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Maja Brick | notes d’atelier (2)

Voici, notre atelier consacré aux promenades parisiennes se termine, en ces jours pluvieux et froids d’automne. Grâce à l’imagination, le mauvais temps ne nous a jamais empêchés d’explorer notre ville, la plus belle du monde. Nous nous arrêtions souvent sur la Butte Montmartre et admirions le panorama à l’horizon miroitant de lumières après le coucher du soleil. Nous suivions les Grands Boulevards selon la veine impressionniste. Nous sommes arrivés très tôt aux Halles, inspirés par Zola, avant de visiter le Marché de Rungis. Et nous avons fait une véritable escapade au Petit Palais, un beau jour d’avril, pour comparer l’ambiance de ce lieu décrit par l’écrivain naturaliste avec la vision gigantesque d’un peintre académique, Léon Lhermitte. Mais c’est le Pont Neuf de Pissarro qui nous a enchantés le plus, silencieux, presque mystique, un autre Paris… On ne manquait pas de souvenirs, de poèmes, de chansons et de libres divagations autour des déambulations nocturnes de Baudelaire ou de François Villon. Nous avons découvert tant de lieux insolites et surtout, nous avons rallumé notre passion pour la capitale que personne n’aimerait quitter ! Nous étions entourés d’images ; nos conversations ont laissé des récits parfois surréalistes, imprégnés de nos personnalités et de nos passés si divers. Nous avons beaucoup ri, imaginé, réfléchi, rêvé devant la Seine du XVIIIe siècle, le métro, dans les parcs et les jardins, les passages secrets, les Catacombes, les musées. Nous avons recréé notre Paris à nous. Et surtout, nous nous sommes attachés, les uns aux autres, dans notre petit cercle comme une famille, dans la Maison du Parc.
Maja Brick

Isabelle 87 ans
14e arrondissement, dans l’atelier de Léon Drivier, rue Blottière
Léon-Ernst Drivier (1878-1951), sculpteur. A partir de 1907, il travaille dans l’atelier de Rodin.

J’avais sept ans environ. C’était en 1938 ou 1939, nous vivions à cette époque dans le 14e arrondissement. Je me souviens de ces dimanches où nous allions rendre visite à notre ami M. Drivier, un académicien qui nous accueillait dans son atelier de sculpture. Il était sculpteur et jouait de l’harmonium. Lorsqu’on lui rendait visite on le voyait réaliser la fonte de ses œuvres et cela fascinait beaucoup mon père.
Comme nous étions voisins, M. Drivier nous recevait souvent. Il nous parlait de ses relations avec les artistes, les littéraires, qu’il fréquentait au café de la Coupole.
Je me rappelle aussi qu’il était poussé à réaliser des œuvres comme Rodin et qu’il nous a fait découvrir le milieu artistique.

7 novembre 2018
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