Manifeste #5 - Daniel Foucard invite Laure Limongi, Fabrice Reymond, Valentina Traïanova

Dans le cadre de Degré 48

[manifeste / performance] vendredi 24 mai, 20h

copyright Thomas Merret + Laure Limongi

Laure Limongi - Indociles.
Écrivain, éditeur, Laure Limongi nous livre son manifeste littéraire : l’indocilité. « Sont indociles pour moi des artistes qui interrogent la forme, la réinventent. Peuvent requérir une participation active de la part du lecteur. Qui ne se lovent pas dans la facilité de la mode. Qui n’hésitent pas à déjouer les notions de genres, de frontières. Qui sont mus par la nécessité. On aura compris qu’il s’agit également d’une posture politique ».

INDOCILES



Évoquant la vie du livre dans ses différents supports, mais aussi, comment on peut rater une mousse au chocolat pour la première fois de sa vie après trente ans de mousses au chocolat réussies, Laure Limongi délivre aux Laboratoires d’Aubervilliers sur une invitation de Daniel Foucard son manifeste d’indocilité, tout à la fois résistance et nécessaire émotion devant le chant complexe, varié du monde. Aux prises avec le temps, la mort, l’écrivain et photographe Denis Roche ou encore l’écrivain et réalisateur B.S. Johnson sont évoqués et commentés dans une performance qui allie lecture et projection vidéo. Avec parfois, le surgissement d’un régime de bananes.

« Les zombies postmodernes que nous sommes évoluent à toute vitesse dans un monde poubelle, fiers de leurs déchets qui sont tellement d’eux-mêmes. Un monde d’obsolescence programmée tant peuplé de Vanités que leur nombre annule leur effet. Quand le lave-linge, la voiture, l’imprimante vous balancent à longueur de journée des memento mori, comment les prendre aux sérieux ? Bip agonisants et montagnes d’emballages, la mort a besoin de dignité, merde.

Supériorité dérisoire du genre humain sur une planète qu’il est en train de détruire, massacres en tous genres, rivières de sang, cynisme politique, manipulations de masse…

On pose que l’acte de résistance importe, quel qu’il soit.

Par exemple, dans ce règne de la productivité et de l’argent-dieu, s’attacher à l’une des activités les moins rémunératrices : l’écriture.

On parle bien évidemment d’une écriture indocile, pas d’une écriture de flux.

“Sont indociles pour moi des artistes qui interrogent la forme, la réinventent. Peuvent requérir une participation active de la part du lecteur. Qui ne se lovent pas dans la facilité de la mode. Qui n’hésitent pas à déjouer les notions de genres, de frontières. Qui sont mus par la nécessité.

On aura compris qu’il s’agit également d’une posture politique.”

L’écriture fait partie intégrante de l’activité artistique.

L’écriture indocile ne renvoie pas le lecteur dans les cordes de la passivité, s’arrogeant lui et lui seul l’usage de l’imagination.

L’écrivain indocile peut ainsi tout à fait déborder du champ de la page. Et il ne s’en prive pas… »

Laure Limongi

Laure Limongi, née à Bastia en 1976, est écrivaine et éditrice française. Elle a publié six livres de fiction, un essai littéraire et des textes critiques (La Revue Littéraire, Les Lettres Françaises, CCP…). Laure Limongi a créé la collection critique « & » aux éditions Al Dante en 2000, avant de créer et diriger la collection « Laureli » aux Éditions Léo Scheer de 2006 à 2012, aujourd’hui associée aux éditions Inculte. À côté d’auteurs reconnus comme Raymond Federman, elle y publie de la littérature contemporaine, comme celle de Céline Minard, Daniel Foucard, Claire Guezengar, Carla Demierre… S’illustrant par sa redécouverte de l’œuvre de Hélène Bessette. La collection publie également des traductions (José Agrippino de Paula, Campos de Carvalho, Jörg Fauser). En tant qu’interprète musicale, elle a notamment participé au disque du compositeur Pierre Henry, Deux coups de sonnette. Voir aussi laurelimongi.com.


