Shoshana Rappaport-Jaccottet | Le tempo de l’inspiré

Bon. Est-ce que j’ai une tête d’écrivain ? Je me regarde dans la glace. Pas sûr. Encore que. La cigarette, l’air on ne peut plus obstiné. La démarche surtout. J’ai essayé la machine. Aligné des phrases. Conçu de l’envie. Je suis né pour un jour limpide.
Bref : raté mes phrases. Trop courtes qu’elles sont. Et cette dégaine. Un vrai désastre. Les phrases sonnent pas. Faudrait que je m’applique.
Que je cherche une photo. Soit. Imaginez un regard lointain, indocile, sans le lourd fardeau de fatalités promises. Voire, une ou deux rides graves, douloureuses à explorer. Un faciès au mieux peaufiné ? Pas trop. Varier les plaisirs recommandait ma cantine belge : des frites tous les deux jours. Et rassembler gentiment tout mon barda sur la table.
Conclusions très imprécises.
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©photofabienneswiatly