Mathias Richard | ∞

J’ai envie d’être dans la vie, je veux être dans la vie.
J’ai envie d’être dans la vie, je veux être dans la vie, je veux vivre.

(début de chanson ou poème)

Je te parle à travers le plafond.
À force d’être née. Je suis là. Très propre et très fraîche mais à quoi bon. En ma présence il n’y a que moi.
Je perds beaucoup de poids le soir à cause de mes pensées.
J’entendrai plus jamais le silence de ma vie.
Je voudrais apporter de la joie mais j’ai mal au crâne. Avec parfois l’impression d’être beaucoup trop simple pour toi. On est toujours trop quelque chose, et pas assez autre chose.
Chuis pas sûre que non. C’est pas faux qu’il ne faut pas. C’est un oui pour refuser.
Je t’aime. C’est la conclusion de mes calculs.

Sous nuage de cheveux : tes yeux extraterrestres. Ce soir on se rencontre.
Tu n’es pas une personne, tu es un projet collectif.
Tu étudies la partie profonde du cerveau qui combine émotions, gestes et pensées.
Tout ce qui est faux, tu élimines. (Réponse simple pour réalité complexe.)
La discipline est notre seule liberté.

T’aimes pas la lumière, et t’aimes pas les lunettes de soleil ?
Les films porno ça te terrifie, les films d’horreur tu te branles dessus ?
Bon, chacun ses particularités hein !

Selon certaines catégorisations, tu serais hypersensible. De mon point de vue, tu es normale, et c’est beaucoup d’humains qui sont des brutes.
Oui t’es pas « étrange », c’est l’inverse. Tu es la première personne « normale » que je rencontre. Et maintenant que je te connais, j’ai l’impression que tu m’as manqué toute ma vie.
Il faut que tu vives. J’en ai besoin. C’est un ordre.

Il est 16h du matin. Job : sexophoniste au pornhôtél. Pssst, Mathias, la poésie, c’est par là !

Je ne suis pas un meuble. (chanson hystérique)
Je ne suis pas un meuble
Je ne suis pas un meuble

Je ne suis pas une chaise
Je ne suis pas un pied de micro
Je ne suis pas une table
Je ne suis pas un potiron
Je ne suis pas un meuble
Je ne suis pas un meuble

Je ne suis pas un bureau
Je ne suis pas un stylo
Je ne suis pas une étagère
Je ne suis pas un pouf
Je ne suis pas une armoire
Je ne suis pas un comptoir
Je ne suis pas un tabouret
Je ne suis pas un cabinet
Je ne suis pas un meuble
Je ne suis pas un meuble

Et chuis pas une pouffe OUF.

Tu fais d’abord et t’apprends après.

Éduqué à mort, la folie est ta valeur refuge. On te dit que tu es malade, tu protestes : « je suis fou, pas malade. »

Tu te réveilles comme une prison. C’est un lieu tout petit. Mais plus il y a du monde dedans, plus il paraît grand. Les secrets de l’univers sont imprimés dans les cellules de ton corps.
Tu inventes une machine pour trinquer avec toi-même.
Et ton prénom est un couvercle qui te protège de la schizophrénie.

– alors en fait toi c’est moi ? pendant tout ce temps ?
– C etait exactement ce que j ai pense en te lisant
– t’es une sorte de reverb amplificateur bizarre de mes pensées ???
– Et moi c etait toi
– une créature que j’ai créée en croyant qu’elle me créait ???
– Yep
Fightclubiserait tu
– t’es dans tes pensées tu suis pas la mienne - il faut dire que les tiennes sont bien
– Radio Fréquence Merde, c’est Radio Merde dans ma tête ! Je ne suis pas un robot chanté sur l’air de ’Je ne suis pas un héros’ !

Le son et la pensée ont partie liée. Le son peut bloquer la pensée, lui nuire, l’annihiler, la mettre en souffrance ; et inversement, l’amplifier, la créer, la fertiliser, la développer.
Son et sein, mmmh.

La musique terrienne est un miracle. Une mémoire non acquise par des moyens conventionnels.
Mais si vous connaissiez les artistes que vous adorez, vous n’écouteriez ou ne liriez plus rien.

Je cherche une machine à silence, un walkman à silence. En bas de chez moi y a tellement de gens bourrés qu’on dirait une zone de guerre. Le pays de celles et ceux qui se lèvent à 15h et commencent l’apéro à 16. C’est la Fête Forcée, la Permanente Fête Forcée, à vide. « Jpeux sniffer ta narine steuplaît ? » Être entouré tout en n’ayant aucun soutien. Une curieuse envie de poignarder un mur. C’est le pus le plus pur.

Le gouvernement tente de faire passer l’obéissance pour un jeu.

Si ça ne vous plaît pas, sortez immédiatement de ce texte (et de la salle où vous êtes), je veux qu’on soit entre gens motivés.
Qui que vous soyez, où que vous soyez : formez une meute.
D’humains, se prenant, pour des humains.

Maintenant marcher dans la rue, ou faire du vélo, consiste principalement à éviter des débiles penchés sur leurs téléphones. I know that you know that I know !
Tu bois de l’eau en plastique. Chacune des tes pensées est un sms. Ton lit c’est ton chargeur.

Prophète au polaroid, j’écoute. Chuis loin du feu mais comme y a pas de feu ça va. Je suis un putain de rêve qui marche. Une enzyme mutante. Dévoreuse. Créatrice. Mes cheveux ont des problèmes de peau. Mon écharpe est un polochon. J’entends certaines personnes mieux que d’autres.
C’est bien, je ne suis pas allergique à ta salive, ou à ta sueur. Nous pouvons continuer.
Voir ma bite c’est comme voir un chaton, bébé. T’es ma nouvelle série préférée.
Avec mes postillons ta barbe va tomber enceinte. (Mon shampooing c’est de la terre.)
Demain dreaming. I am you. You are me. De plus en plus de gens, de plus en plus d’histoires. Tout le monde fait des choses que personne ferait pas. Quand une journée est foutue faut penser à sauver le lendemain. Les gens qui attendent, à 8h20 du matin, devant les portes du Lidl et du Casino, l’ouverture. Immobile, sculptural, suis vêtu de câlins, de caresses, de petits baisers. Aujourd’hui je me ressemble plus qu’il y a dix ans. L’étoile molle du cerveau, la zigounette des doigts.

Élégie à tous les morceaux de musique disparus, à tous les poèmes disparus.




5 juin 2018