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Pauline Sauveur | territoire(s)

– Le thème de l’appel à participation est territoire(s), égalité(s), inégalité(s), dans quel ou quels items inscririez-vous ce travail ? Pourquoi ?
– Egalité et inégalités, dans un premier temps, en références aux inégalités et aux discriminations que connaissent les personnes LGBT. Mais territoire convient également, dans une acceptation plus large. Le genre est une question qui passe aussi par la géographie de nos usages, de nos cheminements intérieurs et à l’extérieur, sous les yeux des autres, une carte personnelle qui irait avec notre propre définition du genre. Et puis c’est concrètement s’approcher du corps, ce qui est, ce qui se transforme, et plus largement c’est la marge de manœuvre pour laquelle on se bat, ce qu’on gagne, ce qui est à conquérir. C’est quelque chose qui nous concerne tous.

– Qu’est-ce qui vous a poussée à faire un travail sur la Trans-identité ?
– Au démarrage de ce projet, j’ai été interpelée par une question. Ça s’est joué en quelques dizaines de secondes, le temps d’entendre la question et celle de répondre oui. Mais on peut convenir qu’à partir de cet instant tout m’y a poussé, une fois engagée.

– Pourquoi le choix de la couleur ?
– Pour la peau. Pour les photos réalisées plus tardivement dans le projet, avec la recherche de la couleur. Pour répondre à l’ombre et aux noirs des contre-jours. Et parce que je photographie principalement en couleur, donc peut-être parce que je suis plus à l’aise avec la couleur ?

Territoire
terre et toi
nous
ce qu’on fait là

La question est présente depuis l’écriture, sur ce projet. Celle d’une géographie intime, mystérieuse, du parcours inconnu et unique, du terrain à conquérir, de l’ampleur du chemin à effectuer, des opérations à mener.

Ce projet, commencé en 2014, a aussi pris corps et consistance durant la résidence, s’est prolongé à travers les lectures, les échanges pour préparer les lectures, les rencontres et l’écriture du journal.
Il s’est nourri de tout autre chose, de ce qui a été au coeur des moments passés en Essonne. Grès, carrières, découvertes, précisions, invitations, équilibres et danse, lecture et projection, images, arbres et forêt, sable et trajets. Comment un lieu infuse et diffuse, imprègne et résonne. Peut-être en est-il de même de chaque résidence, de chaque expérience d’écriture, pour chaque auteur ?

Le projet se poursuit au-delà. Les questions sont là, des réponses se dessinent. J’avance, dans le texte et dans la narration, de la pièce, celle du texte littéraire. J’avance dans les choix, la précision, les extractions.
De même dans la matière que représente toutes les photographies prises durant les deux années de rencontres. Images-matière, qu’il faut élaguer, reprendre, organiser.

Avancer dans le rythme de la série, le ton, la force ou pas, des images, à l’occasion de la publication d’un extrait de la série, dans une revue de photographie, NiepceBook, éditée par Corridor Elephant.
Arpenter la question et la voir également entrer en échos avec l’univers que je devine à travers le peu que j’ai pu voir des 9 autres photographes présents dans la revue. Car oui, il s’agira d’une surprise ! Chacun abordant un pan de ce qui fait le territoire et les (in)égalités qui nous traversent.

– Que souhaitez-vous transmettre à travers ces images ?
– Je ne sais pas exactement.
Le regard (le sien, le mien, celui que vous aurez) et la lumière.
Et dire, en filigrane que devenir soi, nous concerne tous.

Laisser les images raconter.
Les parcelles de l’histoire et les parcelle du corps.
Sous le regard précis du lézard qui veille dans la cuisine juste au dessus de l’évier, animal aluminum.

La revue n’est accessible qu’en précommande dans le cadre d’une campagne de financement participatif qui dure jusqu’au 7 février.

Corridor Eléphant est une association consacrée à la photographie contemporaine, qui fonctionne sans publicité, qui grandit avec son lectorat, dont les retours sont réellement pris en compte. D’ailleurs, depuis deux numéros la couverture est désignée par vote. Au début de la campagne chaque photographe découvre sa couverture, puis de surprise en surprise, on découvre celle qui résumera l’ensemble du projet.

Ce numéro sera le septième NiepceBook.

Toute les informations sur la page de la revue.

Les photographes que je côtoie dans la revue : Arbogast Emma, Nicolas Beaumont, Chrystel Caparros, Antonio Domingues, Baptiste Gamby, Guillaume Lavit d’Hautefort, Alban Lécuyer, Ymy Nigris et Christophe Vandon.

Pauline Sauveur - 29 janvier 2018
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