L'Île d'amour

Haute passerelle du jour
La lumière du soir éclaire les cimes des arbres
Mince chemin des âmes par-dessus les grottes obscures
Cachés sous les ailes berceuses des branches
Les oiseaux ne sondent plus le silence
Et la nuit cueille de la terre les couleurs
Comme des roses

La longue éclaircie du temps du regard
Est chance de vie où sur la rive les roses
Suspendues près de l'écume tressent la transparence
Et les êtres qui touchent d'un pied léger
Un sol que baigne un soleil oblique
N'existent que par une grâce de cur qui sauve
Dans une île de la vue

L'arbre foudroyé est la lyre d'un dieu
Jouant les accords de la lumière dans le ciel du soir
Musique silencieuse glissant comme une rosée entre jour et nuit
Sur les faces des fleurs, des larmes de joie qui sourdent
Aux cils de l'ombre, un baume ultime
Pour l'attente trop brève
Des heures d'étoile

d'après Fragonard