toujours eu horreur du café la rencontre horreur


(Elle pointe)
rencontrer
boucler
déboucler
consteller

sillonner




−elle déteste l’oncle bob de Figuerola.

−elle est au printemps. Passe en revue au loin « j’aurai plus de temps mais j’aurai le temps de vivre »
au loin depuis une butte en forme de bulle où un danseur endiablé à la chemise serrée pense et
chasse sa prochaine prise la bouche s’avale les bouches se fondent jusqu’à la disparition
les traces filées du rouge le travelling n’a pas lieu personne ne filme sauf cette petite là morose
jaunâtre héroïne puante de contemplations les regarder se dévorer en silence assistante invisible de
ces corps qui ne se défont pas le croient ?
La petite assiste travaille son œil de judas
elle les aiment vraiment elle commence à les aimer ils lui font souvenir pas écran mais capsule de
souvenir à avaler sans modération elle ne mange plus depuis quelque temps ça ne l’intéresse plus
la nourriture est là aux alentours tout autour c’est qui la petite ? celle qui crie crie qu’il y a
heureusement des soirées où les chevelures reines se démontent soirées où la petite se sent vieille
incongrument vieille quand elle passe sur le côté droit là où ils sont attablés marcher la nuit sert à
cela voir que le monde s’évacue se tripote les mains et les billets jusqu’à constituer la société des vainqueurs du marché au lendemain
ce sont des bandes passantes elles sniffent les pirates ont cette espèce d’importance ils n’accordent
pas foi en l’espérance ils détruisent les pierres les huppes qui se posent fragilement sur la mare
les araignées craintives tentant une énième toile pour le soleil ils ne mettent pas de mots ils
tombent sur les mots les épluchent les chevauchent et sans transition les jettent ils bandent les mots
pour les faire mourir


la petite dévisage il faudrait plus de clarté pour se repérer dans son expérience du direct
elle est au matin crie algériens africains syriens sautant dans le vide pour rattraper l’éclipse


−la petite flotte dans l’hémicycle



−la petite emprunte « le spectacle de la vie »


−la petite emprunte le spectacle de la vie elle voit des lovers partout partout au tout du bout quand ça
tohute elle crie barracuda elle crie spectacle mais elle n’a pas de pièce elle ne peut pas donner une
pièce quoi répondre que répondre à eux lui demande une pièce pour quoi baisser les yeux désolée
désolée les gars ont une trombine de bourrés elle a rien elle dans sa trombine a l’impression qu’il n’y
a rien que la feuille de cerisier sur le coude gravée calligraphiée correspondrait à ce rouleau de la
scribesse et pourquoi pas on dit on eût et aura dit que les fillettes sont devenues des scribesses elles
ont recopié leurs leçons à la main modéliser modélisation modélisons eux une feuille de cerisier ne
se modélise pas elle apparaît sur les bords du coude




−elle voit des cercueils alignés


( elle s’arrête)






face à une femme



Kalces, extrait d’un travail en cours, faisant suite à Iodes publié ici même en décembre 2013.

On peut écouter une version sonore de ce texte dit par Florence Jou sur une musique de Simon Nicolas et Gurvan Liard.

29 mai 2015