Lettre du 17/05/2005

remue.net, le bulletin
sur remue.net

Reprise du "cahier de création" de notre revue, avec une série de mises en ligne:
- Eugène Durif vous salue bien, un extrait inédit de la pièce qu'Eugène Durif joue lui-même en ce moment au Rond-Point (avec 2 photographies proposées par l'auteur);
- un hommage à Lionel Destremau, avec un texte réflexif sur la fabrique de l'écriture, qui est aussi un dialogue avec ses amis de la revue Prétexte, dont Jean-Patrice Courtois, Antoine Emaz, Brice Petit, et nous l'accompagnons d'un inédit : Un de plus il y a - dossier préparé par Ronald Klapka;
- et nous accueillons trois auteurs: Fabienne Swiatly avec Gagner sa vie; Vincent de Raeve avec des notes d'usine; enfin on vous invite à la découverte de François Labrune avec Demoiselles d'Avignon ;
- les chroniques de livre, cette semaine Yves Charnet, Michaël Strunge (Connaissez-moi par mon inconnu), Didier Coste.

parmi les livres

Pour saluer la parution chez Gallimard du massif enfin complet, Graal théâtre de Florence Delay et Jacques Roubaud, petit crochet par cette page de liens sur le Graal et la littérature médiévale. Qu'on nous permette d'en recopier la fin, p 600 (et comme chaque ligne y est tellement plus belle est sans mesure avec le Da Vinci Code sur le même thème, on leur promet encore dix fois plus de ventes):

Le roi tournant le dos ne répondit plus rien. Girflet demeura un long temps près de lui puis comprenant qu'il ne lui restait plus qu'à obéir il s'éloigna à grands pas vers une colline située à bien une demi lieue. Comme il grimpait la colline une grosse pluie se mit à tomber. Il s'abrita sous un pin et regarda dans la direction où il avait laissé le roi. La pluie s'arrêta le jour commença de poindre. Girflet se rendit compte alors qu'il se trouvait tout près de la mer. Un navire approchait un navire plein de dames à l'avant duquel se tenait Morgane la propre soeur du roi. Il vit le roi qui tirant après lui son destrier marchait vers le rivage. Plusieurs dames descendirent de la nef à sa rencontre l'enveloppèrent dans un grand voile blanc et l'aidèrent à monter à bord. Le bateau s'éloigna le cheval hennissant resta seul au rivage. Girflet comprit alors qu'il avait été le dernier homme à voir Arthur vivant.

Peter Weiss / Esthétique de la résistance

Le mardi 24 mai 2005, au Tunnel (21, rue du Tunnel, Paris XIXe), commencera la lecture publique et hebdomdaire de L’Esthétique de la résistance, roman de Peter Weiss.
Laurent Grisel, écrivain et poète, s'est donné le défi de lire à voix haute, chaque mardi à 20 heures, pendant cinquante minutes, cette trilogie romanesque de 986 pages.
Ces lectures seront le lieu actif où découvrir une des œuvres majeures de la littérature mondiale du XXe siècle ainsi que l’occasion de réfléchir ensemble aux rapports qui s’établissent - plus ou moins clairement, selon les époques - entre l’art et la politique, histoires et pratiques, entre le singulier et le pluriel.
remue.netr s'associe à ces lectures et en tiendra le journal sur le site

Peter Weiss est né en Allemagne à Nowawes (aujourd’hui Potsdam-Badelsberg), le 8 novembre 1916. Il fuit le régime hitlérien avec ses parents et émigre, en 1934, à Chislehurst, près de Londres. Il suit les cours de la Politechnic School of Photography. Sa famille s’établit ensuite à Prague où il fait des études d’art.
Sur l’invitation de Hermann Hesse, il passe l’été 1937 dans la Casa Camuzzi à Montagnola, dans le Tessin suisse. Après l’invasion des Sudètes par la Wehrmacht en octobre 1938 il s’y installe provisoirement, avant de s’établir non loin, à Carabietta.
Il s’installe en Suède à partir de 1939 et obtient la nationalité de ce pays en 1946.
Il enseigne la peinture à l’université populaire de Stockholm.
De 1952 à 1955 il réalise une série de films expérimentaux, les Studie I (Das Aufwachen), II (Halluzinationen), III (Vorstufe), IV (Die Befreiung) et V (Wechselspiel).
En 1960, il se fait connaître par la publication d’un « microroman », L’Ombre du corps du cocher, suivi de Adieu aux parents (1961) et Point de fuite (1962).
La reconnaissance internationale vient avec sa première grande pièce : La Persécution et l’assassinat de Jean-Paul Marat représentés par le groupe théâtral de l’hospice de Charenton sous la direction de Monsieur de Sade (1964), plus connue sous le titre de Marat/Sade.
L’Instruction (1965) est un oratorio en onze chants. Écrite à partir des notes prises par lui au procès des responsables du camp d’extermination d’Auschwitz qui eut lieu à Francfort en 1964, ainsi que de la transcription des témoignages et des débats, cette œuvre fait de lui l’initiateur du théâtre documentaire. Il théorise son projet dans Notes sur le théâtre documentaire (1967) : « Plus le document est insoutenable, et plus il est indispensable de parvenir à une vue d’ensemble, à une synthèse. Le théâtre documentaire affirme que la réalité, quelle que soit l’absurdité dont elle se masque elle-même, peut s’expliquer dans le moindre détail. »
Sa dernière grande œuvre, L’Esthétique de la résistance, roman, une trilogie romanesque dont les volumes ont paru en 1974, 1978 et 1981, fait rétrospectivement figure de testament.
Il meurt à Stockholm le 10 mai 1982. Le prix Georg Büchner lui est décerné à titre posthume.

l'actu

Au Centre dramatique de Tours, nous accueillons mardi 24 mai André Markowicz, avec lecture de traductions inédites de Pouchkine, mercredi 25 Pierre et Gabriel Bergounioux pour lectures et dialogue, jeudi 26 enfin hommage à Antoine Emaz, lecture de Lichen, lichen par le CDRT et Os par Antoine Emaz. Lundi 23, ouverture avec Agrippa d'Aubigné, je lirai Les Tragiques avec le violoniste Dominique Pifarély. Voir tierslivre.net, le blog/journal pour liens.

Dans mes pages personnelles, réflexions sur les Chroniques de Bob Dylan chez Fayard, et suite de la chronique répondez à mes e-mails, plus l'expérience en ligne au quotidien Du tumulte : comment approcher progressivement le fantastique, un vieux rêve...

pour remue.net François Bon

le bulletin remue.net a été transmis le mardi 17 mai 2005 à 1406 abonnés

 

17 mai 2005
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