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Notes #13 - (1 décembre 2016)

1 décembre 2016
C’est compliqué de mettre un terme à l’année, à l’expérience, au texte du journal. Comment enclore l’expérience, lui décréter ses limites ? Car elles sont à décréter. Le temps imparti officiellement à la résidence est un indice, mais de même que le démarrage n’est qu’arbitrairement le début du journal (toute la préparation l’a précédé, elle a même fait partie d’un journal antérieur, naïf et projeté) de même, la restitution ne boucle la chose que dans sa partie programmée.

Le journal se fout du programme, je me fous du programme, ma tête se fiche des limites. Je n’ai pas arrêté de penser, de croiser et d’être sous le coup de ce qui s’est joué pendant la résidence. L’influence. C’est même le présupposé d’une résidence, l’espoir et la réalité se croisent et s’entendent assez bien pour le coup : il est rare de clore un tel espace-temps aux seules bornes officielles. Ce qui se passe en résidence est expérience et viendra nourrir l’écriture, bien après. C’est ce que tout le monde souhaite, c’est même ce que chacun escompte : les partenaires, l’auteure, les financeurs : que ça mûrisse, et qu’il y ait à récolter plus tard, en des saisons ultérieures.
La question de la fin, de la conclusion, se pose pour trois raisons : pour le journal numérique, pour la version papier du journal, et pour moi.

Conclure le journal serait à priori le plus concret, le plus simple, techniquement, ça pourra / ça pourrait avoir lieu quand la dernière action, la dernière rencontre sera passée. Et pourtant… C’est peut-être celui qui ira le plus loin.

Conclure la version imprimée (celle qui sera offerte aux différents participants, aux artistes invités, aux structures qui nous ont reçus, qui m’ont accueillie) est déjà en train de se faire, nécessairement en amont puisque le choix va être imprimé.

Conclure pour la tête est une autre affaire. Peut-être la conclusion sera celle du corps qui a sa propre logique, lui qui ne fera plus le voyage à un moment donné, qui n’ira plus en train en RER en voiture sur les lieux. Qui pourra y retourner, plus tard, mais il s’agira alors d’un retour, justement, la rupture aura eu lieu. Le corps dira et la tête suivra. J’ai cette confiance dans les os et le sang parfois, dans les pieds, les pas.

M’atteler à la version papier donc, extraire et condenser. Parce que le nombre de pages et la taille de l’ouvrage. Parce que l’intérêt de la relecture aussi. Enlever est une bonne contrainte, généralement. Aller plus loin en relatant moins, aller plus loin en s’arrêtant avant, le paradoxe de l’ouverture. Elargir le cadre, le propos. Les points de suspension ou le coup de ciseau qui dégage la frange, qui ouvre le rideau. Enlever l’anecdotique, condenser le texte, le récit des jours. Et je me rends compte que le journal supporte de s’arrêter au mois d’août, il l’accepte, je l’accepte. Le journal se dépasse à ne pas relater la restitution qui est cette belle fin organisée, le bouclage, la conclusion.

Où s’observe l’aboutissement ? Dans ce qui nourrit l’ouverture ?
Sûrement en amont, dans l’action, dans les pas sourds sur le sable de la carrière, alors que je projette ce qui pourrait avoir lieu bientôt.

Effectivement l’été.

28 août 2016
Retrouvé tout.
Reprendre tout alors.
Continuer.
Continuer.

Pauline Sauveur - 30 janvier 2017
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