Esther Salmona | loin de là




elle est là encore là terrassée par ses premières lumières ses linéaments prennent gorge cœur corps brusquerie des plans compressions suc chantier géant pour jouissance urbaine volumes à hauteur de désir vie empilée sur vie glissement au ras du quai présence des cavités embranchement poreux ta perte est ta saveur ton goût l’amour

juste sous le sol malgré les chasses milliers milliards de particules parole fine surpiqûre petits appels forment veine nappe strate tentation de s’y fondre s’y appliquer avaler les méandres embouchure certaine quant à la source un délice du cœur

chaque parcelle du corps des peaux des surfaces sensibles reconnaît s’engouffre à nouveau dans les couloirs sons rails tunnels lignes visages odeurs reflets parfums plis matières saleté usure regards tension

encore soulevée quelque chose ne peut plus être là le mélange de plein fouet le mélange le jus du mélange une concentration permet le jeu ça résonne à moins trente mètres ce qui court de vide pousse entre les omoplates rentre par le souffle

ce n’était pas su effet en moins que rien ça reste en travers la question de la marche et de cette eau c’est contenu dans ton nom alors tu essayes de mais ça ne part pas c’est incrusté c’est toi qui produit ou ça reste en dormance ça reste en dormance plutôt

maintenant il va falloir extraire car aucun tremblement ni légère sueur ni aucun code ils s’écroulent tout autour de toi tous les liens craquent tous ne pas en dire un mot maintenant tu fermes la bouche la vitesse peut sauver comme l’éloignement ne pas s’effondrer à l’intérieur c’est aussi faire semblant grâce à la couleur

le motif redouble s’épanche ce serait trop et ne reste rien une ligne en pensant aux obstacles dit la solution le bel agencement ce qui fait retrouver un socle ne pas sombrer dans cette lumière elle est tellement belle elle est dans tes yeux elle irradie du cœur elle n’est pas pour ne sera jamais pour regarde ailleurs être traversée par les miettes c’est constater le désert autour l’abandonner il n’y a qu’un seul axe tu l’as perdu le relever est te relever

le savoir qui dépasse aller l’embrasser venir des pieds au front n’en pas faire le tour de près chaque anfractuosité gris plissement une rouille enfouie comme humeur sève contre entendre sans mot une onde parlant juste sous le derme aimantation précise le soubassement

sont trois maintenant flou maintenant même enfance la précision toujours plus de la rencontre l’imposition et ce qu’elle entraîne de socle une marque est un signe est une trace est un autre

cette coïncidence manière entre le présent et ce qui sourd de la nuit a trop de profondeurs de trappes aucune main sur l’épaule mais les parfums autour ne désemplissent pas

achève loin de là justesse un étiolement une rapidité un bassin pas de plus de centre décapitée sans rives un sol recommence

à marcher le sol souple douceur des herbes sous la plante remonte remonte ce qui va s’évaporer cette lumière savoir sa puissance horizontale ne traverse que les feuillages troncs prend tout prend tout à ras au sol accepte chaque petite motte petit tas rassemblement grenu fertile se gorge se charge frappe remonte respiration suspend coupée plonge or de l’avant

comme la ligne retrait où juste la courbe avance imagine juste une main pire la pulpe presque rien condensation toucher comme rendre les armes

19 juillet 2018