Benoît Vincent | Bornes

Je voudrais livrer ici une série de textes sur la relation que j’ai entretenue, pour des raisons professionnelles, avec le concept abstrait de territoire. J’ai remarqué récemment que l’espace était le thème que j’essayais d’approcher dans pratiquement toutes mes tentatives. Le territoire est un espace organique et organisé, renvoyant tantôt à l’écologie (le territoire du prédateur) tantôt au fait politique (le territoire administratif) ; il est ainsi un lieu privilégié pour l’expression de symboles, de désirs et de fantasmes. Enjeu pas seulement conceptuel, il apparaît comme un évident, un formidable vecteur pour l’imaginaire et, par là, pour la littérature.


Benoit Vincent est auteur. Il travaille dans l’environnement (expertise botanique). En 2012, il publie Genove, villes épuisées, né de séjours prolongés dans la ville de Gênes en Italie. Il est membre actif du Général Instin et coanime la revue en ligne Hors-Sol. Son site :www.amboilati.org.

Benoit Vincent sur remue.net



J’ai bien profité du retour au pays natal.

On avait tous ces sommets, ça en faisait des mots, tout un lexique du coin, et barbare. Et barbare parce que du coin.

Les friches, nos cours des miracles.

Tendances lourdes et signaux faibles.

Je leur ferais tout seul, moi, leur réforme territoriale !

Je t’emmène de l’autre côté, viens...

C’est là que je vais venir travailler, quelques jours dans ma vie, et il est fort probable que je ne repasserai plus jamais dans ces parages.

Lyon m’emmerde avec ses immeubles sans queue ni tête...

Il faut qu’on parle tous les deux. Je crois qu’on ne s’est pas très bien compris, toi et moi.

Je me suis rendu ce matin aux confins du territoire.

On avait tous ces ruisseaux, ça en faisait des mots, tout un lexique du coin, et barbare. Et barbare parce que du coin.

Jouer de la mémoire sans verser dans l’égo ; faire du texte sans être mièvre ou documentaire, les deux écueils qui à cet instant m’effraient.

Sur le parvis de l’hôtel particulier qui abrite le cabinet ministériel, il ne pousse qu’une seule plante