Jacques Neyme, éditeur

D’un entretien avec le fondateur des éditions encre marine, ses admirations : Claude Louis-Combet, ses enthousiasmes : Jérôme Thélot, Paul Audi


Dans l’entretien donné au site artslivres.com Jacques Neyme déclare : En janvier 2005, paraissent Créer de Paul Audi, un grand texte de philosophie qui fait suite à Où je suis, texte de maturité, et le très beau Au commencement était la Faim de Jérôme Thélot, sous-titré Traité de l’intraitable, un texte sublime où littérature, poésie et philosophie se répondent.

Des éditions Corti et de Claude Louis-Combet :

Car il y a des éditeurs, José Corti par exemple, qui, eux, font un vrai travail d’édition ! Et s’ils ont eu de grandes plumes, c’est qu’ils le méritaient ! L’éditeur est là pour donner l’occasion à l’auteur de s’affronter lui-même, car l’auteur, dans sa solitude, n’a pas cette chance, alors modestement l’éditeur tente de lui renvoyer la balle... Ce n’est pas par jalousie, parce qu’on serait un écrivain raté, qu’on édite : l’éditeur est celui qui aide à mener à maturité un enfant qui en a encore besoin. Après, par provocation, je dirais qu’on le mènera sur les fonts baptismaux ! ! !...

Par exemple, il faut lire chez José Corti Claude Louis-Combet : extraordinaire ! Après, vous pourrez mourir tranquille... Honnêtement, je crois qu’il est des plus grands écrivains contemporains, et Dieu sait si j’aime ce qu’écrit Solesmes ! Mais là, c’est un autre grand talent, à un niveau fabuleux ! Au point que tous ses livres me donnent le frisson : Blesse, Ronce noire sur Georg Trakl, une histoire d’inceste et une écriture comme on n’en fait plus ! Absolument bouleversant ! Cet écrivain extraordinaire m’a envoyé son dernier livre, un opuscule sur la solitude, D’île et de Mémoire : un bijou ! Je suis jaloux ! C’est un homme chaleureux et c’est lui qui devait faire la présentation de notre prochain Hexameron rustique de La Mothe Le Vayer, mais il avait trop de travail et n’avait pas le temps, hélas...

On partage évidemment ! et je ne résiste pas à renvoyer à ces lignes de Dominique Janicaud de son livre Aristote aux Champs Elysées (chapitre 9 Vers l’intelligence du partage) :

Une érotique de l’intelligence serait-elle concevable ? Elle serait moins l’étalage complaisant de capacités ou de performances que l’exercice à la fois difficile et joyeux d’une inventivité invisible à l’oeil nu [...]

Et ajoutons, pour terminer que Jacques Neyme a publié deux ouvrages de Maldiney : ouvrir le rien, l’art nu, et Existence, crise et création (livre qui a trouvé son éditeur et le bon ! après rien moins que onze ans !).

22 février 2005
T T+