L’option Neimanas

Après m’être intéressé à la possibilité de faire des petites séquences vidéo longues d’une minute la semaine dernière, je suis aperçu que toutes sortes de modes de prises de vue existait sur cet appareil et notamment le mode 16 vues avec lequel je joue un peu dans la journée - le soir, en déchargeant les images de l’appareil vers l’odinateur portable, je m’aperçois que la définition des images obtenues avec ce mode de prise de vue est assez mauvaise ce qui ne m’encouragera pas à persévérer. Tandis que je fais quelques images morcellées selon ce principe de prise de vue, je m’étonne qu’un appareil photo puisse être désormais doté d’une option qui singe les photographies d’un de mes anciens professeurs de l’Art Institude de Chicago, Joyce Neimanas. Le nom de Joyce Neimanas ne vous dit peut-être pas grand chose, celui de David Hockney en revanche... belle injustice que celle-ci : dans les années 70 Joyce Neimanas va développer une oeuvre photographie dense et très adventice notamment avec de grands assemblages par collage de polaroids, chaque image était une petite portion d’une vue plus large - allez avouez-le : vous avez déjà vu ce genre d’images et vous vous êtes toujours dit que c’était de David Hockney. Les collages de Joyce Neimanas sont des labyrinthes pour l’oeil contraint sans cesse de passer de la synecdote (partie pour le tout) à la vue de l’oeuvre avec du recul. Mon appareil propose cette option de prise de vues sous le nom de 16 vues, je trouve que c’est dommage cela aurait une telle classe de se dire que pressant sur les différents boutons de mon appareil, dans les menus apparaissant sur le petit écran LCD, on puisse choisir une option Neimanas, un peu comme aux échecs les ouvertures portent souvent le nom de leur précurseur, Nimzovitch, Caro-Kahn, Reti, Alekhine - jamais bien compris l’intérêt de cette défense des noirs et pourtant j’aime bien les trucs tordus aux échecs - etc... La plupart des champions du monde du jeu se damneraient volontiers pour laisser leur nom dans l’histoire du jeu et qu’une ouverture porte leur nom.

La photographie de Joyce Neimanas mériterait aisément que des appareils numériques offrent des options de prise de vue à son nom.

27 août 2004
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