Fabrice Reymond - Le Grand Rewind
Pour son « Manifeste des causes perdues », l’écrivain Fabrice Reymond explore les revers de la pensée, l’envers des avants gardes, regarde l’art de dos et tout le reste de face. Il invite à une plongée dans l’art, le corps et l’expérience de la pensée là où ils sont aujourd’hui laissés-pour-compte : la pente de l’enfance, la pensée à l’épreuve du temps qui passe, le retour à l’origine, le mysticisme, l’art et la politique.
Fabrice Reymond est écrivain et artiste. Il a étudié la théologie à l’université de Strasbourg. De 1993 et 1998 il a réalisé des documentaires pour France Culture. Entre 1999 et 2002 il a fait le post diplôme de Lyon et participé à la programmation de l’espace alternatif Public>. Il a participé et organisé de nombreuses expositions parmi lesquelles « Irma la douce », « L’anniversaire de l’art » et « Jacques Lizène » à Public>, ainsi que « Le temps de l’éprouvette » à Art3 Valence et au MAC de Lyon, « Nescafer » au Transpalette de Bourges et à l’Institut Français de Stuttgart, et « Proposition » à la Mlis de Villeurbanne. Il à contribué aux revues Initiales, Dits, Zero4, Artpress, BeauxArts, Supperstition, Boxon... En 2008 il a co-dirigé Art conceptuel : une entologie aux éditions Mix, et il est l’auteur de Nescafer (DVD) édité aux Laboratoires d’Aubervilliers en 2002, d’Anabase en 2009 et de Canopée en 2012 édité aux éditions Mix. Voir fabrice.reymond.free.fr

Valentina Traïanova - Sol Sol Soleil.
« Poème pour une cantatrice-patineuse. Six chants pour quatre murs, une voix, deux haut-parleurs. Deux chants pour deux sols. Trois cercles et une danse pour trois surfaces augmentées (libres). » La voix enregistrée et sonorisée de Valentina Traïanova sera diffusée dans l’espace des Laboratoires d’Aubervilliers. Valentina Traïanova exécutera aussi une chorégraphie spécifique, tout en chantant.
Valentina Traïanova : artiste et performeuse, elle réalise notamment des œuvres sonores à partir de sa voix, des pièces radiophoniques, des dessins ainsi que des performances dans lesquelles elle se met en scène à partir de chorégraphies spécifiques à une architecture. Elle investit différents champs de l’art et collabore avec de nombreux artistes. Elle est notamment intervenue en tant que chanteuse dans Cargo-Sofia-Paris de Rimini Protokol ou dans un Atelier de création radiophonique de France Culture, Arthur Gonzales-Ojjeh, nomade commotionné. Depuis 2009, elle entretient une relation particulière avec l’écrivain Antoine Dufeu avec lequel elle a monté une série de performances intitulée LUBOVDA. Parmi ses performances récentes : Frankistan (avec Antoine Dufeu, PAM), Ultimatum (avec Antoine Dufeu, Flash79/ Nuit Blanche, Bétonsalon), It’s the time time (Centre Pompidou-Metz), Riorim (MUDAM), Pick-up (PLOTHR), Vinagi Gotov vinagi gotov (Sofia Underground Performance Art Festival), RADIO VALENTINA (Mac/Val), Tokgora (Galerie LMD), Demain demain (Une Nuit/Eine Nacht). Valentina Traïanova est née à Sofia et vit à Paris. Elle est arrivée en France en 1996, à Nice, où elle se fit passer pour une championne de planche à voile. Elle est diplômée de l’E.P.I.A.R. Villa Arson (Nice) et de l’Académie libre Jules Pasquin (Sofia). Voir : https://soundcloud.com/valentinatraianova / Valentina Traïanova sur remue.net.


+ date
vendredi 13 septembre, 20h
+ entrée libre sur réservation
à reservation@leslaboratoires.org / 01 53 56 15 90


Image : capture du film de Tsai Ming Yiang, Good Bye Dragon inn (2003)

6 septembre 2013
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