Je me souviens de Quic-en-Grogne

Je me souviens de mon entrée au lycée, après celles de mes frères, un peu craintif.
Je me souviens de ce lycée G. Clemenceau, à Villemomble,
de mes arrivées matinales pour le début des cours, par tous les temps,
de ces cours se succédant aux cours, de ces professeurs, jeunes et moins jeunes.
Je me souviens de ces visites à l’épicerie du coin et de ses friandises sucrées,
de ces examens passés, blancs et réels, au fil des années,
des premières tentatives avec les filles, sous les regards condescendants des autres,
des perpétuels repas, pris le midi, à la va-vite, pour reprendre les cours à 13h30,
des mots des surveillants sur mes deux frères turbulents et un peu paresseux.
Je me souviens des premières boums, des premiers émois de danseur et d’adolescent.
Je me souviens des twists et du temps des yéyés endiablés, des « Bibabeloula »,
de ma mère, institutrice, avec la directrice de son école, en discussions amicales.
de mes débuts dans le sport, sans me fixer, en m’essayant à tout.
Je me souviens des Noëls en grande famille, le sapin et les nombreux cadeaux en compagnie,
de mon succès au bac, au 2e essai, sans prolongation et nettement, frôlant la mention,
des chansons des sixties, qui ont bercé mon adolescence, sur le mange-disque, dans ma piaule de lycéen.
Je me souviens de la tristesse et de la froideur de la soirée, le jour du premier décès familial, et du resserrement qui a suivi.
Je me souviens de mon entrée dans la vie active, grâce à mon grand-père et de ces allers-retours en CX avec mon employeur sympa.
Je me souviens de mes choix sportifs dans la vie : le week-end réservé, avec plusieurs soirées occupées pour le training et la préparation.
Je me souviens de ces vacances en famille, à Dinard, de son musée Quic-en-Grogne, de ses plages arrosées souvent et de ses replis en balades.
Je me souviens de ces courses, le soir après la fin des cours, pour récupérer le bus 303, à l’extrême limite.
Je me souviens de mon premier salaire, une somme presque entièrement remise à mon père, pour mon occupation locative.

Dominique.
Extrait de l’atelier du 6 février 2012.
© Tous droits réservés pour les textes.

14 février 2012
T T+